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    Economie

    La gestion quantitative de portefeuille: Active ou passive?

    Par L'Economiste | Edition N°:503 Le 10/05/1999 | Partager

    · Si le marché est très efficient, choisissez le mode passif, sinon c'est à vous d'anticiper

    · La gestion active repose sur une grande aptitude d'anticipation du risque et de la rentabilité
    des valeurs


    Qui dit concurrence dit quête de coûts moindres. Même les marchés financiers n'échappent pas à cette logique. Les sociétés de bourse sont en effet continuellement à la recherche de possibilités de gestion à moindres frais. Cette tendance s'est renforcée par le développement de l'approche quantitative de gestion de portefeuille. M. Pascal Grandin, professeur et spécialiste financier, invité le 14 avril par Premium Formation & Conseil, en explique les contours.
    L'approche quantitative s'illustre à travers deux types de gestion: active et passive. Le choix entre les deux est tributaire de la nature du marché.
    La gestion passive se développe généralement dans un marché extrêmement efficient. L'idée de départ est l'impossibilité de battre la performance du marché sur les moyen et long termes. Les gestionnaires restent donc collés à l'indice de référence (benchmark), puisqu'ils ne peuvent pas faire mieux. A ce niveau, le gestionnaire recourt à la réplication par approximation. En plus clair, la composition du portefeuille tente de refléter approximativement les caractéristiques de l'indice de référence.
    Trois méthodes peuvent être utilisées dans ce cas. Le gestionnaire peut procéder par stratification: le choix doit porter sur des valeurs qui se comportent comme l'indice de référence. La société de gestion peut encore opter pour la réplication pure. Selon cette méthode, la composition du portefeuille est fonction de la pondération du benchmark. Des changements doivent être opérés suite aux calculs de l'indice.

    L'inconvénient c'est qu'il y a toujours un décalage entre l'heure de calcul de l'indice et celle de la transaction. A cela s'ajoutent les coûts de frottement de gestion engendrés par cette méthode.
    La gestion passive peut également être illustrée par la réplication synthétique. Celle-ci consiste en l'achat de titres du marché monétaire et de contrats à terme. Le défaut de cette méthode est qu'elle nécessite le versement d'un dépôt de garantie avec une rémunération inférieure au taux monétaire, sans oublier les coûts auxquels donne lieu le renouvellement des contrats.
    Par ailleurs, le gestionnaire peut créer un fonds indiciel par un «equity swap». Partant d'un contrat établi entre l'investisseur et le gestionnaire, ce dernier procède à un échange de valeurs obligataires contre des valeurs en action. Les performances des unes et des autres ne sont pas forcément les mêmes. Toutefois, en vertu du contrat, le gestionnaire s'engage à compenser la différence. Cette technique permet aux investisseurs d'acquérir des valeurs dont ils ne disposaient pas auparavant.
    En revanche, quand le marché, tout en étant efficient, connaît certaines anomalies, les sociétés de bourse tentent d'en profiter. «Des sociétés se trouvent, en cas de dérèglement du marché, cotées à des valeurs inférieures à leurs valeurs théoriques.

    La gestion active se propose dans ce cas par des mécanismes spécifiques qui permettent de rentabiliser l'exploitation de ces anomalies», explique M. Grandin. L'essence de ces mécanismes est d'opérer un choix entre les marchés de la place (action, monétaire et/ou obligataire).
    Si l'option du marché action est requise, il faut choisir le compartiment le plus porteur et les titres les plus rentables. Il est également déterminant de définir la durée de l'investissement. La sélection des titres est donc capitale. Elle peut se faire selon deux possibilités. Il est ainsi possible de sélectionner les titres en utilisant des données historiques (analyse technique) ou encore, avec des données prévisionnelles (analyse financière). A ce niveau, des anticipations de dividendes et de risques sont faites.
    La gestion active peut faire jouer la droite du marché. Il s'agit de tracer une droite qui reflète les prix d'équilibre des titres. Ce modèle met en évidence l'écart entre le taux de rentabilité offert par le marché des actions et celui des obligations d'Etat à long terme. Il montre aussi l'état de la rémunération du risque à l'intérieur du compartiment actions. L'obtention de la droite du marché démontre les valeurs surpondérées et celles sous-pondérées.


    Au Maroc, le marché est encore trop petit


    La démarche quantitative s'est développée suivant l'évolution de l'environnement financier. L'univers de gestion s'est caractérisé par une concurrence de plus en plus forte.
    La prise en considération des performance en benchmark a conduit vers une tendance à la démarcation qui se manifeste par une tendance à la baisse des coûts de la gestion des portefeuilles. Cela a conduit à une automatisation maximale du processus de gestion en limitant les interventions humaines.
    Dans une logique de gestion automatisée, l'intervention du facteur humain s'effectue a priori et a posteriori du processus de gestion.
    Au départ, il faut alimenter des modèles qui permettent une gestion automatisée, l'intervention humaine se fait donc à travers les analystes financiers qui construisent ces modèles. Puis, à la fin du processus de gestion il y a également intervention humaine en termes d'approche marketing. La formation des gestionnaires à la théorie moderne de portefeuille a facilité cette transformation par l'adoption de la démarche quantitative.
    Au Maroc, il en est autrement. Selon M. Grandin, il est en effet difficile de parler gestion quantitative vu l'étroitesse du marché. Par contre, il serait bénéfique d'adopter cette démarche sur le plan intellectuel.
    Etre capable de raisonner, non en termes d'arbitrage rentabilité/risque, mais prendre en considération d'autres éléments comme la durée de placement du titre...


    Khalid TRITKI

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