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Technopôle Angus, un cas d’école à Montréal

Par Anne GAIGNAIRE | Edition N°:4891 Le 04/11/2016 | Partager
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Le site, qui occupe une superficie de 580.000 pi2 (square feet) abrite plusieurs espaces verts; tous les immeubles sont construits selon les normes de construction environnementale Leed (Ph. Martin Flamand, Les Affaires)

A la fois projet de revitalisation urbaine et laboratoire «grandeur nature» de développement durable, le Technopôle Angus est construit sur une ancienne friche industrielle. Le site conjugue réalité économique et souci environnemental.

açades de briques rouges, piliers en métal, fenêtres gigantesques, hauts plafonds… Du passé ferroviaire du quartier qui a abrité les ateliers du Canadien Pacifique (premier chemin de fer transcontinental au Canada) pendant des décennies dans Rosemont, il ne reste que les entrailles des anciens «Shop Angus» où étaient entretenus les trains et les locomotives depuis 1902. Fermés au début des années 1990, les ateliers sont devenus une jachère industrielle avant d’être transformés, dans les années 2000, en un quartier d’affaires et résidentiel intégrant les dernières normes environnementales. «C’est parti d’un désastre, clame Christian Yaccarini, président et chef de la direction de la Société de développement Angus. Après la désindustrialisation massive des années 1980 et la fermeture de nombreuses usines, il y avait 20% de chômage dans le quartier et un immense terrain contaminé. On ne voulait plus que ça arrive. Il fallait trouver des solutions pour assurer un développement durable du site». Une entreprise d’économie sociale - un organisme à but non lucratif (OBNL) - a été constituée, la Société de développement Angus. Elle a acheté une partie des terrains et a conçu un plan de développement original basé sur un souci de développement durable, visant à revitaliser le quartier en accueillant des résidents tout en conservant une vocation économique.
Centre commercial, restaurants, commerces de proximité, entreprises du secteur des médias, du multimédia, des TIC, de la santé, etc. Plusieurs entreprises montréalaises ont embarqué dans le projet. Une soixantaine de PME, employant 2.300 personnes, sont aujourd’hui installées dans les 13 bâtiments construits lors de la première phase de réalisation du Technopôle Angus. La dernière en cours d’emménagement: la compagnie de taxis verts de l’homme d’affaires Alexandre Taillefer, Taxelco. «Ces PME sont attirées par la qualité de l’espace mis à leur disposition (luminosité, espace, etc.), la proximité de la main-d’œuvre et la préoccupation des gestionnaires pour le développement durable», croit Christian Yaccarini. En effet, le projet de revitalisation urbaine se veut «un laboratoire grandeur nature de développement durable». Le site, qui occupe une superficie de 580.000 pi2 (square feet) abrite plusieurs espaces verts; tous les immeubles sont construits selon les normes de construction environnementale Leed. Un programme de compostage et de recyclage en entreprise a été mis en place, ainsi qu’un système de covoiturage. Christian Yaccarini est conscient que «le souci de l’environnement ne doit pas se traduire par des mesures qui ressemblent à des punitions pour les gens, sinon ils ne les utilisent pas». La SDA veille donc à conjuguer réalité économique et souci environnemental. «On ne veut pas être un musée. On veut que notre modèle soit rentable», poursuit le dirigeant, qui se targue «de construire des bâtiments Leed au prix de bâtiments normaux». Sa solution: «On applique les principes du développement durable aux ressources financières. On choisit judicieusement les investissements. On refuse les gadgets qui n’ont pas une grande efficacité sur le bilan environnemental du bâtiment. Par exemple, pour que l’air soit préchauffé avant d’entrer dans les bâtiments, on a utilisé des panneaux de réfrigérateurs comme revêtement sur les murs plutôt qu’une autre solution coûteuse». La deuxième phase de développement du Technopôle Angus est en cours. Un million de pieds carrés seront construits de nouveau à usage mixte. La société vise à accueillir une quarantaine d’entreprises supplémentaires, de façon à créer 1.500 emplois et à fournir de 350 à 400 unités d’habitation, dont 20% de logements sociaux.

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