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    Malgré le recul mondial de la sidérurgie : Privatisation: La Sonasid enregistre des bénéfices réguliers

    Par L'Economiste | Edition N°:156 Le 01/12/1994 | Partager

    Les investisseurs intéressés ont jusqu'au 24 décembre pour formuler leurs propositions à l'appel d'offres relatif à la cession de 51% du capital social de la Sonasid (Société Nationale de Sidérurgie). Deux atouts majeurs pour l'entreprise: distribution régulière des dividendes et stabilité de l'activité.

    Le Ministère chargé de la Privatisation vient de procéder au lancement d'un appel d'offres pour la cession de 51% du capital social de la Sonasid. Il faut rappeler que le Trésor détient près de

    97% du capital de cette entreprise. Le prix plancher pour acquérir les 51% du capital faisant l'objet de l'appel d'offres est fixé à 918 millions de Dirhams.

    Alors qu'ailleurs la sidérurgie se trouvait dans la tourmente, la Sonasid est parvenue à maintenir son activité, avec une année 1990 particulièrement faste: près de 1.728,90 millions de Dirhams de chiffre d'affaires.

    C'est également l'année où le nouveau programme général d'importations avait consacré la libéralisation des importations des produits fabriqués par la Sonasid (ronds à béton et fil machine). Cette année, indique le Ministère du Commerce et de l'Industrie, a coïncidé avec une nette reprise de la demande au niveau national.

    Ceci semble indiquer que la Sonasid n'a pas souffert de l'ouverture des frontières aux produits concurrents. Pour les deux derniers exercices par exemple, le chiffre d'affaires est resté pratiquement au même niveau avec un variation de 0,2%.

    Des dividendes réguliers

    Par ailleurs, l'entreprise est constamment bénéficiaire et distribue régulièrement des dividendes à ses actionnaires dans un contexte mondial où la sidérurgie est en recul.

    Au titre des trois dernières années, les dividendes versés ont été respectivement de 103,17 millions en 1991, 185,71 millions en 1992 et 153,43 millions en 1993. La rémunération par action (nominal 1.000 DH) aura été de 264,5 DH en 1991, 476,19 en 1992 et 393,40 en 1993. Le bénéfice net s'élève à 194,62 millions de DH en 1991, 242,26 millions en 1992 et 175,68 millions pour l'exercice 1993.

    L'analyse de la structure financière de la Sonasid indique un niveau de rentabilité commerciale élevé (bénéfice net rapporté au chiffre d'affaires) 11% en 1993, 15% en 1992 et 12,8% en 1991. Quand à la rentabilité des capitaux propres (bénéfice net rapporté aux capitaux propres), elle s'établissait respectivement à 27,75% en 1992 et 25,2% en 1991. Aucune indication n'est disponible sur les performances de l'entreprise pour 1993.

    Par ailleurs, la note de présentation de la Sonasid relève que l'entreprise a toujours honoré ses engagements vis-à-vis de ses créanciers.

    A l'heure actuelle, l'encours de la dette extérieure de la Sonasid est estimé à 520,73 millions de Dirhams dont 518,27 millions concentrés sur un seul créancier, la Banque Morgan Grenfell, soit 99,53% de l'endettement extérieur total.

    Pour assurer le service de sa dette extérieure, la Sonasid devra décaisser annuellement 208 millions de Dirhams d'ici fin 1996.

    Qui détient la SONASID?

    Trésor96,92%
    B.R.P.M1,02%
    SEFERIF1,02%
    O.D.I.:1,02%
    Président de SEFERIF:0,001%
    Directeur général de l'ODI:0,001%
    Directeur général du BRPM0,001%
    Autres actionnaires:0,017%

    Source Ministère du Commerce et de l'Industrie

    L'aciérie gelée

    Avec une production de l'ordre de 372.618 tonnes de ronds à béton et fil machine en 1993, la Sonasid couvre la quasi-totalité des besoins locaux. Les matières premières utilisées (lingots d'acier) proviennent essentiellement d'Italie, de Pologne et de Grande-Bretagne.

    La Sonasid projetait d'investir dans la réalisation d'une aciérie afin de pouvoir assurer la sécurité de ses approvisionnements.

    Depuis 1989, les études de faisabilité du projet sont fin prêtes avec une projection d'un taux de rendement interne de 23%. l'inscription de la Sonasid sur la liste des privatisables a cependant gelé le projet, note le Ministère du Commerce et de l'Industrie. A sa création en 1974, les pouvoirs

    publics avaient assigné à la Sonasid l'objectif de la réalisation d'un complexe sidérurgique d'une capacité de 1 million de tonnes.

    La création de la Sonasid doit être située dans le contexte d'alors: à l'époque, les théories de pôle de développement et "d'industrie industrialisante" avaient le vent en poupe. Beaucoup de pays du Tiers-Monde se dotaient d'une industrie lourde qui devait leur assurer, par les effets d'entraînement, le développement d'autres secteurs de l'économie.

    Mais très vite les problèmes de débouchés se sont posés, et même celui de la disponibilité d'une main-d'oeuvre qualifiée pour faire tourner les usines.

    Pour le Maroc, le choix du site de Nador était aussi motivé par le souci de valoriser les ressources minières du Rif (fer et charbon) et d'assurer un développement industriel dans la région.

    En raison de difficultés financières à l'époque, le projet ne sera pas entièrement concrétisé. Seul un laminoir finira par être implanté et mis en activité en 1984. Sa capacité potentielle de production est de 420.000 à 480.000 tonnes par an.

    Actuellement, la Sonasid emploie un effectif de près de 605 personnes dont 40 cadres, 146 techniciens et agents de maîtrise et une vingtaine d'occasionnels.

    Après la CIOR, la Sonasid représente la deuxième grande société d'industrie lourde que l'Etat va privatiser. Lors de la cession en bourse d'une partie du capital de la Sonasid, il sera intéressant d'observer le comportement du public après l'engouement suscité par la vente des titres de la CTM, de la CIOR, et le récent rush sur les actions de la SNI.

    A.S.

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