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El Malki remotive les agriculteurs de Larache

Par L'Economiste | Edition N°:538 Le 28/06/1999 | Partager

· 700 millions de DH pour la nouvelle plaine rive droite
· Les crédits inférieurs ou égaux à 10.000 DH seront pris en charge par l'Etat
· 40 millions de DH pour la création de 240.000 jours de travail


"La ville de Larache sera dotée de sa direction provinciale d'agriculture", a annoncé M. Habib El Malki, ministre de l'Agriculture et du Développement rural, aux agriculteurs de la ville.
En effet, le ministre, accompagné de M. Youssef Tahiri, ministre de
l'Energie et des Mines, ainsi que de Saâd El Alami, président de la région Tanger-Tétouan, a effectué une visite la semaine passée à la ville de Larache où il a inauguré le nouveau siège de la Chambre d'Agriculture. Le bâtiment d'une superficie de 1.100 m2 a coûté 1.500.000 DH.
En outre, la délégation ministérielle a visité la nouvelle plaine rive droite. Ce projet financé par la Banque Africaine de Développement et la Banque Arabe de Développement économique et social a coûté 700 millions de DH dont 58 millions réservés aux digues de protection des inondations.
Située dans la Province de Larache, cette plaine touche les communes rurales d'Ouled Oychih, Souken, Reissana Janoubia et Souk Toulba. Etalée sur une superficie de 7.014Ha, la plaine est divisée en quatre secteurs. D1: 691 ha (irrigation gravitaire); D2: 2.601 ha (irrigation par aspersion); D3: 832 ha (irrigation gravitaire) et D4: 1.620 ha (irrigation par aspersion).
La plaine est donc dotée de deux stations de pompage sur l'Oued Loukkos et sur l'ancien cour de l'Oued Al Makhazine d'une puissance de 10.000 KVA, soit l'équivalent de 26 pompes. Pour le réseau d'irrigation gravitaire, il est équipé en 65 km de canaux portés et 5,2 km de liaison entre la station de pompage et les bassins de régulation. Pour ce mode d'irrigation, l'eau qui coûte près d'un Dirham à l'Office Régional de Mise en Valeur Agricole du Loukkos (ORMVAL) est revendue à 0,11 DH à l'agriculteur.
Quant à l'irrigation par aspersion, ce sont 102km de canaux enterrés, 2 réservoirs surélevés, 332 bornes d'irrigation ainsi que 434 km de matériel d'irrigation. A ce niveau, l'eau sera revendue à 0.40 DH alors qu'elle coûte 1,20 à l'ORMVAL.
Par ailleurs, M. El Malki, comme à son habitude, cultive l'écoute et le contact avec les agriculteurs et répond à leurs
doléances. Ces derniers se sont en majorité plaints de leur dépendance de la Direction de l'Agriculture de Tétouan ainsi que de leurs dettes. Sur ces deux points, le ministre a été plus que rassurant: Larache aura sa propre direction. Pour les agriculteurs dont le crédit est inférieur ou égal à 10.000 DH, le remboursement sera pris en charge par l'Etat.
En outre, le ministre a souligné l'importance de la région sur l'économie du Royaume avec 1,5% des terres agricoles du pays, Larache produit, sur le plan national, 15% de sucre, 7% de légumes, huile et lait et 3% de viande). M. El Malki a indiqué que "le retard enregistré par le gouvernement sera rattrapé. Certes, nous avons tardé de nous occuper de la région, mais le Plan quinquennal prévoit une nette amélioration du monde agricole et rural".
A cet effet, le ministre a mis en évidence les projets relatifs à la région. Ainsi, 5.400.000 DH seront destinés à l'adduction d'eau potable dans 85 douars à Larache; 1.700.000 DH pour la protection du cheptel et 40 millions de DH pour la création de 240.000 jours de travail.
Cependant, bien que le gouvernement ait réservé des sommes importantes pour la région, il est important que "les agriculteurs se réunissent et s'organisent.
Eux seuls peuvent améliorer le secteur", a insisté M. El Malki, qui a procédé en fin de cette visite à la signature d'une convention entre le Ministère de l'Agriculture, l'ORMVAL et la Chambre d'Agriculture de Larache.

Ilham BERRADA,
correspondante à Tanger


Les fraises de Virgilio


M. Virgilio Agusti, Espagnol, est installé au Maroc depuis plus de 40 ans dont plus de 30 à Larache. Sur un terrain de 100 hectares qu'il loue bien évidemment, il a décidé de faire pousser des fraises.
Chaque année, ce sont 1.800 à 2.000 tonnes de fraises que lui donnent ses terres et dont la grande majorité est exportée vers Europe:
"Parfois même en Russie", explique-t-il
Bien que la plantation fasse 100 hectares, seuls 80 sont exploités : "20 hectares sont marécageux. Il n'y a rien à en tirer", dit-il.
Cette présence assidue et tenace de M. Agusti au Maroc ne s'est pas faite &shyp;et ne se fait pas- sans quelques soucis quotidiens. Cela commence par la main-d'oeuvre. "Il y a quelques années, vous demandiez 10 employés, vous en receviez 2.000. Aujourd'hui, vous demandez 1.000, personne ne vient", explique-t-il. En effet, pour trouver ses ouvriers, M. Agusti part les chercher à 40 km de Larache. L'ouvrier qui lui coûte 60 DH le jour est payé à 41,36 DH. C'est l'entreprise qui assure le transport quotidien des ouvriers, à 90% des femmes. "La récolte des fraises est un travail délicat", a tenu à préciser M. Agusti.
Si les employés ne viennent pas aujourd'hui, ce n'est pas parce qu'il n'y a pas de main-d'oeuvre, mais tout bonnement "ils sont nombreux à avoir acquis leur petit bout de terrain: ils y travaillent en famille", a expliqué M. Agusti.
Par ailleurs, l'agriculteur espagnol est confronté à d'autres natures de difficultés, qui sont beaucoup plus conséquentes. "Il est inconcevable que pour le transport des fraises nous soyons encore confrontés à des retards de bateaux", s'indigne-t-il. Les compagnies maritimes sont incapables de respecter les horaires de départ. Ce qui peut causer des dégâts irréparables pour ce petit fruit très délicat. "Un retard de quelques heures peut détruire toute une cargaison, du moins la dommager considérablement", ajoute-t-il.
En outre, pour M. Agusti il est tout de même incompréhensible que jusqu'à aujourd'hui l'étranger ne puisse pas acquérir un terrain agricole. Car louer une parcelle de terre revient cher. "Si aujourd'hui je loue à 400.000 DH, demain le propriétaire sera libre de m'exiger le double. Ce sera à prendre ou à laisser", se demande M. Agusti.
Et pourtant, malgré cette situation, M. Agusti ne semble pas être découragé.
Il est en effet en train d'essayer de planter de nouveaux produits tels que les framboises et d'autres qu'il a préféré garder en secret, pour le moment.

Ilham BERRADA

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