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    Courrier des Lecteurs

    Chronique des changes: Semaine du 6 au 10 Juillet 1992 : Evolution contrastée des devises européennes

    Par L'Economiste | Edition N°:38 Le 16/07/1992 | Partager

    Au terme de la semaine considérée, l'évolution des devises européennes par rapport au Dirham apparaît assez contrastée avec:

    d'une part, la dépréciation assez substantielle (et parfois inédite comme ce fut le cas de l'Escudo -0,92%, de la Livre Sterling (-0,62%) et de la Pésète espagnole (-0,36%);
    - d'autre part, la hausse -qui se poursuit cette semaine encore- de la Lire italienne (+0,42%) qui a accéléré son rythme, du Mark (+0,25%) et du Franc (+0,02%), qui, à l'inverse l'ont modéré.
    Ces variations contrastées expliquent que la moyenne pondérée des principales devises européennes, l'Ecu, n'ait que peu varié d'une semaine à l'autre, avec une valorisation en Dirhams de +0,05% seulement.
    Quant aux deux premières devises mondiales, leur glissade s'est poursuivie avec une accélération pour le Yen (-1,04%), et un semblant "de répit pour le Dollar (-0,15%):
    - faiblesse du Yen (indice TCE en baisse de -1,5%, un repli de même ordre contre l'Ecu et -0,64% vs Dollar) parce que la baisse de ses rendements est toujours à l'ordre du jour dans l'Archipel Nippon; parce qu'aussi, les opérateurs sur les marchés des changes ont interprété l'absence de référence aux parités de change dans le Communiqué du G-7 (a fortiori une référence à la nécessaire valorisation du Yen pour résorber les déséquilibres de paiements mondiaux et relancer la croissance économique mondiale) comme un retour à la politique et relancer la croissance économique mondiale) comme un retour à la politique -dont les Américains étaient des virtuoses pendant les années 60- de la "Douce Négligeance (Benign Néglect)"".

    Notre monnaie, votre problème

    un Gouverneur de la Réserve Fédérale Américaine de cette période, J. Connally, avait justement coutume de dire, dans le même esprit: "le Dollar est notre monnaie mais votre problème" "(The Dollar is our currency but your problem)"; on a noté cette semaine les réminiscences de ce passé en écoutant les déclarations de certains responsables américains comme Nicholas Brady, Secrétaire au Trésor, pour lequel, en substance, la baisse de la devise américaine (indice TCE en repli de -0,50%) ne pose pas de problème pour les Etats-Unis et que des assouplissements supplémentaires de la politique monétaire ne devraient pas être écartés. Il est vrai que même les Allemands ne trouvent rien à redire par rapport à la chute du Dollar puisque le renchérissement concomitant de leur monnaie est un élément appréciable de lutte contre l'inflation. Aussi, le Dollar pourrait, à la faveur d'un mauvais chiffre sur l'économie américaine, renouer avec ses plus bas de Février 1991, c'est-à-dire DM 1,445 (soit un peu moins de 8 Dirhams) sans que cela ne déclenche une salve d'interventions des banques centrales sur les marchés des changes.
    Mauvaise performance de la Livre Sterling qui cède -0,64% au Dirham, dans la logique de (i) sa moindre appréciation contre un Dollar en déconfiture, (ii) et de sa dépréciation contre Mark (-64%), Franc (-0,52%) et Ecu (-0,28%).

    Livre, fin de la période de grâce

    La "période de grâce" que la Livre semblait s'avouer depuis la victoire électorale en Avril des conservateurs britanniques a sans doute pris fin: d'une part, le Pound est pris en tenaille entre un Dollar qui cherche visiblement ses points les plus bas historiques en Marks (1,4450 enregistrés en Février 1991 pendant la Guerre du Golfe), et ce fameux Mark, ragaillardi par l'Après-Vote négatif Danois et par les anticipations d'un resserrement de la politique monétaire germanique ce Jeudi 16 Juillet (à l'issue de la réunion mensuelle du Conseil de la Bundesbank). D'autre part, des rumeurs ont circulé dans la City (vigoureusement démenties à la veille du week-end du 11/12 Juillet par le Chancelier de l'Echiquier Lamont) comme la baisse imminente des taux directeurs britanniques, ou la sortie de la Livre du mécanisme de change européen etc), ce qui a pesé sur la tendance.

