×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Dossiers

Dossier Settat-BerrechidProtection de l'environnement: Bientôt la politique du pollueur-payeur!

Par L'Economiste | Edition N°:967 Le 28/02/2001 | Partager

. La dégradation de l'environnement naturel représente un réel problème à Settat et Berrechid . Face au non-respect de la réglementation par les industries, les autorités ont décidé de les faire passer à la caisseIl va sans dire qu'à Settat, comme à Berrechid, la politique d'industrialisation, entamée vers le milieu des années 80, a eu d'énormes effets positifs, notamment au niveau de l'emploi. Toutefois, cette industrialisation, mal gérée par les autorités locales, à savoir les municipalités, a des conséquences néfastes sur l'environnement naturel des deux villes.A l'instar de plusieurs autres villes marocaines, Settat et Berrechid sont deux villes polluées par les industriels. Les eaux usées rejetées par certaines usines installées dans les zones industrielles sont à l'origine de graves problèmes d'environnement. Selon M. Abdelhamid Bouzidi, professeur à la Faculté de Sciences et Techniques (FST) de Settat, «la majorité des unités industrielles de Settat et Berrechid ne respectent pas les normes environnementales mises en place par les cahiers des charges«. En effet, un conseiller municipal le confirme: «Sur un total de 46 unités industrielles en fonctionnement dans la zone industrielle de Settat, seules quatre disposent d'une station de traitement des eaux usées«. Alors que le cahier des charges prévoyait l'obligation, pour toutes les usines qui rejettent des eaux polluées, de construire une station d'épuration au sein même de l'usine. Encore une fois, ce constat prouve que les autorités concernées par ce problème, les communes, n'accordent aucune importance à ces aspects de la gestion communale.Selon la Radeec (Régie Autonome de Distribution d'Eau et d'Electricité de la Chaouia), à Settat et Berrechid, la consommation hydraulique des industries dépasse de loin celle des habitants de la ville. De plus, 80% de cette consommation industrielle en eau sont rejetées sous forme d'eaux polluées. Cette situation engendre d'énormes complications pour la région.Où sont rejetées ces eaux usées? Contrairement aux villes côtières, comme Casablanca, Tanger ou El Jadida, les rejets liquides des industries de Settat finissent après le passage par le réseau d'assainissement de la ville, dans un énorme «champ d'épandage«. C'est un véritable étang au Nord de la ville. Pis encore, plusieurs cultures, surtout celles céréalières (blé, orge, maïs) sont irriguées «gratuitement« par ces déchets liquides. Evidemment, les effets néfastes sur la flore, ainsi que le sol, la faune et même les hommes ne sont plus à démontrer. Pour en savoir plus, une étude a été réalisée par des étudiants de la FST de Settat, sous la présidence du Pr Bouzidi (étude réalisée aux frais de l'Université: a-t-on tenu à préciser!): Sur un cycle de 24 heures, les charges polluantes, surtout chimiques, dépassent affreusement les normes tolérables. A Berrechid, les choses sont encore plus compliquées qu'à Settat. Certaines tanneries ne sont même pas raccordées au réseau d'assainissement de la ville. Elles ne disposent que de fosses sceptiques où elles rejettent leurs déchets liquides. «La nature du sol de Berrechid, calcaire et marno-calcaire, facilite l'infiltration de ces eaux stagnantes«, précise le Pr Bouzidi.D'autres unités, dans la zone industrielle de Berrechid, sont partiellement raccordées au réseau d'évacuation des déchets liquides (Johnson&Johnson, Union Cérame…). En ce sens qu'avant d'être pompées puis refoulées vers l'Oued Lhimer, ces eaux usées sont déversées dans deux bassins de rétention qui représentent également un grave problème pour l'environnement. Là encore, la perméabilité du sol de Berrechid facilite l'infiltration des eaux toxiques qui risquent, sérieusement, de contaminer la nappe phréatique. C'est d'ailleurs ce qui a été constaté dans certains puits, par l'équipe gérée par le Pr Bouzidi: «La teneur en nitrate dépasse le seuil des 50 mg/litre fixé par l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS)«, prévient ce dernier.Quelles sont les solutions envisagées? Pour faire face au problème de détérioration de l'environnement à Settat, la Radeec a inauguré un projet de déviation des eaux usées vers la partie-ouest de Sidi Laïdi, à quelques kilomètres de Settat où une station d'épuration sera prochainement construite. Le financement de la construction de cette station de traitement des eaux usées sera supporté par la Radeec, la Banque Européenne d'Investissement (BEI) et la municipalité. Mais cette mesure à elle seule ne pourrait être suffisante si les pollueurs n'y contribuent pas. C'est pour cette raison que bientôt certaines usines incriminées devront verser une redevance proportionnelle à la quantité de pollution rejetée.A Berrechid, la solution est plus compliquée, puisque le refoulement des eaux usées par pompage coûterait beaucoup plus cher à la municipalité. Contrairement à Settat qui évacue facilement les eaux usées grâce aux pentes (évacuation gravitaire), le relief de Berrechid constitue un réel obstacle. D'ailleurs, une société allemande, qui comptait se charger de l'assainissement liquide dans la ville, a vite abandonné l'idée.


Déchets solides: A ne pas oublier!

Le rejet des déchets liquides industriels ne constitue pas le seul hic en matière environnementale dans la région de Chaouia-Ouardigha. Même les déchets ménagers constituent un grave problème d'environnement. Les dépotoirs de Settat et Berrechid sont très peu contrôlés. Le lixiviat (liquide des déchets ménagers) est très toxique et réussit parfois à s'infiltrer dans le sol. En somme, d'énormes efforts doivent être fournis pour sauver Settat et Berrechid.A. E. H.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc