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    L'argent ne suffit pas

    Par L'Economiste | Edition N°:2364 Le 19/09/2006 | Partager

    . Les Etats-Unis dominent et continueront de dominer l’enseignement. Le mystère de la performance éducativeIl est bien regrettable que le Maroc ne fasse pas partie du réseau des pays sous revue de l’OCDE: cela permettrait des comparaisons plus sûres dans bien des domaines, en particulier l’éducation; laquelle coûte très cher à la collectivité, via le Budget ou directement de la poche des parents…L’école et plus particulièrement les universités –et/ou les grandes écoles- ne sont pas que des lieux de dépenses. Ce sont aussi des lieux d’engagements stratégiques. Les gouvernements leur accordent autant d’importance qu’aux composantes de la compétitivité, à ceci près que le retour sur investissement ne se fait qu’à bien plus long terme.A l’échelle mondiale, l’Europe se plaint d’être «à la traîne». Les Etats-Unis dominent très largement la formation de haut niveau: ils ont 17 des 20 «plus grandes universités», deux autres se trouvant en Grande Bretagne et la dernière au Japon. S’il y a un lien entre PIB et Université, alors la domination américaine (30% du PIB mondial aujourd’hui) a encore de beaux jours devant elle. Ce qui signifie aussi qu’il ne faut pas décourager, mais au contraire encourager l’inscription des meilleurs élèves marocains dans ces universités, et sur le plus long terme, favoriser les stages de professeurs.Les Etats-Unis sont de très loin le pays qui accueille le plus d’étudiants étrangers, 25%, un sur quatre, ce qui est énorme. Mais depuis 2000, cette part a brutalement chuté à hauteur de 21%. On attribue cette chute brutale à l’une des conséquences des mesures de sécurité liées aux attentats. Inversement, la France, destination qui intéresse beaucoup le Maroc, enregistre une croissance significative: le taux passe de 6% à 9% de ses effectifs universitaires. A l’échelle mondiale cependant, seuls les Etats-Unis et la Grande Bretagne dépassent les 10% d’effectifs étrangers parmi leurs étudiants.La domination scientifique américaine, via ses universités, est pourtant paradoxale: ce pays n’est pas le meilleur en matière d’enseignement primaire et secondaire. On compte une quinzaine d’élèves par professeur au primaire comme au secondaire, alors que la majorité des autres pays chargent moins leurs enseignants. La Corée est présentée comme un pays ultraperformant en matière d’éducation. Pourtant, il y a 18 élèves par professeur au secondaire et 29 au primaire. De même, l’Allemagne, que l’on donne volontiers en exemple, charge plus ses classes que l’Italie ou la Grèce que l’on ne présente pas comme très performantes. En ce qui concerne le Maroc, pas de comparaison possible: ces chiffres n’existent pas ou ne sont pas rendus publics! Grosso modo, simplement en divisant le nombre d’élèves par le nombre d’enseignants, on obtient un peu plus de 22 élèves par personnes. Cette proportion est grossière, car on ne sait pas au Maroc combien d’enseignants ont effectivement des tâches d’enseignement, et non pas des tâches administratives ou autres ou encore… pas de tâche du tout. Sur la seule académie de Casablanca, si l’on rapporte le nombre d’enseignants au nombre d’élèves, on trouve… cinq enfants par personne! Ce qui n’a aucun sens.Devant ces paradoxes, qu’est-ce qui fait qu’un système est plus performant qu’un autre?L’OCDE a cherché du côté du matériel éducatif pour découvrir qu’en moyenne, les pays de l’OCDE investissent 20% de leur budget dans ce poste. La Corée, elle, y investit 30%, tandis que le Mexique, le Portugal et la Belgique sont au-dessous de la barre des 10%.La France et les Etats-Unis ont beaucoup développé les postes de travail non-enseignants, la première pour des raisons de lutte contre le chômage, les seconds pour améliorer la socialisation des enfants des minorités. Tous les deux y investissent plus de 25% de leur budget total et presque deux fois plus, proportionnellement, que dans le matériel.On ne surprendra personne en disant que les investissements les plus élevés sont effectués dans les universités américaines et canadiennes, avec respectivement 2,7% et 2,3% du PIB. En revanche, on voit bien monter le challenger coréen, qui déjà consacre plus de 2,5% de son PIB et qui le concentre d’ailleurs sur le secteur des nouvelles technologies.En moyenne, les pays de l’OCDE dépassent 1 à 1,5% de leur PIB dans leurs universités.Certes, l’investissement dans l’éducation conditionne largement le résultat à la sortie, mais ce facteur n’explique pas tout: il lui manque toujours l’implication des enseignants et surtout la culture du pays, favorable ou non à l’éducation.


    Combien gagne-t-on grâce aux études?

    Cette question est quelque peu tabou: dans bien des pays, on refuse de la poser sachant qu’elle entraîne inexorablement vers l’évaluation et qu’il n’y a rien que l’éducation déteste plus que l’évaluation!L’OCDE a tenté une approche qui d’ailleurs fait polémique.Dans les pays de l’OCDE, le salaire en moyenne est multiplié par 1,6 par rapport à la rémunération de la fin du secondaire.La Grande-Bretagne et le Canada se situent au-dessus de cette moyenne; la France ou la Corée, dans la moyenne; et les Etats-Unis, en dessous… ce qui ne décourage pourtant pas les étudiants… de payer de leur poche leurs études, soit en moyenne 4.500 dollars par an et par tête. N.S.

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