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    Politique

    Mouvements dans la sécurité
    Les dessous de l’éviction

    Par L'Economiste | Edition N°:2362 Le 15/09/2006 | Partager

    . Laânigri devient inspecteur général des forces auxiliaires. Draiss, un homme de l’Intérieur, nommé directeur de la Sûreté nationale. Le clan El Himma reprend en main un poste stratégique LES suspicions qui entouraient la possible mise à l’écart d’un haut gradé des services sécuritaires se sont finalement confirmées. Et c’est le général Hamidou Laânigri qui est tombé. Certes, «le super général» a été nommé inspecteur général des Forces auxiliaires dans les régions du Nord et du Sud. Ce qui n’est pas rien, mais cela ne vaut pas la DGSN. Dans ce nouveau poste, il pourra mettre à profit sa grande expérience des renseignement (DGED et DST). Toujours est-il que la grosse nouvelle reste son éviction de la tête de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN). La pilule a certainement été difficile à avaler. Laânigri avait de «grandes ambitions» pour cette direction dans laquelle il est resté un peu plus de trois ans. Programme de communication, modernisation, informatisation… Le général, comme l’appelaient ses collaborateurs, s’est attaqué à plusieurs chantiers pour moderniser cette direction et rétablir un contact serein avec les citoyens. Il s’est également beaucoup investi dans ce poste en renforçant la coopération dans les domaines du terrorisme et celui du trafic international des stupéfiants, notamment avec les services de sécurité français, espagnols, américains et saoudiens. Laânigri a même réussi à convaincre Interpol d’organiser la 76e assemblée générale de l’organisation en 2007 à Marrakech. Sur le plan national, le général a énergiquement soutenu l’augmentation du budget de la Sûreté nationale afin de pouvoir lutter contre le terrorisme et le trafic des stupéfiants. Mais c’était compter sans les derniers événements qui ont beaucoup affaibli sa position. Le remplacement de Laânigri par Charki Draiss, ex-wali de Laâyoun, intervient deux jours après la suspension d’Abdelaziz Izzou, directeur de la sécurité des palais royaux et ex- préfet de police et de plusieurs hauts responsables sécuritaires (cf.notre édition du 13 septembre 2006: www.leconomiste.com). . Mauvaise piocheCes suspensions s’expliquent par l’enquête en cours sur l’affaire «Bin Louidane» de trafic de drogue. Et c’est le dénommé Kharraz, narcotrafiquant notoire, arrêté fin août dernier, qui a donné les noms des responsables impliqués. Le changement à la tête de la DGSN intervient également à quelques semaines de l’affaire du groupuscule terroriste, Ansar Al Mahdi, qui comptait dans ses rangs 5 militaires. Eu égard à tout cela, il est impossible de ne pas établir le lien entre l’affaire Izzou et le limogeage de Laânigri de la DGSN. Surtout si l’on sait que c’est sur proposition de ce dernier que SM le Roi a nommé Izzou au poste de directeur de la sécurité des palais royaux. Mauvaise pioche pour Laânigri, dont les services n’ont peut-être pas bien travaillé, puisqu’ils n’avaient pas repéré les liens entre les marchés publics et des entreprises soupçonnées de connexions avec la drogue... Si le directeur de la Sûreté nationale qui était également ex-directeur de la DST, ne le savait pas, qui aurait pu le savoir? Une implication du général lui-même?! Mais cette thèse n’est pas du tout plausible, sinon, le Souverain ne l’aurait pas nommé inspecteur général des Forces auxiliaires. «Il l’aurait tout simplement démis de ses fonctions sans lui accorder d’autres responsabilités», indique une source à la DGSN. Est-ce que la proposition d’Izzou était principalement motivée par le souci de garder un oeil sur la sécurité des palais? Si oui, Laânigri a non seulement raté son objectif, mais il a également perdu son poste. Dans le même ordre d’idées, «la Direction générale des études et de la documentation (DGED) vient de proposer au Souverain de charger la Gendarmerie royale de la sécurité des palais», confie une source à la DST. Une mission assurée exclusivement par la DGSN depuis les années 90. . Le clan Laânigri affaibliDe plus, et comme nous l’avons déjà annoncé dans notre édition d’hier 14 septembre 2006, rubrique de Bonnes Sources, l’enquête sur l’affaire de trafic de drogue a été reprise des mains de la Brigade nationale de police judiciaire (BNPJ) pour être transmise à la Gendarmerie royale, et donc un retour sur les devants de la scène du général Hosni Benslimane. Une cinquantaine d’enquêteurs de ce corps opèrent sous la houlette du procureur général près la cour d’appel de Casablanca. Pour expliquer ce revirement, le ministère public évoque la probable partialité de certains agents de la BNPJ vis-à-vis de quelques hauts responsables de la police soupçonnés d’appartenir à ce réseau de narcotrafiquants. En affaiblissant le clan Laânigri, ces derniers événements, amplifiés par la mise à l’écart du général Belbachir après l’affaire d’Ansar Al Mahdi et l’implication de 5 militaires, ont permis la montée en puissance de la DGED et de son directeur, Yassine Mansouri, soutenu par Fouad Ali Himma. En effet, la dernière nomination de Draiss, un haut responsable civil de l’Intérieur à la tête de la DGSN, va dans ce sens. Le remplacement de Laânigri par un homme de l’Intérieur pourrait bien être expliqué par une volonté d’El Himma de mettre la main sur la DGSN et, par conséquent, reprendre les rênes des postes stratégiques.Khadija MASMOUDI & Naoufal BELGHAZI


    Avis partagés

    LES avis sont partagés sur l’éviction de Hamidou Laânigri de la tête de la DGSN. Une source à la police judiciaire estime que ce changement «peut être bénéfique pour la DGSN». Pour illustrer ses propos, cette source évoque les dernières affaires, à savoir le dossier d’Ansar Al Mahdi et celui du narcotrafiquant Kharraz, «qui ont entaché l’image de la police que Laânigri représentait jusqu’au 13 septembre». Un avis que ne partage pas une autre source à la Direction de surveillance du territoire (DST) que le général a chapotée entre 1999 et 2003, juste avant sa nomination à la tête de la DGSN. «Lors de son passage dans notre direction, nous avons beaucoup appris de lui surtout en matière de terrorisme. Il ne faut pas oublier que Laânigri a été cité par le journal français Le Figaro comme étant un spécialiste du terrorisme», rappelle avec fierté cette source. De plus, ajoute-t-elle, «le général traitait bien les officiers de la DST, il nous a même accordé une augmentation de 300 DH sur nos primes».N.Be

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