Entreprises

Alstom: Ces marchés à prendre au Maroc

Par Amin RBOUB | Edition N°:4817 Le 20/07/2016 | Partager
TGV, extensions de lignes de tram, locomotives… les opportunités
Une plateforme de fournisseurs pour le sourcing local
Ligne à grande vitesse : 12 rames duplex déjà livrées
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«Ma mission consiste à bâtir un environnement solide et co-développer  l’industrie ferroviaire qui passe par un panel de fournisseurs, de l’expertise métiers, du sourcing local, un transfert de savoir-faire…», précise Brahim Soua, président-directeur général Alstom Maroc (Ph. Khalifa)

Première sortie médiatique du nouveau patron d’Alstom Maroc. Depuis deux mois, Brahim Soua, PDG de la filiale marocaine du groupe français, a pour mission de piloter la montée en puissance du projet LGV,  des lignes de tramway au Maroc, livrer une nouvelle génération de trains tout en développant un écosystème lié à l’industrie ferroviaire, câblage, signalisation, infrastructures… «Ma mission consiste à installer durablement Alstom au Maroc. Tout l’enjeu consiste à bâtir l’environnement solide de l’industrie ferroviaire qui passe par un panel de fournisseurs, du sourcing local, un transfert de savoir-faire…», explique le successeur de Thi-Mai Tran, qui avait dirigé et marqué de son empreinte la filiale du groupe français les 6 dernières années.  La prochaine étape recèle un important potentiel en termes d’opportunités. La période 2016-2017 s’annonce intense.  Dès début 2017, il y a une panoplie de marchés à prendre dans le transport urbain et ferroviaire: Nouvelles lignes de tram (extension Rabat, Casablanca Phase 3…), l’ouverture de lignes à Fès, Tanger ou encore Agadir.  Ce qui implique de nouveaux marchés en termes d’exploitation et de maintenance et des acquisitions dans la gamme Citadis. «Nous avons aussi des solutions de tram sur pneus qui répond à des besoins spécifiques», fait valoir le management. Jusque-là,  Alstom a livré 44 rames Citadis à Rabat-Salé, 74 rames à Casablanca. Le groupe s’apprête à livrer 50 rames Citadis supplémentaires pour l’extension des lignes de la capitale économique.

Le plus gros potentiel est dans la ligne à grande vitesse. Le segment LGV  recèle de gros enjeux. Il va redimensionner les distances inter-villes et raccourcir les délais de voyages au Maroc. «Le 11 juillet dernier, nous avons livré la dernière rame à grande vitesse, soit au total 12  de type duplex. Nos essais de validation sur les lignes classiques sont achevés», annonce le PDG d’Alstom Maroc. Là aussi, il y a plein d’opportunités non seulement en termes d’exploitation et de maintenance, mais aussi sur la phase II du TGV, notamment l’extension sur Marrakech et Agadir. Ce qui devra se traduire par 120 EMU (unités automatisées). Sur la LGV, Alstom a de sérieux concurrents, notamment un groupe espagnol, Skoda, le canadien Bombardier, Siemens ou encore le japonais Hitachi…
Autres marchés à prendre, la livraison de 30 locomotives pour le compte de l’ONCF. Mais là, ce n’est pas encore acquis. 
Alstom met les bouchées doubles pour décrocher ce contrat, dont l’attribution est prévue pour fin 2016, début 2017. Par ailleurs, le groupe a négocié un partenariat avec l’ONCF pour assurer la maintenance des locomotives sur Tanger, Marrakech, Fès et Casablanca. La valeur ajoutée Alstom réside dans un panel de solutions (gamme complète, TGV, locomotives, système, expérience…), la qualité, les coûts et le respect des délais de livraison, tient à préciser le nouveau patron. «Mais il ne faut surtout pas rentrer dans une guerre des prix. L’essentiel est de rester sensible aux besoins locaux pour adresser les solutions adéquates et le meilleur compromis», renchérit le PDG. 
La filiale marocaine du groupe français nourrit de grandes ambitions sur deux grands contrats de signalisation pour les lignes Fès-Oujda et Nouaceur. Il y a également du potentiel sur des lignes RER pour connecter les grandes villes avec les banlieues. Outre l’intégration banlieue/centre-ville, il y a du potentiel sur les connexions inter-banlieues. Tout l’enjeu est dans le développement de formules de transport ferroviaire suburbain, à l’instar de Paris. 
Du matériel roulant réduit et paramétré à une vitesse maximale de 120 km à l’heure. La mobilité en milieu urbain et inter-ville est un domaine très complexe en termes d’ingénierie, de projections sur les besoins, l’urbanisme, la démographie... «Il ne faut surtout pas se tromper de paramètres qui s’expriment selon des besoins spécifiques et des capacités», tient à préciser Brahim Soua. Et d’ajouter: un système de transport est en principe conçu pour durer 30 à 40 ans. C’est une vision à long terme. Autrement dit, pas droit à l’erreur, sinon l’erreur coûtera cher à la fois au donneur d’ordre et à l’adjudicataire. 
En plus des opportunités commerciales, le groupe compte capitaliser sur l’industrie ferroviaire, développer des partenariats pour les sous-systèmes majeurs et composer avec un écosystème de sourcing local à la fois pour le marché marocain et l’export. Sur un total de plus de 300 fournisseurs prospectés, 22 opérateurs sont qualifiés, donc accrédités aux normes ferroviaires. La multinationale parle de 175 millions d’euros d’achats acheminés vers des sites d’Alstom en Europe, depuis le Maroc à fin 2015. 
L’ambition à terme est de devenir un co-développeur d’expertise de référence dans le ferroviaire au Maroc.  Pour l’heure, l’intégration locale tournerait autour de quelque 15%. «On peut aller loin, mais il faut y aller étape par étape. La sous-traitance locale devra être viable et  porteuse sur le plan économique. Il va falloir produire du volume mais pas uniquement pour le marché marocain», tient à préciser le management. Autrement dit,  il y a des considérations de taille critique pour pouvoir livrer l’Europe et éventuellement des marchés de l’Afrique subsaharienne. «Nous savons développer le tissu industriel et mettre l’ensemble en musique. L’Afrique, nous y croyons. C’est l’une des raisons qui plaident en faveur du développement de notre base industrielle au Maroc», fait valoir le PDG.

100 ans déjà!

Alstom est un groupe centenaire au Maroc. C’est un développeur historique de l’infrastructure ferroviaire depuis un siècle.  La multinationale a un effectif de 350 personnes déployées dans 5 villes. Elle a équipé 66 gares de systèmes de signalisation, dont Casa Port. Depuis 2000, la multinationale a équipé plus de 900 km de voies ferrées en signalisation. La dernière rame à grande vitesse a été livrée le 11 juillet à Tanger. Une équipe de 70 personnes est dédiée au projet LGV Maroc, un staff technique réparti entre  la France et le Royaume. La filiale du groupe français a équipé 30 km urbains de tramway à Casablanca.

 

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