Economie

Les agrumiculteurs au bord de la dépression

Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4967 Le 23/02/2017 | Partager
Déséquilibre du verger, déboires à l’export et baisse de rentabilité
La profession réfléchit à un plan de redressement
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Sur les quatre années, la production s’est inscrite sur un trend haussier pour atteindre 1,360 million de tonnes. Parallèlement, l’export a stagné en moyenne autour de 550.000 tonnes, soit moins du quart du volume produit

Les agrumiculteurs broient du noir. Ils entrevoient l’avenir de leur secteur avec beaucoup d’inquiétude. Aussi, ont-ils décidé de prendre les choses en main pour parer au plus urgent et élaborer un plan de redressement. A cet effet, un débat réunissant les divers intervenants sera organisé les 24 et 25 février à Agadir. L’objectif, selon l’Association des producteurs d’agrumes du Maroc (Aspam), est de dégager les orientations à soumettre au gouvernement en vue de garantir la pérennité du secteur. Et les mesures qui seront proposées ne coûteront rien à l’Etat, insistent-ils. Mieux, les producteurs vont devoir s’engager.

Selon Ahmed Darrab, secrétaire général de l’Aspam  qui est à l’origine de l’initiative, il s’agit de débattre des divers axes de la filière pour opérer les réajustements qui s’imposent. Ainsi la réflexion sera menée autour de quatre ateliers: l’amont agricole, l’emballage et conditionnement, les exportations et le marché local. Ce dernier débouché sera traité selon deux composantes, la consommation de bouche et la transformation. Or si la consommation locale reste orientée à la hausse avec une recette du producteur au plus bas niveau, la transformation s’appuie essentiellement sur l’importation du concentré d’agrumes. Pas moins de 80.000 tonnes d’agrumes sont importées annuellement sous forme de concentré de jus. «Une aberration», tempêtent les professionnels, alors que le Maroc produit près de 1,4 million de tonnes.

De plus, le pays assurait, il y a deux décennies, la production et l’export d’environ 50.000 à 60.000 tonnes de concentré de jus d’agrumes. Sans oublier également la production des huiles essentielles à base d’agrumes et de la matière première pour l’aliment de bétail. Aujourd’hui, cette activité a pratiquement disparu et les fabriques de jus font surtout appel à l’import pour s’approvisionner.    
Pourtant, la production a beaucoup augmenté ces dernières années. Cette campagne, le volume prévu devrait s’établir, selon le ministère de l’Agriculture, à 1,360 million de tonnes. Et dans deux ans, il devrait atteindre 3 millions de tonnes, estime la profession. Ceci, en raison de l’entrée en production des nouvelles plantations. Car les superficies plantées jusqu’à présent totalisent 125.000 ha contre moins de 80.000 en 2010.

Une situation dont se réjouit la profession. Seulement, rentabilité oblige, les nouvelles plantations ont été réalisées pour l’essentiel avec les petits fruits précoces aux détriments des oranges tardives et des variétés mitoyennes. Résultat, l’essentiel de l’export porte sur les petits fruits. Du coup, la campagne s’est considérablement raccourcie avec son lot de perte d’emplois dans les stations d’emballage et de conditionnement. Tout au plus, ces unités travaillent 4 mois sur 12 au lieu de  9 mois par le passé. D’où la réflexion sur les moyens de rééquilibrer le verger agrumicole.

 

 

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