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    L'affaire CNCA dans l'oeil du cyclone

    Par L'Economiste | Edition N°:907 Le 01/12/2000 | Partager

    . Plus de six mois après le début de l'instruction approfondie, rien ne laisse entrevoir le cours que prendra l'affaire. Les familles des 20 prévenus, toujours en détention provisoire, espèrent une accélération de l'enquête. Les prévenus libérés ont repris leur travail et attendent le jugement finalL'affaire de la Caisse Nationale du Crédit Agricole (CNCA) entre dans une zone d'accalmie. Après la tempête qu'elle avait soulevée lors de son déclenchement, elle retrouve le rythme des affaires courantes. Pourtant, les libertés provisoires accordées l'été dernier avaient donné l'impression que le dossier s'acheminait vers un dénouement rapide. Il n'en est rien. L'instruction approfondie menée par le juge M. Sabi Bouabid est tortueuse. L'affaire est tellement compliquée qu'elle ne se prête pas à un traitement à la hâte. Six mois sont déjà passés depuis son déclenchement et rien ne laisse présager le cours qu'elle pourrait prendre.Pour l'heure, des auditions et confrontations sont régulièrement tenues entre l'ex-directeur général, M. Rachid Haddaoui, et les cadres de la banque mis en accusation. M. Haddaoui est le dernier sur la liste des personnes à interroger dans le cadre de l'instruction approfondie. Ses propos sont déterminants pour le cours de l'affaire. Ils le sont également pour son sort dans l'immédiat ainsi que pour celui des 20 prévenus toujours en détention à la prison de Salé. M. Haddaoui n'est pas en liberté provisoire, contrairement à certaines informations publiées par la presse. Le juge a autorisé son transfert au pavillon des prisonniers de l'hôpital Avicenne à Rabat pour des raisons de santé. Il y est encore aujourd'hui.Sa mise en liberté provisoire n'est cependant pas exclue. Selon des sources proches du dossier, M. Ouafi Hamami, le principal accusé dans l'affaire, l'aurait innocenté lors d'une confrontation de toute implication dans les dépassements constatés au niveau de l'attribution des crédits. Les mêmes sources affirment que M. Hamami aurait été victime de mauvais traitements lors de l'enquête préliminaire de la Police Judiciaire.. Signe de détenteLa lenteur accusée par l'enquête approfondie dans ses dernières phases préoccupe les familles des 20 prévenus encore en détention provisoire. Elles espéraient que le mois de Ramadan mettrait fin au calvaire de leurs parents. Mais ces derniers doivent apparemment attendre encore. Il faut que le juge termine avec M. Haddaoui avant d'entrevoir la possibilité d'une mise en liberté provisoire.Pour les personnes déjà libérées, elles ont pour la plupart retrouvé le cours normal de la vie. Les cadres qui étaient en fonction à la CNCA ont tous regagné leur poste. La banque ne leur reproche rien de particulier. D'ailleurs, dans une déclaration remise au juge d'instruction le 12 juin dernier, le représentant de la CNCA, M. Mustapha Fedali, maintient la plainte déposée contre les trois principaux accusés dans l'affaire, MM. Ouafi Hamami, Youssef Dehassi et Abdelaziz El Gous. Pour les autres, il est clairement souligné que la CNCA n'avait pas de plainte à déposer à leur encontre.Seul le jugement final pourrait cependant rendre la sérénité aux prévenus. Certains trouvent dans la pause actuelle un signe de détente. D'autres n'y voient que le calme qui précède la tempête.


    La chronologie des faits

    24 avril 1995: M. Abdallah Lahlou est nommé directeur général de la CNCA à la place de M. Rachid Haddaoui. Un appel d'offres international pour l'audit de la banque est aussitôt lancé.17 juillet-15 septembre 1995: Audit du cabinet KPMG. Le rapport final, rendu le 2 octobre de la même année, relève des dépassements au niveau de l'attribution des crédits.22 avril 1996: Un rapport secret de la Banque Mondiale fait état de «jugements hâtifs manquant d'objectivité et d'impartialité sur plusieurs points« de la part de KPMG. Le rapport parle également de «climat de chasse aux sorcières« au sein de la CNCA. Juin-octobre 1996: L'Inspection Générale de la CNCA procède à plusieurs enquêtes qui pointeront du doigt deux cadres: MM. Hamami et Dehassi.26 juin 1997: Le DG de la CNCA demande au ministre de l'Agriculture, M. Hassan Abouyoub, de les traduire en justice.6 août 1997: M. Abouyoub saisit son collègue de la Justice, M. Omar Azziman, pour ordonner une enquête publique.Octobre 1997: Début de l'enquête préliminaire de la Police Judiciaire.13 août 1998: Une plainte complémentaire est déposée par la banque contre M. El Gous suite à des enquêtes supplémentaires de l'Inspection Générale.5 mars 1999: La PJ remet son rapport au Ministère de la Justice. 39 personnes y sont accusées de détournement de fonds et de dilapidation de deniers publics…28 avril 2000: M. Azziman ordonne au procureur du Roi près la Cour Spéciale de Justice de procéder à l'enquête et au dépôt des 39 personnes.22 mai 2000: Incarcération des prévenus.12 juin: La CNCA maintient dans sa déclaration à la justice sa plainte contre les trois prévenus mis en cause par les rapports de l'IG et exclut les autres personnes citées par la PJ.30 juin: Arrestation de l'ex-directeur général de la CNCA.22 août: Début de l'instruction approfondie.29 août: Mise en liberté provisoire des premiers mis en accusation. C'est le début de la détente.L'affaire est toujours en cours. O. M.
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