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Economie

Recouvrement des créances
Les retards de paiement polluent le climat d’affaires

Par L'Economiste | Edition N°:1870 Le 07/10/2004 | Partager

. Officiellement, au moins un effet de commerce sur cinq retourne impayé. La règle, c’est de payer en retard et, l’exception, respecter les délais . Le problème pollue l’environnement commercial et fragilise les PMECatastrophe, cauchemar... les chefs d’entreprise sondés par L’Economiste rivalisent de qualificatif pour décrire le comportement de paiement dans les transactions commerciales. Pour ne pas fâcher ses clients, tout le monde a exigé l’anonymat. Beaucoup d’entre eux passent presque le plus de leur temps au recouvrement. «La situation est devenue pourrie avec en prime une inquiétante progression de comportements malhonnêtes et de tricheurs sur le marché», remarque le dirigeant d’une société d’installations télécoms. A la limite, ne pas payer ses fournisseurs à temps est considéré comme une «normalité» et un «acte de bonne gestion», poursuit-il.En principe, la tradition dans le commerce est le règlement à 60 jours. Mais, rarement, ce délai est respecté. «Il faut compter entre 4 et 5 mois en moyenne et en harcelant le client», confie un jeune patron d’une PME de services télécoms. Même dans les entreprises «structurées» où les circuits administratifs sont supposés être plus fluides, les échéanciers ne sont pas respectés, confirme un gérant d’une PME, un des gros importateurs de café au Maroc. Les responsables de nombreuses officines de formation à Casablanca atteste le constat. Ce qui est certain, c’est que les impayés pourrissent la vie de toute la machine économique, et rares sont les entreprises qui ne disposent pas aujourd’hui de structure chargée de relancer leurs clients. Tout le monde se renvoie la balle, et les mauvais payeurs, ceux de mauvaise foi -et il en existe- ont un prétexte tout trouvé: «puisque mon client ne m’a pas encore réglé, impossible d’honorer l’échéance de mon fournisseur ou de mon prestataire».Aucun secteur, ni activité n’échappe à ce climat généralisé pollué par le non-respect de délai de paiement. Selon le rapport 2003 de la Banque centrale, au moins un effet de commerce sur cinq retourne impayé. Cela représente en gros à 20% du chiffre d’affaires dehors. Dans certains cas, ce seuil est bien plus élevé et menace même la survie de l’entreprise. Le phénomène est tel que les banquiers ont identifié les meilleures signatures sur les effets de commerce, dans les grandes villes comme les moyennes. Certains effets ne sont pas tout simplement acceptés au guichet.A cela s’ajoute le phénomène de chèques en bois qui repart de plus bel, notamment pour les petits montants, affirme un chef d’entreprise à Casablanca. Ce dernier reçoit au moins une douzaine de chèques en bois par semaine, il est vrai, de petits montants. L’analyse de la Banque centrale dit presque le contraire. Le taux de rejet des chèques a baissé de 0,3 point en 2003 à 1,9% contre 2,2 l’année précédente, soit plus d’un demi-million de chèques (510.511 exactement). Ce décalage entre ce que vivent les chefs d’entreprise et la photographie de Bank Al-Maghrib tient au fait que les statistiques ne dégagent pas la situation de manière exhaustive, certains incidents n’étant pas toujours déclarés.Dans cet environnement pollué par le problème de recouvrement, les entreprises tentent de se protéger comme elles peuvent. Ce grossiste importateur de café a par exemple conçu un système de scoring en personnalisant les délais-client en sus des garanties exigées avant livraison de la marchandise. Les principaux destinataires de son produit sont ce que les spécialistes appellent les CHR (cafés-hôtels-restaurants). Les hôtels règlent à 60 jours fin de mois, les restaurants à 45 jours et pour les clients (consommateurs finals), c’est 30 jours. Pour des clients à haut risque, il procède par petites livraisons en greffant des délais les plus courts possibles (entre une semaine et quinze jours). D’autres sociétés dressent des listes grises (clients à problème), voire noires. Ces derniers sont mis au paiement comptant, à défaut d’un acompte variable en fonction de la taille de la commande. Etranglée par les retards de paiement, une PME d’ingénierie basée à Marrakech, dont le portefeuille est réparti à 50-50 entre les commandes des établissements et administrations publics et le secteur privé, exige désormais le paiement de la moitié de la facture avant exécution des prestations. Le reste est payé au fur et à mesure de l’avancement des travaux. Sur les 10 millions de dirhams de chiffre d’affaires qu’elle réalise par an, au moins un tiers se trouve en souffrance. Comme pour beaucoup de firmes, elle a dû faire une croix sur certaines créances. Le tribunal? En plus du fait que beaucoup de sociétés hésitent «pour préserver l’avenir», les procédures sont tellement longues qu’au moment où la décision est rendue, le client est déjà disparu quand il n’a plus rien à saisir, observe le DG d’une société de distribution d’articles ménagers. L’organisation de l’insolvabilité est semble-t-il devenue une pratique courante.Abashi SHAMAMBA

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