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    Politique

    Nominations royales
    Alioua saura-t-il redresser le CIH?

    Par L'Economiste | Edition N°:1818 Le 23/07/2004 | Partager

    . Il hérite d’une banque affaiblie . Plan de redressement infructueux et lourde restructuration de la dette . Les scénarios de reprise ne sont pas encore au pointLa nomination de Khalid Alioua à la tête du CIH a fait l’effet d’une bombe au sein du microcosme financier. Les observateurs se demandent en effet si Alioua a le recul et les compétences suffisants pour gérer un dossier comme celui du CIH. “Cette nomination est certes une grande marque de confiance en la personne, mais ce ne sera certainement pas une partie de plaisir pour le militant usfpéiste”, souligne, dubitatif, un responsable d’une grande banque de la place. “On met un politique alors que la banque a plus besoin d’un technocrate pur et dur”, ajoute-t-il. Sauf que Alioua n’est pas seulement un politique. Ce polyglotte de 55 ans a occupé le poste de ministre du Développement social, de la Solidarité, de l’Emploi et de la Formation professionnelle dans le premier gouvernement de Youssoufi. Il est également titulaire d’un diplôme d’études comptables supérieures. Alioua s’est aussi distingué auprès de milieux universitaires étrangers par ses analyses sur les sociétés fermées. Parmi les actions à mettre à son actif lors de son passage au gouvernement, figurent la création de l’Anapec et celle de l’Agence de développement social. Alioua avait aussi réussi le pari de réunir, après plus de 10 ans de blocage, le conseil d’administration de la CNSS et ce, en dépit du boycott de l’UMT. Et même s’il n’est pas arrivé à faire passer le dossier de l’assurance-maladie obligatoire, il n’en reste pas moins qu’il avait contribué au projet.Sa tâche ne sera en tout cas pas aisée en ce qui concerne le CIH.Et pour cause, le plan de redressement du Crédit Immobilier et Hôtelier lancé en mars 2001, s’est révélé être un échec. La banque souffre toujours d’un passif très lourd. “Des créances litigieuses et un provisionnement largement insuffisant”, expliquent les analystes. Malgré une augmentation de capital de 2 milliards de DH et une solidarité du secteur bancaire d’un milliard de DH, l’établissement n’arrive pas à redresser la barre. “Le retard du CIH dans son programme de sauvetage est dû, en grande partie, à son incapacité à réduire de façon notable son coût de financement face à l’émergence d’une concurrence aiguisée de la part des banques commerciales sur le créneau du crédit immobilier”, expliquent les analystes de BMCE Capital.D’ailleurs, le dossier est à la primature depuis quelques mois déjà. “Une commission est en train de plancher sur des scénarios de reprise pour sauver les meubles”, ironise un observateur. La Caisse de dépôt et de gestion, repreneur potentiel, étudie elle aussi les opérations à monter pour rétablir cette situation catastrophique. Les autorités monétaires ne croient pas vraiment en la réussite du plan de redressement et prônent la défaisance comme solution préalable à la cession. Cette technique désigne l’isolation des créances en souffrance de la partie saine de l’entreprise. Ainsi, pour Abdellatif Jouahri, s’il y a une solution pour le CIH, elle doit suivre trois étapes. D’abord, se défaire du portefeuille en souffrance, s’adosser à un “actionnaire de référence” pour pouvoir se relever et participer au programme gouvernemental de logement social. Toutefois, c’est une solution purement technique, qui doit être mise en oeuvre par des techniciens”, explique le patron d’une banque marocaine. Sauf que le dossier est trop politisé pour être traité techniquement. Actuellement, si le CIH n’a plus de problèmes de trésorerie, il souffre d’un manque de fonds propres. Une augmentation de capital est hors de question pour les actionnaires qui refusent de remettre la main à la poche, à perte. . Chronique judiciaireQuatre présidents en 25 ans, dont deux ont été appelés par la justice et un qui est mort… on ne peut pas dire que le CIH porte bonheur à ses présidents. D’abord, Othmane Slimani-Tlemçani, décédé, il y a quelques mois, a été président-directeur général du CIH de 1979 à 1993. Inspecteur des Finances et directeur des Impôts, puis secrétaire d’Etat aux Finances, il a fortement développé la banque. En 1993, il est remercié et remplacé par Moulay Zine Zahidi, ancien ministre des Affaires économiques, et ministre de la Privatisation. Ce dernier restera à la tête de l’établissement jusqu’en 1998. Date à laquelle, les comptes de la banque commencent à sentir le roussi. D’ailleurs, en 2002, l’affaire CIH défraye la chronique. Alors que Zahidi n’est pas vraiment inquiété, Slimani est en détention provisoire avec comme chef d’inculpation: dilapidation et détournement de fonds publics». «Entre-temps Abdelouahed Souheil avait été mis à la tête de la banque en 1998. Et à son arrivée, un vent d’espoir souffle sur l’établissement. Il prend rapidement les choses en main en bon financier qu’il est (ex-directeur général adjoint de la BMCE). Il développe le fameux plan de redressement. Mais la relance n’est pas au rendez-vous. Il est remplacé en février 2001 par Mohamed El Alj, qui s’est fait une réputation de redresseur dur mais efficace (CTM, ONCF). Il ne restera pas longtemps à la présidence et passe en septembre 2003 à la tête de la Douane. Depuis, le CIH est officieusement sans présidence. Alioua aura-t-il plus de chance que ses prédécesseurs…


    Une nouvelle opération de titrisation

    Après Crédilog I et II, CIH compte lancer sa troisième opération de titrisation, portant sur un montant de 1 milliard de DH. “Ce paquet de créances hypothécaires serait cédé à un nouveau fonds commun de placement en titrisation, FCPT”, est-il indiqué du côté de BMCE Capital. L’allègement du poids de la dette, qui se monte à 4,8 milliards de DH à fin 2003, est le principal objectif de cette émission. Le renforcement de l’effort de provisionnement par la société, dans le cadre de son plan de redressement, s’est, en effet, traduit par des fonds propres déficitaires de l’ordre de 1,2 milliard de DH.


    Restructuration de la dette

    Les chiffres arrêtés à fin décembre 2003 font ressortir un accroissement du PNB. Une performance qui provient plus de la réduction des charges d’exploitation que d’un accroissement des produits.La maîtrise des frais généraux a certes permis de dégager un résultat brut d’exploitation bénéficiaire, mais celui-ci demeure insuffisant au regard des besoins de provisionnement nécessaires pour la couverture des créances en souffrance. La constitution des provisions et la faiblesse des créances recouvrées ainsi que le coût généré par la restructuration de la dette ont pesé de manière significative sur les résultats de la banque.Le PNB est en hausse de 6%, se situant à 623 millions de DH contre 589 millions à fin 2002. Le résultat brut d’exploitation, quant à lui s’établit à 240 millions de DH en accroissement de 19%. Fédoua TOUNASSI

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