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Une enquête du CNJA sur les jeunes et le marché de l'emploi : La famille reste le premier canal de placement

Par L'Economiste | Edition N°:99 Le 14/10/1993 | Partager

Pour 47% des jeunes, l'accès au marché de l'emploi s'effectue par le truchement des relations personnelles ou familiales. C'est ce que révèlent les résultats préliminaires relatif à l'emploi, un des thèmes forts de l'enquête nationale du CNJA sur les jeunes(1).

Le CNJA vient de publier "quelques indicateurs essentiels" sur les jeunes et le marché du travail. Ces résultats préliminaires jettent un éclairage plus approfondi sur les différentes facettes de la relation emploi/jeunes, un des axes majeurs de l'enquête nationale, commandée par le CNJA et menée au courant des mois de janvier et février 1993. Cette enquête a été réalisée par la Direction des Statistiques auprès d'un échantillon représentatif de 6.000 jeunes âgés entre 15 et 34 ans. Selon le CNJA, l'objectif de ce volet d'enquête est de "ressortir le mode de fonctionnement du marché de l'emploi en relation avec les attitudes et les attentes des jeunes".

Le volet emploi adopte les deux variables retenues par l'enquête globale : le milieu (urbain/rural) et le sexe (masculin/féminin). Il s'articule autour de deux axes : les jeunes actifs occupés et les jeunes actifs en chômage.

Tandis que 67% des ruraux travaillent dans des exploitations familiales, seuls 8% des urbains s'y emploient. L'artisanat occupe 27% des citadins contre 11% des jeunes dans la campagne. Un jeune de la ville sur cinq travaille dans une administration ou un établissement public contre deux sur cent jeunes ruraux. La PME emploie seulement 14% des jeunes actifs urbains contre 3% des ruraux. Alors que 9% des citadins s'emploient dans le commerce, seuls 3% des jeunes de la campagne s'intéressent à ce secteur. Les exploitations agricoles emploient 11% des ruraux contre 1% des urbains, à l'évidence. Si 10% des citadins travaillent dans la grande entreprise, seul 1% des ruraux y accès. Ce qui s'explique aisément, les grandes entreprises ayant toujours choisi les villes. Environ 4% des citadins disposent de leur propre entreprise contre 1% à la campagne.

De ces chiffres, il ressort que 47% des ruraux travaillent dans des exploitations familiales ou agricoles, alors que 24% des urbains s'emploient dans des entreprises. L'enquête souligne qu'une "bonne proportion des actifs, surtout en milieu rural, ne transitent pas par le marché du travail".

Le mode d'accès à l'emploi confirme d'ailleurs cette conclusion. En effet, 47% des jeunes, citadins ou ruraux, ont décroché leur emploi par l'intermédiaire d'une relation personnelle ou familiale. L'enquête souligne que ceux qui travaillent commencent très jeunes. Ainsi, en campagne, 65% des jeunes commencent à travailler avant l'âge de 15 ans et 93% avant l'âge de 20 ans. En ville, un jeune sur cinq débute dans le travail avant l'âge de 15 ans, trois sur cinq avant 20 ans. Le CNJA note, à ce niveau, que "la pression des moins de 15 ans exerce une ponction sur les postes disponibles et par conséquent limite les chances d'accès au travail pour les autres jeunes". La moitié des urbains actuellement occupés proviennent directement d'un cycle de formation contre un jeune rural sur trois. Pour trouver un emploi, 55% des urbains contre 86% des ruraux ont mis moins de trois mois. En revanche 19% des urbains contre 6% des ruraux ont attendu 1 à 2 ans. Globalement donc, les jeunes de la ville mettent beaucoup plus de temps que ceux de la campagne pour décrocher un emploi.

Les villes connaissent plus de rotation, probablement parce qu'elles offrent plus d'opportunités. Ainsi, pour 63% des urbains et 77% des ruraux, le travail effectué constitue le premier emploi. En revanche, 19% des jeunes de la ville contre 16% de ceux de la campagne sont à leur deuxième emploi. En tête des motifs de changements d'emploi figurent la recherche d'un meilleur salaire (61% des jeunes) suivis de meilleures conditions de travail (38%), puis d'un emploi plus stable (24%). Au travail, une femme sur quatre déclare n'avoir "aucun problème spécifique". La garde des enfants constitue pour 29% des femmes à la ville et 18% à la campagne le problème numéro 1. En milieu urbain, la fibre féministe est sensible. Prés de 21% des femmes en milieu urbain contre 9% en milieu rural estiment que l'infériorité du salaire par rapport aux hommes constitue leur premier problème. Etre une femme revendicative en ville n'est toutefois pas aisée. L'enquête révèle ainsi que 24% des femmes urbaines contre 6% rurales rencontrent des problèmes de relation avec les hommes". L'enquête ne va pas jusqu'au bout. Il aurait été intéressant de détailler la nature et les proportions de ces problèmes relationnels.

A.Z.

(1) Cf. L'Economiste du 22 juillet 1993.

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