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    Economie

    Pêche hauturière: Les sociétés maroco-chinoises contestent la recapitalisation

    Par L'Economiste | Edition N°:71 Le 18/03/1993 | Partager

    Le plan d'assainissement de la pêche hauturière prévoit notamment la recapitalisation des sociétés à 30% du montant de l'investissement. Les sociétés à capitaux mixtes maroco-chinois estiment que cette restructuration financière n'est pas fondée. Selon les membres de leur association, leur montage financier les en dispense.

    Le plan d'assainissement de la pêche hauturière(1) suscite déjà des réactions. Ainsi, l'Union Marocaine des Armateurs de la Pêche Hauturière (UMAP), association regroupant les sociétés de pêche à capitaux mixtes maroco-chinois, estime que ce plan élaboré dernièrement leur porte préjudice. A ceux qui les accusent d'être des "hommes de paille", recevant une rémunération pour leur licence, les armateurs se défendent. Ils avancent qu'ils ont monté des sociétés de pêche avec des partenaires chinois, mais qu'ils ont toutefois contracté des crédits et qu'ils assurent la gestion de leurs sociétés.

    Par ailleurs, leur montage financier qui se résume à un crédit fournisseur 100% est critiqué par les autres armateurs et l'Administration. Mais, les membres de l'UMAP rappellent que cette même Administration avait accepté leur plan d'investissement il y a quelques années.,

    La recapitalisation(2) à 30% du montant de l'investissement est vivement critiquée par I'UMAP. "Nous n'avons jamais demandé des garanties de la part de l'Etat. C'est à nous de juger de l'opportunité d'augmenter notre capital. De plus, nous ne pouvons pas demander au partenaire chinois de financer 115% du montant de l'investissement", expliquent les membres de l'UMAP. Cependant, ils se sont déjà déclarés prêts à réajuster leur capital à hauteur de 20% de la valeur de l'investissement échelonné sur deux ans.

    Des marges de 5 à 10%

    Les capitaux, des sociétés mixtes, maroco-chinois sont à 50% marocains et 50% chinois. Les sociétés regroupées au sein de I'UMAP, créées en 1989-90, entretiennent une flotte de 64 bateaux. Elles disposent généralement d'un capital d'un million de DH. Seule une société a un capital de 10.000 DH. Les bateaux sont achetés à 1,4 million de Dollars l'unité. La durée des crédits (octroyés par la Chine) est en moyenne de 7 ans et les taux d'intérêt sont de 6 à 8,8%. En moyenne, un bateau dégage un chiffre d'affaires de 90.000 à 1,2 million de Dirhams. La quasi-totalité des sociétés sont bénéficiaires et dégagent des marges de 5 à 10% du chiffre d'affaires en fonction de la conjoncture. Le gouvernement chinois aurait, par ailleurs, investit à terre 10 millions de Dollars en infrastructures dans les ports marocains en magasins, dépôts, cardages et filets. La "bonne situation financière" des sociétés à capitaux mixtes maroco-chinois est expliquée: "nous avons pu profiter de nos expériences, étant des anciens du métier". Aussi, le faible coût d'acquisition des navires et la faiblesse du taux masse salariale/chiffre d'affaires par rapport aux autres sociétés expliquent, selon l'UMAP, la situation financière saine comparativement aux autres sociétés de la pêche hauturière.

    Les détracteurs de l'UMAP affirment que les partenaires marocains des sociétés maroco-chinoises n'ont pas investi. Un loyer leur est versé chaque mois. "La Russie paye pour 43 licences 13 millions de Dirhams, la CEE 1,5 milliard de Francs français pour 500 bateaux. La Chine devrait se soumettre au même traitement en payant 22 à 23 millions de Dollars", s'exclame un professionnel du secteur. Ainsi, par le biais de la recapitalisation, l'Administration demande plus de transparence. "La pêche hauturière exploite les ressources naturelles nationales, il est légitime que l'investisseur marocain y soit impliqué", affirme un responsable de l'Administration. Les dettes garanties par la Caisse Centrale de Garantie sur la pêche hauturière sont actuellement de 2,3 milliards de DH. La politique du gouvernement affichée est d'améliorer la rentabilité de la pêche hauturière, notamment pour affronter les années 1993 et 1994 qui s'annoncent très difficiles pour ce qui est des cours. Ces derniers ont déjà dégringolé de plus de 30%(3) .

    Le reprofilage de la dette annoncé par le plan d'assainissement avait été revendiqué par l'APAPHAM tenant compte des crédits FAD accordés aux armateurs avec une différence de 5 à 6 points. Le plan d'assainissement évoque le reprofilage de la dette mais sans le détailler clairement. Les crédits de campagne espérés par la profession ont été occultés. Néanmoins, le plan d'assainissement vise l'augmentation du volume des prises par bateau. Outre le contrôle des maillages pour éviter la prise des juvéniles et les arrêts biologiques ou commerciaux, le plan d'assainissement prévoit un arrêt des investissements.

    L.T.

    (1) Cf L'Economiste du 4 mars 1993

    (2) Cette recapitalisation devrait être réalisée en trois tranches, 10% en mars, 10% en juillet et le reste en septembre.

    (3) Cf L'Economiste du 17 décembre 1992

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