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    Le sport, nouveau secteur économique

    Par L'Economiste | Edition N°:196 Le 21/09/1995 | Partager

    De Larbi Ben Barek, disparu dans la misère, au Manchester United, coté en Bourse, il y a un monde. En fait, il y a une organisation intelligente des ressources, des marchés et un management transparent. Exactement les ingrédients qui font la différence entre le développement et le sous-développement.


    Le sport n'est pas encore un secteur émergent au Maroc, mais quelques signes sont là, très embryonnaires avec des chances de survie encore mal assurées. Pas la peine de tourner autour du pot: le sport est un indicateur de développement et les embryons de développement se trouvent dans les changements de comportements. Changements dans le secteur lui-même et autour de lui. C'est d'ailleurs pour cette raison que L'Economiste s'est porté comme partenaire dans le match barrage pour accéder au groupe mondial dans le cadre de la Coupe Davis, les 22, 23 et 24 septembre au stade Amal de Casablanca.

    Changements de mentalités


    L'arrivée des tennismen marocains jusqu'à ce niveau, qui plus est face à la France, était tout à fait inespérée.
    Elle a même surpris le calendrier de communication de la Société Générale qui avait patiemment associé son image au tennis marocain. Une aubaine pour la BMCI de reprendre la politique de sa maison mère, la BNP, qui est le sponsor de référence pour le tennis français.
    Pour l'instant, le sponsoring et la fabrication de vêtement ou matériel apparaissent comme le seul lien entre les affaires et le sport.
    Le vrai développement est un peu plus subtil.
    Les tennismen marocains se sont en quelque sorte "faits tous seuls", n'ayant guère d'autre soutien que leur famille plus les petites aides de la Fédération. Moult reproches en ont d'ailleurs été faits, à cette Fédération, comme aux pouvoirs publics ou aux sponsors. "Tout faux", réplique Saïd Nejjar, dont l'agence, Coor, se fait métier d'organiser des événements sportifs. "Il y a dans l'émergence de ces tennismen une leçon de sociologie et une leçon d'économie". Côté socio, c'est le changement de mentalités qui compte, non seulement se mesurer à des nations plus puissantes est très bon pour le moral, mais aussi et peut-être surtout, le sport apparaît comme une nouvelle opportunité où se créent de nouveaux modèles. Impossible de mesurer cela, mais c'est un tournant. Côté économie, le passage du sport à une organisation plus sophistiquée entraîne automatiquement l'apparition d'opportunités de travail, donc de valeur ajoutée.

    Professionnalisation de... l'environnement


    Moins d'amateurisme et de bonne volonté, plus de professionnalisme et de division du travail. De nouveaux acteurs économiques apparaissent alors qu'autrement ils n'auraient jamais existé, eux et les créations d'emplois qu'ils engendrent. Quand on a le problème de chômage que le Maroc a, ce n'est pas à négliger. Pas plus qu'il n'y a à négliger les changements de mentalités quand on redoute les tentations passéistes.
    Mais c'est loin d'être gagné. Le tour d'horizon que propose ce supplément de L'Economiste sélectionne justement les embryons porteurs d'évolution et les éléments qui au contraire résistent à cette évolution. Il arrive même, comme le relève ce supplément, que les deux aspects se mêlent.
    Ainsi, lorsque le Wac a voulu juste voir un peu plus clair dans ses recettes, il s'agissait d'un désir de moderniser. Il a confié à Adia la responsabilité de contrôler les billets d'entrée au stade. Un tiers-intervenant, responsable de son travail, limite automatiquement les risques de dérives. C'est un principe de gestion. Mais le contrat n'a pas duré une semaine. Encore aujourd'hui, six mois après l'affaire, aucune langue ne veut se délier pour expliquer qui exactement a fait pression pour le retour à la situation antérieure, et surtout pourquoi.

    De vastes zones ambiguës


    Autre cas d'ambiguïté: la détermination dont avait fait preuve Aouita pour constituer un patrimoine à partir de ses gains aux courses a fait l'objet de débats acharnés. Pour les uns, l'esprit du sport s'accommode mal de la présence de l'argent, pour d'autres l'argent est l'unique moyen de promouvoir le sport. Débats byzantins, tant qu'ils ne débouchent pas sur la conclusion qu'en sport, comme dans n'importe quel autre domaine, l'argent n'est ni bon ni mauvais en lui-même. Ce qui compte, c'est l'établissement de règles claires, transparentes et admises comme légitimes.
    Là encore, ce n'est pas gagné, mais le premier pas est en train de se faire.

    Nadia SALAH

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