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    L'enseignement supérieur privé en phase de maturation

    Par L'Economiste | Edition N°:2364 Le 19/09/2006 | Partager

    . La fièvre de la double diplômation gagne le public. La première étape de la réforme laisse un goût d’inachevé Deuxième pilier de l’architecture de la réforme LMD (Licence-Master-Doctorat) à être adopté à partir de cette rentrée dans l’enseignement supérieur public, le master marque une rupture. A partir de la rentrée 2007-2008, les études de médecine, qui revendiquaient encore, il y a quelque temps, «une exception culturelle», subiront un réaménagement de manière à coller au schéma de la réforme de l’enseignement supérieur. Au toilettage des spécialités, le grand changement sera de briser la règle du «tout ou rien» par l’introduction des passerelles. L’étudiant ne serait plus condamné à finir tout le cursus sous peine de perdre tout. La possibilité d’une réorientation vers une autre filière crée une flexibilité pour ceux qui parmi les jeunes s’étaient retrouvés par défaut à la faculté de médecine.Pour l’instant, et c’est un peu étonnant, ce mouvement ne touche pas les écoles d’ingénieurs, ni les écoles de commerce et de gestion. La plupart ont à titre individuel introduit des programmes de masters. D’autres s’apprêtent à faire accréditer de nouvelles filières. Pourtant, il va falloir accélérer et étendre le schéma LMD à toutes les écoles pour ne pas se retrouver avec un système à plusieurs vitesses.Dans l’esprit du deuxième étage de la fusée de la réforme, le «master», il s’agit de développer chez les jeunes la capacité à mettre en œuvre des situations réelles. Mais la première phase laisse un goût d’inachevé. Pour des contraintes diverses, la majorité des facultés a choisi d’ignorer les filières professionnalisantes encouragées pourtant par les pouvoirs publics afin de combattre le chômage des jeunes et offrir une opportunité à ceux qui auront fait le choix de ne pas «s’éterniser» dans les amphis. Résultat: les masters professionnels vont probablement passer en pertes et profits. Faute d’évaluation du système dans son ensemble, cette lacune risque de passer inaperçue. Il faut juste rappeler que le régime LMD lancé par le «processus de Bologne» se veut avant tout un passeport intraeuropéen, levier qui aura permis d’harmoniser les cursus de formation et, in fine, de favoriser la mobilité sur le marché de l’emploi dans l’Union européenne.. Le marché est en train de se structurerPour des pays tiers comme le Maroc, l’intérêt d’avoir collé à ce dispositif est aussi d’acquérir un certificat respectabilité de son système d’enseignement auprès de ses partenaires. Le package est global, et il faut le prendre en tant que tel au risque de se faire disqualifier au niveau international.Dans le privé, malgré des incohérences politiques à l’égard de l’enseignement privé, les opérateurs ont anticipé l’essentiel des évolutions et des impératifs du processus de Bologne, le schéma LMD grâce à la flexibilité dans le processus de décision. D’après une réglementation archaïque, les établissements supérieurs privés n’ont pas le droit de délivrer des titres académiques officiels -Licence, Master et Doctorat- en attendant que le mécanisme d’accréditation devienne opérationnel (il faudra vaincre les hésitations). Ce qui n’a pas empêché le secteur d’aller de l’avant en s’inscrivant dans une architecture reconnue et lisible.Pendant ce temps, au lieu de se focaliser sur une vraie régulation qui assainirait le secteur et d’aider les écoles privées à «muscler» la qualité des titres qu’elles délivrent, la tutelle (l’Enseignement supérieur) s’est lancée dans une guérilla de mises en demeure envers les établissements. Le marché, lui, a depuis longtemps reconnu la qualité du produit du secteur privé même si tout n’est pas parfait. De toute façon, le problème de fond ne tient pas à l’appellation des diplômes, mais au contenu, analyse Thami Ghorfi, président du groupe ESCA Management. La plupart, pour ne pas dire la quasi-totalité des établissements d’enseignement supérieur privé, ont développé des programmes de double diplômation dans lesquels, il faut l’avouer, il n’est pas toujours facile de se retrouver. La fièvre a gagné aussi le secteur public, notamment les écoles d’ingénieurs. Après les diplômes délocalisés dans les années quatre-vingt-dix, la «mode» est à la double diplômation. Dans le portefeuille du secteur, c’est devenu une carte incontournable et malheur à l’établissement qui n’en prévoit pas. Est-ce la condition sine qua non pour gagner la confiance des parents et de jeunes étudiants? Pas forcément, justifie un opérateur. La double diplômation est une manière de s’inscrire dans la globalisation et dans l’ouverture internationale «à condition de la greffer à un projet pédagogique». Dans tous les cas, double diplômation ou pas, un programme ne peut durer dans une école s’il n’est pas crédible sur le marché. Ce phénomène, quoi qu’on en dise, est une pression pour améliorer les standards dans le secteur. Il peut aussi positionner le Maroc comme plateforme de la formation sur le continent. Ce qui est certain, c’est que le marché est en train de se structurer, à en croire les professionnels. Parents, cadres en formation en part-time ou jeunes bâcheliers commencent à faire la différence entre les écoles crédibles qui ont des standards élevés en termes de qualité, et celles qui déploient une offre sans un réel projet pédagogique intrinsèque. La météo semble plus que jamais porteuse pour les établissements d’enseignement dans le privé. Certains prévoient une hausse de 20 à 30% de leurs effectifs par rapport à l’an dernier. Les bons résultats du bac -des milliers de bacheliers sur le marché (102.000 en juin 2006)- rejaillissent sur les prévisions d’inscription. Il apparaît aussi de plus en plus de jeunes qui ont pour premier choix l’école privée avant les guichets des facultés. Par ailleurs, les difficultés de décrocher le visa d’études à l’étranger a réorienté un gros contingent de recalés vers les établissements privés. Abashi SHAMAMBA

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