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    Télétravail: Mon bureau dans ma maison

    Par L'Economiste | Edition N°:168 Le 23/02/1995 | Partager

    Echapper au train-train quotidien de la vie de bureau et gérer plus librement son travail, qui n'en a pas rêvé un jour ? Les techniques qui le permettent existent mais les milieux économiques restent sceptiques. En Suisse, ceux qui ont choisi le télétravail font pourtant encore figure de pionniers. L'ingénieur Thomas Stark, lui, n'a pas hésité.

    7heures du matin: à l'heure où Thomas Stark met son ordinateur en marche chez lui, ils sont des millions à être en route vers leur travail. Tranquillement, ce spécialiste en informatique lit son courrier électronique pendant que trains et tramways bondés sillonnent le pays. Deux jours par semaine, cet informaticien de 35 ans chargé de l'entretien et de la maintenance du réseau électronique d'Informatica, filiale d'IBM, travaille chez lui. Un réseau le relie à son entreprise et à ses clients.

    En Suisse il n'existe que quelques milliers de salariés géographiquement éloignés de leur employeur. Pourtant, plus d'un tiers de la population active se déclare très intéressée par le télétravail. Mais l'offre est encore mince, car pour l'heure les milieux économiques ne témoignent qu'un intérêt modéré pour ce nouveau mode de travail. Les entreprises expliquent essentiellement leurs réticences par des problèmes de gestion et de contrôle de leurs salariés.

    Dans son lotissement anonyme de Bonstetten se trouve l'équipement informatique de Thomas Stark: un PC486 IBM doté d'un modem à 9600 bauds et relié au système informatique d'IBM. A côté se trouve une imprimante à aiguilles hors d'âge et un lecteur de CD-ROM sur lequel Thomas peut bouquiner... et dévorer les manuels numérisés d'IBM.

    Le plus souvent, Thomas Stark travaille par téléphone avec ses confrères, mais il se sert aussi du "email" pour échanger des messages et des schémas pendant les réunions techniques en ligne. Il regrette simplement de ne pas pouvoir techniquement faire de vidéo-conférences.

    Lorsqu'on frappe à sa porte, ce ne sont plus ses collègues que voit apparaître Thomas Stark, mais ses deux enfants, âgés de trois et cinq ans.

    "Souvent, il m'arrive de me remettre à l'ordinateur le soir pour résoudre en toute quiétude des problèmes épineux", raconte Thomas Stark.

    Aller en voiture de son domicile de Bonstetten, une ville nouvelle du Sud de Zurich, au siège de son entreprise à Kloten, près de l'aéroport, prendrait plus d'une heure. Lorsque le trafic est intense, ce temps de trajet se multiplie par deux.

    Déménager n'est jamais venu à l'esprit de la famille Stark. Il y a deux ans, l'entreprise, décidée à faire un geste en faveur des employés se trouvant dans le même cas, leur a offert la possibilité du télétravail alterné: deux jours à la maison, trois jours dans l'entreprise - un compromis bien suisse. Ainsi, Thomas Stark n'est pas de ces pères qui quittent la maison aux premières heures du jour pour rentrer le soir complètement épuisés.

    IBM et ses clients veulent pouvoir, non seulement accéder à des informations partout dans le monde, mais aussi les échanger entre eux.

    Mais tous les utilisateurs du réseau ne sont pas équipés des mêmes appareils, de nouveaux clients viennent grossir les rangs, d'autres s'en vont bref, ce sont de constantes allées et venues, comme dans un immeuble.

    "L'entretien d'un réseau implique de nombreux problèmes d'interface", observe Thomas Stark, repassant au jargon professionnel. Les appareils tels que les PC, les fax et les vidéophones doivent pouvoir communiquer entre eux sans défaillance, ce qui suppose un travail de programmation important. En outre, chaque jour se produisent des événements imprévus; par exemple lorsqu'une banque ne retrouve plus électroniquement les derniers cours de bourse ou lorsque la liaison est interrompue entre deux filiales qui sont justement en train de coordonner l'une par rapport à l'autre leur stock de pièces automobiles.

    Si les appareils ne redémarrent pas dans les plus brefs délais, les clients deviennent vite nerveux, ou carrément irrascibles. Car, dans le monde de l'électronique, les conflits ne sont pas seulement techniques, ils sont aussi humains, comme dans n'importe quelle famille. "Mon rôle, c'est d'éviter ce genre de "scènes de ménage", explique Thomas Stark. C'est en compagnie des siens qu'il se détend le mieux.

    Se lancer sur les autoroutes de l'information avec son ordinateur portable pour gagner sa vie? Pour l'heure, la réalité présente une toute autre image - celle du laborieux peuple suisse s'acheminant en rangs serrés vers son lieu de travail.

    Pour Thomas Stark, le télétravail a un grand avenir devant lui. Bien sûr, tous les types de professions ne s'y prêtent pas, mais le multimédia offre de plus en plus de possibilités", explique-t-il, avant de décrire son rêve: voir les tours de bureaux désertées au bénéfice d'emplois à la maison ou au soleil et les véhicules circuler enfin autrement que pare-choc contre pare-choc.

    Beat Gerber

    Tages-Anzeiger - Zurich

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