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    Tribune Libre

    Par L'Economiste | Edition N°:809 Le 13/07/2000 | Partager

    De l'acte d'entreprendre à la création d'entreprisePr Abdelilah ESMILI, directeur de l'ENSEM*SI les entreprises reconnaissent en général la valeur scientifique des lauréats des universités marocaines, elles leur reprochent, trop souvent, un peu exagérément à mon sens, certaines lacunes: formation insuffisante à la créativité, à l'innovation, à la méthodologie, à la communication, un esprit critique peu développé...L'introduction intense, relativement récente dans un cursus de formation d'ingénieurs par exemple, de disciplines telles que les techniques d'expression et de communication, le droit ou la gestion des entreprises, ne répond que partiellement au problème.Ces qualités exigées de plus en plus par l'employeur ne s'acquièrent pas uniquement dans une salle de cours devant un professeur, quel que soit le talent et quelles que soient les qualités pédagogiques de ce dernier. C'est en jetant les ponts d'un partenariat solide entre l'université et le monde professionnel et en adoptant une politique de proximité par rapport à l'entreprise que l'on peut espérer réduire et remédier à ces insuffisances.Le problème qui se pose avec acuité est donc de savoir comment renforcer et développer ce partenariat.Qui parle de partenariat parle forcément d'au moins deux parties: l'université et l'entreprise; et pour que ce partenariat puisse réussir, il est nécessaire que chacune des deux parties y trouve son compte et en tire le plus grand bénéfice.Or, que cherche l'université de ce partenariat?Par le biais de visites, stages, projets de fin d'études..., elle cherche à donner à ses étudiants le complément de formation pratique dont ils ont besoin. Elle cherche également à faciliter l'insertion de ses lauréats dans les entreprises. Elle voudrait pouvoir fournir à celles-ci des prestations: réaliser des projets de recherche/développement, animer des stages de formation continue au profit de leurs personnels leur, et apporter une assistance technique.Actuellement, elle ambitionne de plus en plus de s'autofinancer en cherchant à diversifier et multiplier ses sources de financement et ne plus se contenter de la seule subvention de l'Etat.Qu'attend l'entreprise de ce partenariat?La mondialisation aidant, elle cherche essentiellement à recruter des cadres compétents, performants, dotés de savoir et de savoir-faire certes, mais ouverts d'esprit, ayant le sens de l'innovation, de la créativité et de la critique; aguerris aux technologies classiques mais ouverts aux nouvelles technologies de l'information et de la communication.L'université doit en permanence se poser la question: Comment répondre à cette attente et satisfaire ce besoin impérieux de l'entreprise?S'inscrivant parfaitement dans l'esprit de la Charte de l'éducation nationale et en parfaite symbiose avec la réforme de l'enseignement en cours, le projet «acte d'entreprendre« que l'ENSEM se propose de mettre en place dès le mois de septembre vise à doter l'élève ingénieur de la culture entrepreneuriale: ouverture d'esprit, sens de l'innovation, de la créativité, du travail en équipe...Le projet «acte d'entreprendre« intervient donc à l'amont, pendant la formation des étudiants et non pas à l'issue de celle-ci.Monté avec l'appui de l'ONA, le plus grand groupe industriel du pays, l'Association R&D Maroc et l'Ecole des Mines de Paris, le projet «acte d'entreprendre« bénéficiera du soutien d'un large réseau de partenaires industriels. Contactées récemment, plusieurs entreprises ont d'ores et déjà exprimé avec enthousiasme leur volonté de nous accompagner dans la réalisation de ce projet ambitieux. Il est à noter que «l'acte d'entreprendre« se réalise parallèlement au déroulement des activités pédagogiques, et indépendamment de celles-ci.L'objectif n'étant pas l'acquisition de nouvelles compétences scientifiques ou techniques supplémentaires, les thèmes de «l'acte d'entreprendre« sont très variés et très hétérogènes.Ils peuvent être culturels, techniques ou scientifiques comme ils peuvent concerner le domaine des loisirs et des sports. Quant aux tuteurs, ils peuvent être des ingénieurs et cadres d'entreprise, des enseignants de l'université ou cadres des collectivités locales ou administratifs. On voit déjà à ce niveau que le projet «d'acte d'entreprendre« n'est pas exclusif à un établissement de formation d'ingénieurs, mais tout à fait généralisable à tout établissement d'enseignement supérieur et même aux institutions dites de masse. Par ailleurs, les projets «d'acte d'entreprendre« contribuent à créer des synergies en interne, entre étudiants, professeurs et surtout vis-à-vis du milieu socio-économique: entreprises, administration et collectivités locales. C'est donc une formule qui permet de renforcer la coopération université/monde professionnel et devrait contribuer à une meilleure insertion des lauréats de l'université.Le concept de «l'acte d'entreprendre« a été introduit, il y a quatre ans, à l'Ecole des Mines de Paris par Gilbert FRADE, directeur des études de cette grande école française. L'expérience a été expérimentée timidement sur un petit nombre d'élèves ingénieurs volontaires. Quatre ans plus tard, elle a fait boule de neige. Non seulement, elle s'est généralisée, mais l'obtention du diplôme de l'Ecole des Mines de Paris est actuellement conditionnée par la validation du projet «d'acte d'entreprendre«.C'est un fait connu que très peu d'ingénieurs marocains s'investissent actuellement dans la création d'entreprises (moins de 3%, contre 30% en Allemagne par exemple). Le fait que ces derniers soient, jusqu'à présent, à l'abri des problèmes de chômage ne fournit qu'une explication partielle à ce phénomène.Le projet «acte d'entreprendre« ou toute autre formule similaire, doublé d'une formation plus poussée dans les domaines des sciences humaines, de la gestion des entreprises devient de plus en plus une nécessité.Une autre constatation vient réconforter ce point de vue: Il faut reconnaître que le nombre de dossiers de création d'entreprises présentés par des jeunes promoteurs reste cruellement faible. Seraient-ils à court d'idées, ces jeunes diplômés, dotés pourtant d'un savoir-faire et d'un bagage scientifique et technique appréciables? Seraient-ils moins imaginatifs que les jeunes diplômés européens, américains ou d'Asie du Sud-Est? Certainement pas! Mais ceci prouve à l'évidence, au-delà des difficultés administratives et autres, à quel point est insuffisante la préparation des jeunes à s'investir dans la création d'entreprises et à quel point fait défaut l'assistance de ces jeunes à l'amont comme à l'aval.D'où l'idée de création d'incubateurs d'entreprises à proximité immédiate des centres de formation supérieure technique (écoles d'ingénieurs en particulier) et pourquoi pas au sein même de ces établissements ou au sein d'un groupe d'établissements? L'objectif étant de faire bénéficier le jeune promoteur des locaux, des équipements industriels coûteux ne fonctionnant qu'à temps partiel, de la concentration des compétences humaines, des fonds documentaires et des moyens informatiques dont disposent ces établissements.La combinaison de ces deux formules parfaitement complémentaires: «l'acte d'entreprendre«, intervenant durant la formation et «l'incubateur«, intervenant à l'aval, devrait contribuer à promouvoir une petite et moyenne entreprise marocaine, performante, génératrice de richesses et créatrice d'emplois... * Ecole Nationale Supérieure d'Electricité et de Mécanique -Casablanca


