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    L'art de l'abandon, selon Drucker

    Par L'Economiste | Edition N°:312 Le 08/01/1998 | Partager

    Abandonner un produit s'avère plus «payant» que de le garder. S'intéresser de près aux hommes aussi. La notion de changement doit faire partie intégrante des structures de l'entreprise.


    Pour Peter Drucker, «Nous nous trouvons manifestement au coeur d'une période de mutation... la transformation ne se confine pas à l'Occident... l'échelle est désormais mondiale».
    Dans cette société, le savoir représente véritablement une ressource pour les individus comme pour l'ensemble de l'économie. C'est la raison pour laquelle la société du savoir est également une société des organisations. Le but et la fonction de celle-ci est d'intégrer les connaissances spécialisées dans une tâche commune.

    Innovation systématique


    Pour les responsables d'entreprises, la dynamique du savoir entraîne un impératif clair: chaque organisme doit intégrer la gestion du changement dans sa structure même.
    En d'autres termes, cela signifie que chaque entreprise doit savoir abandonner ce qu'elle fait. La question cruciale que doivent se poser les chefs d'entreprise d'après Drucker est la suivante: «Si nous ne le faisions pas déjà, sachant ce que nous savons aujourd'hui, entreprendrions-nous de le faire?»
    Si la réponse à cette question est négative, il faut tirer la sonnette d'alarme et agir. Il va falloir apprendre à planifier l'abandon au lieu de tenter de prolonger la durée de vie d'un produit qui marche pas bien. Aujourd'hui seuls les Japonais y sont arrivés.
    D'autre part, l'entreprise doit s'investir dans la nouveauté. Pour cela elle doit avoir recours à trois pratiques systématiques:
    - La première consiste en l'amélioration continue de toutes ses activités. L'objectif est de perfectionner un produit ou un service de façon à se trouver au bout de deux ou trois ans avec un produit ou service radicalement différent.
    - La seconde: Toute entreprise devra apprendre à exploiter son savoir, développer de nouvelles générations d'applications à partir de ses propres succès; comme ont réussi à le faire les Japonais avec brio en développant produit sur produit à partir d'une seule et unique invention, qui plus est américaine: le magnétophone.

    - Pour la troisième, les entreprises doivent apprendre à innover et à faire de l'innovation un processus systématique. Inévitablement on revient à l'abandon. La boucle est bouclée. Sinon l'entreprise fondée sur le savoir risque l'obsolescence, une baisse de sa performance et des pertes quantifiables en termes de parts de marché.

    La contrepartie du pouvoir


    C'est pour tout cela que la structure de l'entreprise doit permettre une prise de décision rapide, sachant qu'elle se trouve en situation de mouvance et de bouleversements. Ses propres besoins évoluent si vite qu'elle est constamment appelée à modifier sa demande en compétences et en savoir.
    Le problème, c'est que chacun de ses bouleversements se traduit par un drame pour la collectivité, car ils sèment la confusion et perturbent les habitudes. La prise de décision paraît injuste et détruit immanquablement des équilibres souvent fragiles. Comment y remédier? Chaque organisation repose sur un système de valeurs déterminées par sa tâche. L'objectif de chaque entreprise est de produire et distribuer un bien et un service. Des succès remarquables seront réalisés chaque fois que le personnel sera convaincu que son activité est absolument indispensable à la collectivité et à la so-
    ciété.
    L'entreprise n'a pas l'unique responsabilité d'être performante économiquement.
    L'autre responsabilité incombant à l'entreprise concerne le personnel. C'est une responsabilité sociale.
    Au sympathique refrain «nos collaborateurs sont notre plus grande richesse» les entrepreneurs devraient en substituer un autre «leur accordons-nous vraiment toute l'importance qui se doit?».
    Les dirigeants d'une organisation doivent croire dur comme fer que la mission leur incombant est vitale pour la société. S'ils ne sont pas animés de cette foi, l'organisation perdra confiance en soi, sa fierté et son efficacité.

    Radia LAHLOU

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