    Décrue de la Pésète

    Les interventions de la Banque d'Espagne sur les marchés des changes (à la vente de Marks) ne sont pas parvenues à endiguer la lente décrue de la Pésète, particulièrement contre la devise allemande: -0,3% environ; l'indice TCE cède pour sa part d'un Vendredi à l'autre, -0,20% à l'origine de cet accès de faiblesse, les inquiétudes par rapport à l'état de l'économie espagnole alors que des incertitudes planent sur le sort qui sera réservé au traité de Maastricht (on ne sera vraiment fixé à ce sujet qu'en Septembre, date de la tenue d'un référendum décisif à ce propos en France). Or, l'annulation dudit traité (une hypothèse que nous rejetons) porterait en effet un "coup fatal" à la politique de convergeance (et d'assainissement) économiques que tente de mettre en oeuvre le Gouvernement Gonzales, dans un climat économique et social assez lourd (ralentissement conjoncturel, creusement du déficit public, montée du chômage). L'incertitude politique (préjudiciable elle aussi à la tenue de la devise espagnole), risque de se surajouter si, comme le recommandent explicitement certains ténors du Parti Socialiste Ouvrier Espagnol, des élections législatives anticipées devaient être appelées dans la péninsule. Rien n'empêche le Premier Ministre Gonzales de tenter de se refaire par les urnes une nouvelle légimité: il n'attendrait pas l'échéance électorale normale de 1994, et ce, afin de mettre en oeuvre le plus rapidement possible et dans un politique plus serein les nécessaires, mais si impopulaires (i), mesures d'ajustement économique (alourdissement de la fiscalité).

    Italie un parti de la dévaluation

    La fermeté de la Lire italienne (indice TCE en hausse de +0,70%, cours en Ecus et en Dirhams gagnant respectivement +0,58% et +0,42%) est due essentiellement au "tour de vis monétaire" qu'a opéré le week-end du 5 et 6 Juillet la Banque d'Italie (+1% pour le taux d'escompte, fixé désormais à 13%), alors que se développaient de fortes anticipations de réaménagement des parités (à la baisse pour la Lire) au sein du SME, minant ainsi la tenue de cette monnaie sur les marchés des changes.
    Pour l'instant, ceux-ci accordent le bénéfice du doute à la mise en oeuvre effective du rigoureux plan budgétaire (alourdissement de la fiscalité tant directe qu'indirecte) prévue par le nouveau du gouvernement AMATO, ainsi qu'aux déclarations officielles en faveur de la poursuite d'une politique de stabilité de la monnaie, et contre le "parti de la dévaluation".
    Ce Jeudi 16 Juillet à 12 heures GMT, on saura si le Conseil de la Bundesbank, auquel assistera exceptionnellement le Ministre de l'Economie Allemand J. Mlleman, décide d'opérer un resserrement de sa politique ménétaire. Les membres du Conseil traduiraient alors en actes leur sentiment que le dérapage de la croissance de la Masse Monétaire (9% l'an) est intolérable car il dépasse de loin le haut de la fourchette de variation établie par eux (5,5%). Notre sentiment est que sera effectivement donné aux marchés et à l'opinion publique en général un signal clair de fermeté, mais le recours au relèvement des deux taux directeurs ne serait pas privilégié et ce, pour ne pas s'attirer les foudres des partenaires du G-7, (même si, au terme de leur rencontre de Munich, ces mêmes pays ont semblé avoir opté, ponctuellement peut-être, et pour des motifs divers intérieurs, en faveur du "chacun pour soi" en matière de régulation économique de court terme. Donc, soit la Buba décide d'instaurer un taux de prises en pension (Lombard) variable (ce qu'elle a déjà fait par le passé, comme en 1987) soit un "super Lombard (équivalent à notre "taux d'enfer"), soit elle plafonne le recours des établissements aux concours de la banque Centrale.

    Le différentiel germano-américain s'élargira

    Il n'en restera pas moins vrai que le différentiel des taux germano-américains a de fortes chances de s'élargir encore sur les marchés, dopant encore plus la monnaie allemande.
    Cette situation risque de perdurer jusqu'en Septembre, au plus tôt, c'est-à-dire jusqu'à ce qu'à travers le vote -que nous parions positif- du peuple français au référendum sur Maastricht, les marchés trouvent matière à se détourner des considérations stricte-ment financières, au profit de considérations "européanistes" et saluent ainsi la victoire des partisans de l'Europe -Unie laquelle affaiblirait le rôle de valeur- refuge que les incertitudes européennes présentes ont conféré au Mark.
    Au nom du sacro-saint principe de politique économique du "Franc-Fort" que poursuivent avec succès les Autorités Monétaires françaises toute mesure de hausse des rendements qui serait prise outre-Rhin serait immédiatement suivie par un geste similaire en France.
    Car en dépit des bonnes performances économiques de la France (sauf en matière d'emploi), la devise de ce pays est prompte à être chahutée sur les marchés des changes, au bénéfice de sa voisine allemande: cette semaine encore, le Franc lui a cédé -0,27%, ce qui a valu au Dirham de moins baisser par rapport à l'un (-0,02% vs Franc) que par rapport à l'autre (-0,25% vs Mark).

    Brahim BENJELLOUN-TOUIMI

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