Société

Education: Le succès de la formule finlandaise

Par Aïda BOUAZZA | Edition N°:4986 Le 22/03/2017 | Partager
5e au monde derrière le Japon, Singapour ou encore l’Estonie
Des enseignants très qualifiés et un enseignement qui valorise le jeu
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Dans les écoles finlandaises, en plus des disciplines habituelles, les sessions d’enseignement interdisciplinaire sont encouragées. Appelée «Phenomenon based learning», cette approche est l’une des forces de leur système (Ph. AFP)

Le système éducatif finlandais, une des plus grandes fiertés de cette population de près de 5,5 millions d’habitants, suscite beaucoup de débats. Classé cinquième mondial en 2016 par le Programme international pour le suivi des élèves (PISA) de l’OCDE, enquête qui évalue les compétences des élèves de 15 ans, ce système affiche de très bonnes performances après le Japon, Singapour, l’Estonie et le Taipei chinois. Et pour offrir l’une des meilleures éducations  au monde, le système est perfectionné dès le plus jeune âge, et ce, déjà pour le préscolaire (6 ans) sachant que l’école est obligatoire à partir de 7 ans. Une école financée à 100% par l’Etat, gratuite pour tous (cantine incluse) et dont le système est basé à 98% sur le public, les 2% étant les écoles étrangères (mission française, école américaine…).

Pour atteindre ce niveau d’excellence, les éducateurs sont formés notamment à l’Université d’Helsinki, qui a accueilli des journalistes d’Afrique et d’Asie afin de partager leur expérience. Dans un espace très ludique conçu telle une crèche, appelé «laboratoire», ces futurs enseignants accueillent  des enfants de la naissance à 8 ans, et sont invités à organiser différents types d’activités basées sur le curriculum national et les principes pédagogiques qui valorisent le jeu et l’enfance. «La Finlande diffère de beaucoup de pays concernant le jeu à l’école, la plupart des autres nations invitent les enfants à des activités plus didactiques.

Nous mettons plus l’accent sur le design de l’espace, et sur les outils utilisés. Le digital est d’ailleurs de plus en plus utilisé», précise Kristiina Kumpulainen, professeur au département Education des enseignants, faculté des sciences comportementales de l’Université d’Helsinki. Elle rappelle également que des experts, ainsi que des médias à travers la planète ont mal compris le système, pensant qu’il n’évalue pas les élèves, alors qu’ils le sont, mais de façon différente.

En plus des sessions de jeux libres, certaines sont dirigées par des adultes, comme la lecture d’histoire notamment. Ces séances sont souvent observées par d’autres étudiants ou des chercheurs qui relèveront les plus et les moins de la session. En plus de valoriser le jeu, l’évaluation des compétences occupe aussi une place importante. Lorsque dans la plupart des pays les élèves sont soumis à des tests standardisés, en Finlande, l’évaluation se fera au cas par cas, notamment grâce aux observations des enseignants experts en la matière qui pourront ainsi évaluer leur développement.

«La digitalisation, de plus en plus présente dans notre quotidien, occupe une place importante dans la formation des enseignants», note le professeur. Les Finlandais valorisent l’apprentissage en termes de technologies de l’information et de la communication (TIC) dès le préscolaire. Ils ont d’ailleurs intégré la programmation et le coding. Autre force de ce système, les enfants qui ont des difficultés d’apprentissage restent intégrés dans l’école. Au besoin, ces élèves bénéficieront d’une attention particulière et d’une aide supplémentaire.  

Pour maintenir le cap, la Finlande renouvelle régulièrement son curriculum, et son approche pédagogique encourage l’enseignement interdisciplinaire appelé «phenomenon based learning». La structure des cours change. Plutôt que d’avoir des leçons dans diverses disciplines, une leçon de 2 ou 3 heures invitera l’élève à observer et à réaliser des expériences, qui lui permettront d’intégrer différentes notions à la fois. L’objectif de cette approche n’étant pas de bannir les disciplines habituelles, mais d’élargir la vision des enfants qui apprendront dans un contexte réel.

Seuls 6% des candidats deviendront éducateurs

Il est important de préciser que ce milieu est très compétitif. Seuls 6% des étudiants deviendront enseignants, et ce, après avoir passé des tests, mais aussi plusieurs entretiens. Un pourcentage très faible qui coûte cher à l’université, mais qui, selon les Finlandais, en vaut la peine. «Nous ne pensons pas pouvoir évaluer le développement des plus petits à travers des tests. C’est aussi le cas à l’école primaire ou secondaire», souligne Kristiina Kumpulainen. La réussite au niveau académique reste importante pour ces futurs éducateurs, mais des qualités comme la sociabilité, l’interactivité avec les autres, avoir des capacités de direction, savoir écouter, l’empathie… sont requises afin d’être retenu. Bien que le pays soit réputé pour son égalité entre les genres, la compétence dans ce métier reste dominée par la gent féminine. Une grande liberté et une grande confiance sont accordées à ces enseignants qui bâtissent leur apprentissage sur leur propre recherche en plus d’un curriculum commun. Une façon de les motiver. Un éducateur en maternelle a un niveau bachelor quand un éducateur en primaire détient un master.

 

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