    NuanceIl est à préciser tout de suite qu'il ne faut pas confondre «acte d'entreprendre« et «création d'entreprise«. Il ne s'agit évidemment pas de vouloir faire de tout ingénieur ou cadre supérieur un chef d'entreprise. Par contre, il est question ici de contribuer à doter le futur ingénieur de l'esprit entrepreneurial dont l'entreprise qui l'emploiera a grandement besoin. «L'acte d'entreprendre« englobe donc la création d'entreprise, mais ne se substitue pas à celle-ci.Le projet «d'acte d'entreprendre« permet à l'élève ingénieur, ou au futur cadre supérieur de manière générale, de réaliser un projet dont il est porteur. Principal maître d'œuvre de son projet, il doit impérativement le mener jusqu'à la réalisation. Il s'agit donc d'un projet personnel, innovant et qui donne ainsi l'occasion au futur cadre de traverser toutes les phases d'un projet quel qu'il soit: de l'idée ou la conception jusqu'à la mise en oeuvre et la réalisation. A.E.

    Le Droit à l'échecUNE autre dimension de «l'acte d'entreprendre«, et non des moindres, devrait retenir également notre attention: elle est relative au droit à l'échec. S'il y a des projets d'acte d'entreprendre qui aboutissent à des créations d'entreprises performantes et prospères, il arrive aussi que dans certains cas en revanche, les objectifs fixés ne soient pas atteints. Le droit à l'échec, qui est un des points forts de la culture anglo-saxonne, est donc reconnu ici et l'échec d'un projet d'acte d'entreprendre ne devrait pas handicaper de manière irréversible le futur ingénieur à la condition importante que ce dernier ait fourni tes efforts nécessaires. Le parcours d'un manager n'est pas fait que de succès. Un échec peut être riche d'enseignements.A.E.
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