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    Les records du monde de primes

    Par L'Economiste | Edition N°:196 Le 21/09/1995 | Partager

    Les sportifs sont entrés dans le cercle des milliardaires. Un petit tour du monde de leurs gains mirobolants

    Excusez du peu, mais le record battu par Mike Tyson, le 19 août 1995, est sans doute à placer dans la catégorie "imbattable", en tout cas dans l'état actuel des gains des sportifs les mieux payés du monde: le géant noir, montagne de muscles et d'énergie pure, a gagné ce jour-là, sur une scène de Las Vegas, 25 millions de Dollars en 89 secondes. On oubliera vite le nom de sa victime, Peter McNeeley, pour s'intéresser au nouveau match du recordman, le 3 novembre prochain, contre Buster Mathis Jr. Pour quel montant? Cette information est encore secrète, le contrat étant en fait en cours de négociation entre les hommes d'affaires et les chaînes de télévision "pay per view" où le téléspectateur paye pour voir le programme qu'il souhaite. Très cher, dans le cas d'un match de Mike Tyson. Toujours est-il que les sommes en jeu donnent le vertige et feraient presque passer les joueurs de tennis de la Coupe Davis pour des nécessiteux. Car ces derniers, aussi bien organisés soient-ils sous la houlette, pour les meilleurs d'entre eux, du manager de sportifs Mark McCormack, n'entrent que pour partie négligeable dans la liste des sportifs les mieux payés du monde.

    Ici, avant de poursuivre, un avertissement au lecteur s'impose. Les chiffres que nous allons évoquer sont malheureusement approximatifs. Non que nous les ayons mal évalués! Mais le problème vient du fait que les sportifs de très haut niveau, donc les plus riches, s'ils pratiquent un sport lucratif, ne révèlent que partiellement leurs gains. Ceux qu'ils perçoivent en pratiquant leur sport sont souvent minimes -un dixième du revenu de 30 millions de Dollars du basketteur Michael Jordan en 1994-, en comparaison avec ce que leur offrent les firmes dont ils acceptent de faire la publicité. Mais autant les primes versées sur les terrains de sport sont connues (et encore!), autant les contrats avec les fabricants de vêtements de sport, de tee-shirts ou de n'importe quel produit sont pratiquement impossibles à connaître... Ce qui n'interdit pas les évaluations.'

    Tension chez les sponsors


    Experts en matière de fortunes colossales, les journalistes de la revue américaine Forbes, qui fait autorité, se penchent chaque année sur les comptes mirifiques du sport. On attend avec impatience -pour la fin décembre- la liste de tous ceux qui auront été laissés sur place par Mike Tyson en 1995. Mais les chiffres de 1994, les derniers publiés, ne devraient pas être bouleversés. Premier l'an dernier, et sans doute second cette année: le basketteur Michael Jordan. Second en 1994: Shaquille O'Neal, lui aussi basketteur, a gagné 16,5 millions de Dollars. Ses hommes d'affaires organisent chaque année une sorte de grande foire aux enchères, pour faire monter la tension chez les sponsors. Les chaussures Reebock, Pepsi-Cola, une compagnie de disques et une autre de vidéo se sont partagé l'honneur de figurer sur son maillot. Les troisième et quatrième sportifs les mieux payés furent deux fameux joueurs de golf: Jack Nicklaus et Arnold Palmer, avec respectivement 14,5 et 13,8 millions de Dollars. Puis, dans un mouchoir de poche, apparaît le premier Européen: Gerhard Berger, le coureur automobile. Côte à côte avec Wayne Gretzky, un joueur américain de hockey sur glace, on trouve à 12 millions de Dollars les boxeurs Michael Moorer et Evander Holyfield. Puis, enfin, les premiers tennismen: André Agassi (11,4 millions) et Pete Sampras (10,6 millions). Le sport est encore une affaire d'hommes: la première et seule femme, la tenniswoman allemande Stefi Graff est en 19ème position, mais on ne trouve dans ce "Top 40" qu'un seul joueur de football: l'Italien Roberto Baggio, auquel on donnerait bien une petite pièce en se demandant comment il a pu faire pour vivre avec "seulement" 5,3 millions de Dollars en 1994.

    Dans cette liste, les Américains sont largement en tête avec 26 noms, et les basketteurs, golfeurs, joueurs de base-ball et autres boxeurs se taillent la part du lion: autant de sports éminemment télégéniques, générant donc de fortes audiences, de fortes rentrées publicitaires et de très gros contrats d'exclusivité pour les sportifs. Les temps ne sont plus, dans ce monde des sportifs gagnant un argent colossal, aux fortunes rapidement faites et tout aussitôt englouties. Sauf exception, les grands sportifs sont aussi de grands hommes d'affaires, sachant gérer leurs revenus princiers avec des spécialistes compétents, et les placer dans des investissements rentables. Mark McCormack restera à cet égard un pionnier. En s'attribuant 10% des gains des joueurs de tennis ou de golf -ses deux grandes spécialités- en contrat avec lui, et 25% des revenus publicitaires qu'il leur a permis d'obtenir, il s'est bâti un appareil économique de première importance, tout en donnant à "ses" sportifs la possibilité de devenir eux-mêmes des hommes d'affaires. Pour mieux assurer leur notoriété, et faire parler d'eux plus souvent, McKormack a même inventé un classement mondial des joueurs de golf et de tennis, qui fait autorité. Pour ceux qui l'ignoreraient encore, le sport est devenu une véritable industrie...

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