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    Economie

    L'inventeur de la fameuse kalachnikov vit dans la misère

    Par L'Economiste | Edition N°:469 Le 23/03/1999 | Partager

    · Célèbre et sans le sou

    · 50 millions d'exemplaires en circulation dans le monde

    · Viktor, le fils, sur les traces de son père


    L'homme qui a armé la moitié du monde vit seul aujourd'hui dans un modeste appartement trois pièces, décoré de meubles datant de l'époque stalinienne. Cinquante ans après son invention, Mikhaïl Kalachnikov, le père de la célèbre mitraillette russe, souffre de la solitude et du désintérêt complet de ses concitoyens. Il vit de son traitement modeste mais aurait pu devenir millionnaire s'il était né de "l'autre côté".
    Dans l'ex-URSS, le "camarade" Kalachnikov, héros national, n'a pratiquement rien touché pour ses multiples inventions, car ici les inventions réalisées dans le monde militaire ne sont pas brevetées, les concepteurs ne perçoivent pas d'honoraires correspondant au volume de production.
    M. Kalachnikov ne reçoit donc que de faibles sommes à titre de droits d'auteur contrairement à son "homologue" américain Eugène Stoner, créateur du fusil "M-16". Le général retraité habite à deux heures de vol de Moscou où il occupe le poste d'ingénieur en chef de l'usine d'armements.

    Guidage laser


    C'est son fils qui a pris la relève maintenant. Viktor Kalachnikov suit fidèlement les traces de son père. Sa plus récente invention, le pistolet mitrailleur Bizon-2, vient d'être achetée à grande échelle par la police russe. "Cette nouvelle arme est dotée d'un système de guidage laser", fait observer Kalachnikov fils. Elle lui a été achetée en 1998 par le Ministère de l'Intérieur, explique-t-il non sans fierté. C'est l'arme idéale pour la protection des personnalités importantes en raison de sa petite taille (environ 40 cm), de sa puissance de feu et de la capacité de son chargeur (70 balles de 9 mm)
    Cet homme de 56 ans a commencé sa carrière en 1967. Depuis, il a inventé et participé à la création de plus de 20 types de fusils, tous inspirés du Kalachnikov inventé en 1947 et dont 50 millions d'exemplaires sont utilisés dans le monde.
    Toutefois, père et fils partagent la même amertume. En dépit de leur célébrité, ils ne se sont pas enrichis grâce à leurs inventions. Viktor Kalachnikov travaille pour une firme détenue à plus de 50% par l'Etat et ne perçoit rien sur les ventes du matériel qu'il invente.
    Sa dernière trouvaille Bizon-2 est vendue au modeste prix de 350 Dollars l'unité alors que des versions de ce fusil d'assaut peuvent être achetées à 250 Dollars seulement. L'engin tire jusqu'à 100 mètres et les kalachnikov peuvent atteindre selon les versions des cibles à un kilomètre.
    Dépité, Viktor Kalachnikov précise que "son père et lui supportent mal la réalité russe et qu'ils dépriment à l'idée qu'ils auraient pu être riches un jour". Il aurait tellement voulu s'installer à son propre compte, mais les moyens lui font défaut.


    Rencontre M-16-Kalachnikov


    "J'ai conçu cette arme lorsque j'étais blessé durant la Seconde Guerre Mondiale, en octobre 1941", explique M. Mikhaïl Kalachnikov. "Les Allemands tuaient les Russes avec des armes Schmeisser, je me suis dit que je devais absolument inventer une arme automatique, et c'est devenu le but de ma vie", raconte-t-il.
    La Russie produit des kalachnikovs depuis 1948 et actuellement l'Armée Rouge et les armées des cinquante-cinq autres pays en sont équipées. Les experts estiment que la célèbre arme soviétique demeurera jusqu'à 2026. En mai dernier, Mikhaïl Kalachnikov a rencontré, au cours d'un voyage aux Etats-Unis, Eugène Stoner, l'inventeur du non moins célèbre M-16. "Je n'avais pas assez d'argent pour m'acheter un costume avant mon départ pour les Etats-Unis", se rappelle-t-il avec amertume. "J'ai grandi sous la dure discipline soviétique, j'ai voué toute ma vie à la patrie".

    Radia LAHLOU (AFP)




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