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Affaires

Tanger: L’analphabétisme fait des ravages dans la région

Par L'Economiste | Edition N°:2171 Le 14/12/2005 | Partager

. L’Unicef dresse un tableau sombre sur l’enfance dans la capitale du détroit. Santé, éducation et loisirs… les enfants écartés des circuits . L’échec scolaire perçu comme la source de tous les mauxLA situation des enfants à Tanger et sa région est loin d’être rose. C’est du moins la première impression qui ressort de la lecture du rapport publié par l’Unicef sur le sujet. La situation serait même dramatique: “A Tanger, les chances sont tronquées bien avant la naissance. Le destin des enfants est scellé alors qu’ils sont encore dans le ventre de leur mère”. Selon Mai Ayoub Von Kohl, représentante de l’Unicef au Maroc, il faut aller au-delà de la vaccination et de la protection des maladies contagieuses. 27% des femmes n’ont fait aucun contrôle prénatal, 23% de femmes enceintes sans éducation de base ne sont pas vaccinées contre le tétanos. Et leurs congénères alphabétisées ne font pas mieux, une femme sur six n’est pas vaccinée contre cette maladie. Les chiffres tombent tel un couperet: 38% des femmes ne subissent aucun contrôle médical après la naissance. Ce dernier taux est d’autant plus accablant dans la mesure où une femme sur quatre n’accouche pas en milieu hospitalier. Le cas est étonnant, d’autant plus que la ville de Tanger est dotée d’infrastructures sanitaires assez proches des populations, surtout en milieu urbain. En ce qui concerne l’alimentation des bébés, celle-ci est elle aussi très mal notée: 28% des mères de la région abandonnent l’allaitement dès la naissance, 34% le font avant que leur bébé n’ait atteint l’âge de 4 mois. Selon l’étude, l’enfant en âge scolaire n’est pas mieux placé. 5% des enfants âgés de 6 à 11 ans ne sont pas scolarisés. Le taux double pour la tranche des 6 à 15 ans. Le résultat est on ne peut plus clair: 6 % des enfants âgés de 10 à 17 ans, soit 9.950, sont considérés analphabètes. Et encore, les enfants allant à l’école ne sont pas mieux lotis, car 51% des classes sont insuffisamment aérées et 53% sont insuffisamment éclairées. La situation des enfants empire avec l’âge. Malgré une absence de recul pour en déterminer l’évolution, il n’en reste pas moins vrai que le nombre d’enfants en deçà de l’âge légal au travail est assez faible, soit 2%. Mais loin de se réjouir, l’étude montre que 72% des enfants au travail ont commencé bien avant la limite légale de 15 ans. L’enfant est ainsi privé de l’un de ses droits les plus basiques, le jeu. Près d’un enfant sur trois travaille sept jours sur sept, avec une moyenne journalière de plus de neuf heures, souvent des conditions désastreuses: locaux insalubres, absence quasi totale d’hygiène, brimades verbales et physiques. Une bonne partie des enfants au travail ont quitté les bancs de l’école très tôt. Selon l’Unicef, la précarité et la pauvreté mettent en péril le développement de trop nombreux enfants. 49% des ménages enquêtés vivent dans 2 pièces au plus. Ils dépensent en moyenne 17,6 DH par personne et par jour, soit 1,5 DH au-dessus du seuil de vulnérabilité. Le pire est que les enfants ont une nette conscience de leur situation et de ses causes: bon nombre des enfants qui travaillent pensent que la pauvreté est la cause principale de leur mal-être. “Ce qui transforme ces jeunes en de vraies bombes à retardement et les rend vulnérables à tout type de manipulation”, ajoute l’étude. L’un des problèmes majeurs de la ville et ce qui la différencie des autres villes est la problématique des mineurs clandestins. Leur situation, que ce soit à Tanger ou en Espagne, lors de leur traversée, laisse beaucoup à désirer. C’est pourtant un fléau “simple à traiter”. Selon l’étude, l’échec scolaire est la source de tous les maux et c’est ce volet auquel il faut s’atteler au plus vite pour éviter d’augmenter les rangs de la misère, de l’exclusion et la délinquance.


Fiche technique

L’enquête a été menée entre les années 2003 et 2004 sur un échantillon représentatif de 7.144 ménages et 11.632 enfants. Elle a été réalisée par la méthode du questionnaire direct dans les villes de Tanger, Fès et Marrakech. Elle a été coordonnée par le Haut-Commissariat au Plan, ainsi que plusieurs départements ministériels dont la Santé et l’Enseignement. Son objectif est, selon ses promoteurs, d’aider à mieux comprendre la situation de l’enfant au niveau régional afin de rendre les prises de décision en accord avec la réalité du terrain.


Le niveau d’études laisse à désirer

SUR un échantillon de 3.100 élèves, l’étude a fait une analyse des acquis dans les quatre matières principales: arabe, français, mathématiques et vie courante. Les résultats sont décevants. En 4e année primaire, les scores de ceux ayant atteint le seuil de maîtrise est de 19,8% dans la vie courante, 3,9% en mathématiques, 3,1% en arabe et… 0,6 % en français. Les domaines qui posent le plus de problèmes dans les études restent l’expression écrite en arabe mais surtout en français, ainsi que la conversion des unités de mesure en mathématiques. De notre correspondant, Ali ABJIOU

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