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    Dossiers

    L'anarchie gagne la formation aux métiers de santé

    Par L'Economiste | Edition N°:2364 Le 19/09/2006 | Partager

    . L’Etat-régulateur est complètement absent. La cote des lauréats a dégringolé à l’étrangerA l’explosion de la demande pour les professionnels de la santé, le marché répond par une déferlante de l’offre. La création des écoles de formation aux métiers de la santé a explosé depuis quelques années afin d’accompagner une demande galopante. Ceci rappelle à certains égards l’engouement affiché pour des disciplines comme la gestion et l’informatique à la fin des années 80. Deux facteurs-clés sont derrière la frénésie que connaît la filière paramédicale. D’abord, le vide laissé par la fermeture, durant plusieurs années, des Instituts de formation aux carrières de santé (IFCS). Ces derniers jouaient un rôle central dans l’irrigation du système de santé en ressources humaines. La décision de suspendre leurs activités était motivée par des considérations de rationalisation des dépenses publiques, explique-t-on. La deuxième raison concerne l’attrait de l’expatriation. Il n’est un secret pour personne que des pays comme la France, la Suisse ou le Canada sont très friands d’infirmiers et d’aides-soignants suite à l’augmentation de la population du troisième âge. Une population consommatrice de prestations de santé. Les maisons de retraite et les centres de soins pour personnes âgées sont toujours à la quête de personnel paramédical performant et offrent des avantages suffisants pour aiguiser l’appétit de jeunes pour l’immigration. Partir à l’étranger est même considéré par les responsables des écoles comme un avantage dans la mesure où la personne fraîchement diplômée part acquérir de l’expérience et revenir servir son pays. Personne ne s’avance en revanche sur le taux de retour. Certains ne s’embarrassent pas de mentionner dans la brochure de présentation la possibilité de décrocher un contrat de travail en France. D’autres, plus discrets, se contentent de mentionner que leurs écoles ont des partenariats avec des établissements étrangers et promettent aux candidats des stages à l’étranger. Il s’agit en fait d’une autre manière d’accompagner les jeunes dans leur souci de partir en Europe. «60% de mes camarades de promotion sont partis travailler en Europe», explique une étudiante de l’Institut professionnel des carrières de santé (IPCS). . Le coût de la formation est négociable Il ne faut pas être très intelligent pour comprendre qu’il s’agit d’un fonds de commerce juteux pour de nombreux promoteurs. La preuve est que la majorité de ces écoles ne disposent pas du matériel pédagogique et didactique nécessaire. Pour s’équiper selon les standards internationaux, il faut un minimum d’investissement en matériel souvent coûteux. En plus, la pénurie du staff enseignant pose avec acuité la problématique de la qualité de l’encadrement. Les médecins et les professeurs des Facultés de médecine ainsi que les infirmiers aguerris ne sont pas légion. En tout cas ceux qui sont tentés par l’enseignement. La loi de l’offre et de la demande leur permet de fixer la barre très haut côté honoraires. La majorité des écoles de santé, qui sont souvent localisées dans des quartiers populaires, ne peuvent supporter de telles charges et maîtriser des contraintes aussi rigoureuses. Pourquoi? Tout simplement parce qu’ils donnent la possibilité au candidat de négocier le coût de la formation. Ce dernier se situe en moyenne autour de 17.500 DH par an. Ce montant suffit-il à faire face aux charges évoquées plus haut et dégager une petite marge et offrir une qualité de formation correcte? Pas sûr. Et pourtant c’est une pratique assez courante afin d’aider les plus démunis à se scolariser, prétendent certains responsables d’établissements. En fait, il s’agit d’une manière détournée pour réaliser le maximum de profits au détriment de la qualité de la formation. D’ailleurs, de l’autre côté, on n’a pas mis longtemps pour s’en apercevoir. Beaucoup de lauréats marocains sont soit embauchés en tant qu’aides-soignants alors qu’ils sont à l’origine des infirmiers polyvalents, soit carrément disqualifiés. C’est le revers de la médaille.Et l’Etat dans tout ça? Non seulement les pouvoirs publics ne s’assurent pas de la qualité de la formation en laissant les étudiants livrés au marchandage, mais ils leur imposent un fardeau supplémentaire. Ces derniers sont obligés de payer 200 DH pour chaque mois de stage dans ses hôpitaux. Il s’agit d’une charge qui vient se greffer à une facture déjà salée pour des étudiants majoritairement issus de milieux défavorisés.


    Tous infirmiers polyvalents

    Dans le vaste éventail des carrières de santé, deux métiers monopolisent l’attention des candidats: infirmier polyvalent et kinésithérapeute. Le premier fait l’objet d’un terrible engouement surtout de la part du sexe féminin. La formation est assurée à la fois par les IFCS et le secteur privé. La filière est ouverte aux bacheliers toutes séries ou d’un diplôme équivalent après sélection. Le cursus qui dure trois ans alterne la théorie et la pratique. En première année, les étudiants reçoivent des enseignements en informatique, en management, en anglais et en droit. Pour les kinésithérapeutes, un bac scientifique est nécessaire. En revanche, la durée de la formation ne change pas. La profession qui est plus masculine que féminine offre beaucoup de débouchés. Les kinésithérapeutes peuvent exercer en milieu hospitalier, en cabinet privé, dans un centre de rééducation ou dans un club sportif. Les débouchés sont vraiment pluriels. Morad EL KHEZZARI

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