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Politique Internationale

Les loisirs de l'été : La lecture, passe-temps oublié

Par L'Economiste | Edition N°:243 Le 15/08/1996 | Partager


La lecture ne constitue pas le passe-temps favori des marocains en été. Seuls les romans et les best-sellers sont sollicités par les lecteurs. Le livre marocain n'est pas en reste cette année.


Avant d'être distancée par la télévision, la parabole et les jeux électroniques, la lecture faisait partie de ces petits plaisirs pour lesquels les véritables passionnés ne prenaient jamais assez de temps.

Pourtant, la période des fêtes de fin d'années est plus fructueuse pour les libraires que l'été. Les livres sont davantage offerts et lus sous les couvertures plutôt que sur les plages.

Néanmoins, si les ventes de livres ne sont pas massives, elles sont importantes pour quelques librairies bien situées.

L'intérêt se porte sur des lectures différentes en fonction de chaque période de l'année. Ainsi, en été, les lecteurs affectionnent surtout les romans "grand public". Ces derniers comprennent aussi bien les nouvelles parutions qui ont fait l'objet de critiques internationales, que les romans d'amour, de suspense ainsi que les romans policiers. Le choix des lecteurs s'opère selon des critères particuliers. Le nom de l'écrivain semble déterminant. Les auteurs américains célèbres sont par exemple très recherchés par les lecteurs marocains. Des noms comme Stephen King, Marry Higgins Clarck ou encore John Le Carré incitent le public à se lancer dans l'aventure des best-sellers.
En outre, la catégorie socioprofessionnelle des lecteurs conditionne leur préférence. M. Abdelkader Retnani, directeur des éditions Eddif, souligne qu'il existe trois segments de lecteurs.
Le premier est constitué des cadres supérieurs qui lisent plus en été.

Le deuxième segment comprend les jeunes cadres qui lisent moins en été par rapport au reste de l'année.

Le troisième est constitué des universitaires et des enseignants qui lisent de façon régulière toute l'année.

M. Retnani ajoute que les lecteurs se tournent surtout vers l'utile, la documentation et les ouvrages de référence. Ils s'intéressent à tous les livres qui interpellent la société marocaine. Les lecteurs étrangers portent également un grand intérêt à ce genre de livres. Le salon du livre tenu à Casablanca en novembre 1994 a réalisé des ventes de l'ordre de 12.000 livres dont 3.300 livres marocains dans le stand Sochepress.

Le livre marocain


Selon M. Retnani, le livre marocain connaît cet été une demande plus importante que celle de l'année dernière. Celui-ci apparaît généralement soit sous forme de roman, soit sous forme d'essai avec un prix excédant rarement 70 DH. Des romans tels que "Anissa captive" de Fatiha Boucetta ou des témoignages comme "Ma vie, mon cri" de Rachida Yacoubi connaissent un grand succès auprès des lecteurs. Cet intérêt croissant transparaît dans les différentes manifestations littéraires.

En novembre 1987, le premier salon du livre a été une véritable fête pour le livre marocain. Il a permis de promouvoir ce dernier grâce à la présence de personnalités prestigieuses du monde entier et à une exposition flatteuse des livres. Les salons qui se sont tenus depuis ont connu moins de succès. En fait, le livre marocain souffre d'un défaut d'information. Les lecteurs ne sont pas toujours au courant des nouvelles parutions. M. Mohamed Gounajjar, directeur livre de la société de distribution Sochepress, souligne que le rôle joué par les médias à ce niveau reste très insuffisant. Pour sa part, M. Retnani indique que la volonté politique a aussi un rôle à remplir dans ce sens, car la lecture est un vecteur de développement important.

Le Ministère de Communication pourrait inciter la télévision à diffuser plus d'émissions culturelles à des horaires de grande audition.

En fait, observe M. Gounajjar, l'édition et la diffusion du livre marocain sont encore à l'état embryonnaire, d'une part, faute d'informations, et d'autre part, faute d'une production importante du livre.

Prix des livres


Concernant les prix, les livres importés coûtent le double, sinon le triple, de ceux édités au Maroc. Le prix est un facteur important qui détermine la décision d'achat, voire le choix des lecteurs.

D'ailleurs, les libraires se plaignent que le prix des romans "grand public", les plus attractifs, se situe entre 150 et 250 DH.

En revanche, les collections de poche restent plus accessibles que les livres "grand format". Elles coûtent en moyenne 70 DH. De plus, ces collections sont très demandées, notamment en été, en raison de leur caractère pratique et fonctionnel. Parallèlement, les bandes dessinées connaissent aussi un succès relatif auprès du public au cours des mois de juillet et août. Cependant, M. Aziz Farsi, gérant de la librairie "L'Heure de lire", indique que "la situation est difficile". Les professionnels de la vente du livre souffrent de la concurrence ardue des bureaux de tabac et des bouquinistes. Les premiers pratiquent les mêmes prix tout en étant plus proches du public, tandis que les seconds pratiquent des prix qui varient entre 2 DH pour l'échange de livres et 10 DH pour leur vente.

Asmaa OUDGHIRI
& Rafik IKRAM

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