Politique

Sahara: Encore des obstacles!

Par L'Economiste | Edition N°:1818 Le 23/07/2004 | Partager

. Alger refuse de dialoguer malgré les pressions franco-espagnolesLe dossier du Sahara a aussi fait la Une de l’actualité parlementaire. Mohamed Benaïssa, ministre des Affaires étrangères, était invité à donner des éclaircissements sur l’état d’avancement de la question après la démission de James Baker.Selon Rachida Benmessaoud, vice-présidente de la Commission des affaires étrangères (USFP), la réunion tenue à huis clos avait pour objectif d’évaluer la position marocaine après l’action diplomatique franco-espagnole: trouver une solution politique dans le cadre de la souveraineté.Ce qu’on attendait vraiment de cette réunion, ce sont les répercussions de cette action diplomatique sur le cheminement du processus de règlement. Autrement dit, y a-t-il eu dialogue ou pas entre Rabat et Alger sur le Sahara?Les parlementaires contactés, de la majorité comme de l’opposition (la plupart veulent garder l’anonymat, la réunion s’étant tenue à huis clos), affirment ne pas avoir été informés des résultats de la visite de Mustapha Sahel à Alger. «Le gouvernement nous a par contre dit qu’il comptait accentuer la coopération dans d’autres domaines», rapporte solennellement un député de la majorité. . Terrain limitéEn effet, on attendait que cette visite soit «le prélude d’une nouvelle ère». Rien de tout cela. Le voisin algérien refuse de négocier malgré les pressions diplomatiques et oriente le dialogue vers «d’autres sujets d’intérêt commun». On se pose même la question si la création de la commission de sécurité dont le principe a été entériné à Alger, verra effectivement le jour, vu la multitude de projets communs qui naissent sans lendemain. Dans les faits, Sahel n’avait pas une large marge de manoeuvre pour engager «la négociation directe». Le terrain était limité d’avance. «Mais le Maroc est optimiste car il a le soutien des principaux intervenants», estime un député de l’opposition.Pourquoi Alger est-elle si intransigeante? Pour l’instant, elle refuse «toute souplesse» dans le processus de négociation et s’en tient à l’ONU comme seul et unique organe habilité à mener des discussions. Des bruits courent que Paris et Madrid cherchent à réanimer ce processus à travers «une proposition de paix». A part la solution de dialogue direct, on ne sait pas grand-chose. Un député affirme que cette proposition «contient des points qu’il est encore tôt de dévoiler». Le dossier n’a pas encore livré tous ses secrets. Ce qui est sûr, c’est que les partenaires européens sont décidés à en finir avec ce problème. Leurs intérêts dans la région ne sont pas des moindres. Et justement, la France exprime un regain d’intérêt sans précédent pour l’Algérie. Le président Jacques Chirac a réuni une quinzaine de ministres pour renforcer la coopération avec ce pays, ce qui devrait notamment se concrétiser par un traité d’amitié en 2005. L’Elysée veut «un partenariat d’exception» avec l’Algérie. Le dialogue politique sera marqué, d’ici la fin de l’année, par les visites en Algérie de huit ministres français et six ministres algériens en France. Des centres culturels seront rouverts dans plusieurs villes d’Algérie.Nadia LAMLILI

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