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    Economie

    L'Union Européenne interdit l'amiante sur l'ensemble de son territoire

    Par L'Economiste | Edition N°:503 Le 10/05/1999 | Partager

    · Interdiction des différents types d'amiante, y compris la chrysotile

    · Une étude publiée par la revue scientifique anglaise "The Lancet " prévoit 250.000 décès liés à l'amiante en Europe de l'Ouest d'ici 35 ans

    Voilà une décision qui apportera du grain à moudre aux écolos marocains. Du moins ceux qui déploraient jusque-là l'utilisation de l'amiante. L'Union Européenne vient en effet d'interdire la fibre cancérigène dans l'ensemble de son territoire. Fait important, la directive européenne concerne tous les types d'amiante, y compris la chrysotile, dont les dangers ont été jusque-là minimisés au Maroc. Seule exception accordée: l'usage de la chrysotile dans des membranes servant à séparer le chlore et l'hydrogène au cours du processus de fabrication du chlore. Mais là encore, cette exception a été sévèrement réglementée. Cette autorisation ne sera valable que s'il n'existe pas de substitut. La directive sera effective en 2005. En d'autres termes, à partir de cette année, l'utilisation de l'amiante ne sera plus autorisée sur le territoire européen.
    La décision prise par la commission européenne est significative à plusieurs égards. Les canadiens avaient jusque-là minimisé les conséquences du problème de l'amiante, notamment en brandissant l'argument d'un usage contrôlé de l'amiante. On rappellera que la France avait été le huitième pays européen à interdire l'amiante. La mesure avait été prise à l'issue d'une enquête de l'INSERM, dont les résultats, avait été contesté, par le Canada qui avait estimé à plus de 2.000 le nombre de décès liés à des expositions à l'amiante.

    Citant, une étude publiée tout récemment par la très crédible revue scientifique " The Lancet ", le journal Le Monde a souligné, dans son édition d'hier, que le nombre de décès par mésothéliomes (cancers de la plèvre spécifique de l'amiante) en Europe de l'Ouest, estimé aujourd'hui à 5.000, pourrait doubler dans les vingt prochaines années. Par ailleurs, dans les 35 ans à venir, 250.000 décès masculins liés à l'amiante sont prévus en Europe occidentale. Des chiffres qui donnent donc à réfléchir.
    La directive européenne qui interdit l'amiante risque en principe d'avoir des conséquences auprès des pays en voie de développement où l'usage du matériau se poursuit toujours en l'absence de réglementation. Le Maroc, qui consomme environ près de 5.000 tonnes d'amiante par an (essentiellement dans le domaine de l'amiante-ciment) est directement interpellé. Un projet de réglementation existe. On peut déplorer le retard qui caractérise ce dossier. Les décès du à l'amiante, qui ont été enregistrés parmi les travailleurs, n'y ont rien changé. Ces réactions timides semblent résulter de la surévaluation de considérations économiques au détriment d'impératifs de santé.

    Mohamed BENABID

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