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Politique

Clandestins: Le Maroc ne veut pas trinquer seul
Entretien avec Menouar Alem, ambassadeur marocain auprès de l’UE
De notre correspondant permanent à Bruxelles, Aziz BEN MARZOUQ

Par L'Economiste | Edition N°:2125 Le 07/10/2005 | Partager

. «Je regrette que l’UE ne fasse aucune pression sur l’Algérie, un pays de transit». Aides européennes: «40 millions d’euros, ce n’est pas suffisant». Sur 10 clandestins, il y a 8 ressortissants subsahariens «ON avance, mais ce n’est pas toujours facile surtout avec les tristes évènements qui viennent de se produire dans le nord du Maroc». Menouar Alem, l’ambassadeur marocain auprès de l’Union européenne, reste prudent quant à la possibilité pour le Maroc et la Commission de conclure rapidement un accord de réadmission des clandestins en situation irrégulière en Europe. Tout en estimant que les deux parties sont d’accord sur 90% du texte de l’accord, il reconnaît que les points qui restent en suspens dans les négociations sur un accord de réadmission des clandestins ne sont pas des mineures. Il y a notamment les questions des ressortissants des pays subsahariens, de l’aide financière, de l’assistance technique et des dispositions visant à faciliter l’octroi de visas aux candidats à l’émigration légale. Lors de la 8e session de négociation du 3 octobre à Bruxelles, la partie marocaine a exposé ses vues sur ces questions et a notamment mis l’accent sur le fait que le Maroc depuis quelques années n’est plus un pays de transit pour les ressortissants subsahariens mais qu’il est devenu un pays de destination. L’Union européenne commence à comprendre «que régler le problème de ces migrations par la seule approche sécuritaire ne suffit pas». Il estime que l’Union doit adopter dans ce dossier une «approche globale et régionale». Selon lui, «sur 10 candidats à l’émigration à partir du Maroc, il y a 8 ressortissants subsahariens». Il a tenu à rappeler l’Union européenne à ses obligations en matière de migration. «Si l’Europe ferme les yeux sur les pays d’origine des ressortissants subsahariens et surtout sur le pays de transit qu’est l’Algérie, on n’arrivera pas à bout de ce problème de migration». Il regrette que l’UE ne fasse aucune pression sur l’Algérie, laquelle à ses yeux «ne fait aucun effort sérieux pour contrôler les milliers de ressortissants subsahariens qui transitent notamment dans la région de Maghnia». Le diplomate marocain souligne également que l’Union refuse de mettre la pression sur les pays ACP dont sont originaires les clandestins pour qu’ils appliquent les dispositions pertinentes de l’Accord de Cotonou et en particulier son article 13 (voir notre encadré). Alem affirme que le Maroc et l’Espagne sont «victimes de leurs succès» dans la lutte contre l’émigration illégale. «Nous avons fortement réduit les pressions sur les Canaries et le détroit de Gibraltar et voilà que maintenant les clandestins se replient sur Melilia et Sebta». Il estime par ailleurs que les 40 millions d’euros promis par l’UE en décembre 2004 pour aider le Maroc à protéger ses frontières nord et sud ne pourront pas suffire pour venir à bout du problème de migration clandestine qu’affronte le pays. «Nous avons déployé 1.600 militaires sur les deux frontières de Sebta et Melilia, cela coûte beaucoup d’argent en matière d’intendance et également de sécurité».


Envoi d’une mission européenne

La mission européenne qui doit se rendre au Maroc et en Espagne serait composée d’une demi-douzaine de personnes dont quatre de la Commission européenne, une ou deux personnes de l’Agence de coopération en matière de contrôle des frontières (basée à Varsovie) et un représentant de la présidence britannique de l’UE. Elle partira le 7 octobre pour Rabat, puis Sebta et Melilia. Une partie de l’équipe se rendra d’abord à Madrid et rejoindra par la suite les deux enclaves. De retour à Bruxelles le 10 ou 11 octobre, la mission rédigera un rapport à l’intention du commissaire européen à la Justice et aux Affaires intérieures, Franco Frattini, pour permettre à ce dernier de présenter aux ministres de la Justice des Vingt-Cinq l’état de ce dossier lors de leurs discussions les 12 et 13 octobre à Luxembourg sur les problèmes de l’immigration en Europe. La Commission n’a pas pu confirmer que les membres de la mission rencontreraient des migrants clandestins. L’objectif de cette mission est de s’informer sur les besoins du Maroc pour contrôler ses frontières et établir des plans de travail en commun.

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