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Economie

Au coeur de l'Anti-Atlas, un centre de formation informelle

Par L'Economiste | Edition N°:742 Le 07/04/2000 | Partager

. Une moyenne de soixante femmes et filles y suivent des cours d'alphabétisation, broderie, cuisine et dactylographie
. Aujourd'hui, un projet de Dar Taliba est en gestation


Avec sa petite taille et ses joues roses, Fatima ressemble davantage à une adolescente qu'à une adulte. Pourtant, elle est bel et bien entrée, depuis près de dix ans, dans la vie de couple (voir encadré pour l'histoire de Fatima). Enveloppée d'un "haïk" (voile) noir de la tête jusqu'aux pieds, elle ne laisse entrevoir que son visage qu'elle cache aussitôt qu'un étranger lui adresse la parole. D'ailleurs, vous aurez du mal à fixer ses yeux tant elle tourne, par timidité, le dos à son interlocuteur.

Trois générations


Fatima ignore aujourd'hui son âge, mais il n'est pas difficile de le deviner. "Je me suis mariée quand j'avais l'âge de Malika", raconte-t-elle. Et elle montre du doigt sa camarade de classe, une fillette de huit ans. Toutes deux sont inscrites dans un établissement d'alphabétisation et de formation professionnelle dans la région de Tafraoute, ville à deux cents kilomètres au Sud d'Agadir, au coeur des chaînes de l'Anti-Atlas. Avec sa grande cour et son petit jardin, l'établissement prend l'apparence d'une maison de jeunes, sauf qu'il est également fréquenté par des personnes âgées.
La classe de Fatima (des cours d'alphabétisation) compte une vingtaine d'élèves, toutes des femmes de tout âge: grands-mères, mères, jeunes mariées, mais aussi adolescentes et fillettes. Ces dernières sont le plus souvent issues de familles nécessiteuses qui n'ont pas pu les inscrire dans une école formelle. "Mon père nous a quittés. Ma mère n'a pas pu nous inscrire à l'école mon frère et moi", raconte timidement Malika, huit ans, qui a trouvé dans cet établissement l'ultime chance de côtoyer les bancs d'école.
Chaque après-midi, ces élèves se rendent au Centre pour des cours d'arabe et d'algèbre. "Le matin, nous nous occupons des tâches ménagères", expliquent-elles.
Le Centre ne reçoit pas uniquement les habitantes de la ville, mais principalement celles des villages avoisinants. Construit au début des années 90, il accueille aujourd'hui une moyenne de 60 femmes et filles.
A l'origine, des bienfaiteurs natifs de la région ont accordé en donation un terrain de près de 2.000 m2. Ces mécènes en ont également financé la construction. La gestion quotidienne du Centre est assurée par une directrice et son assistante, déléguées par le Ministère de la Jeunesse et des Sports. La maintenance et les fournitures, pour leur part, sont financées par des donateurs.

La formule de l'internat


Outre l'alphabétisation, l'établissement dispense une formation professionnelle en broderie, tissage et dactylographie. "Parfois, nous leur accordons aussi des cours de cuisine", ajoute Radia, assistante de direction, en charge de la Formation.
Les mains occupées par une machine à broder, Nadia, une jeune inscrite, explique qu'elle souhaite voir se créer de nouvelles branches. "Nous désirons des ordinateurs", lance-t-elle. "Pourquoi pas? Les machines à écrire sont devenues obsolètes", ajoute une de ses collègues.
Aujourd'hui, les bienfaiteurs du projet souhaitent élargir cette formule. Ils pensent à la création d'un internat. Comme l'expliquent certains d'entre eux, "la distance pénalise les femmes et les filles des villages lointains, qui ne peuvent fréquenter l'établissement en raison du trajet qu'elles doivent parcourir". Aussi envisagent-ils la création d'une sorte de Dar Taliba pour les y accueillir, en précisant leur disposition à accorder un terrain de près de 2.000 m2 jouxtant le Centre.
«L'idée de la pension a germé après le lancement de la deuxième campagne de solidarité qui a été placée sous le thème de «La femme rurale»». En effet, les responsables de la Fondation Mohammed V pour la Solidarité avaient indiqué que les recettes(1) de cette opération serviraient à la construction de maisons d'accueil (Dar Taliba) pour les filles en milieu rural. «Nous souhaitons que la Fondation s'associe à nous pour le financement de la construction de cette pension. Nous prendrons ensuite le relais pour assurer sa gestion quotidienne», précisent les bienfaiteurs.
Le coût total de ce projet (construction, ameublement et équipement) est estimé à 1,5 million de DH.


(1) Les recettes de cette deuxième campagne ont atteint 433.009.156,86 DH.


Née mariée


Elle est bien particulière l'histoire de Fatima. Promise au mariage dès sa naissance, elle quitte le foyer paternel pour celui de son mari, un proche de la famille, à l'âge de 8-10 ans (Fatima ne connaît pas exactement son âge). Elle était encore une enfant. Son mari n'était pas plus âgé qu'elle.
Aujourd'hui, ce couple peu ordinaire, est marié depuis près de dix ans. Fatima et Mohamed ont vécu ensemble leurs enfance et adolescence, et entament aujourd'hui leur vie d'adultes.
En parlant de Mohamed, le visage de Fatima s'illumine. Avec fierté, elle précise que c'est son mari qui l'a encouragée à s'inscrire au Centre. Et d'ajouter que "chaque soir, je lui apprends à la maison ce que j'ai étudié à l'école". "Elle me ramène les devoirs de son époux pour que je les lui corrige", indique l'assistante de direction en charge des cours d'alphabétisation.

Aniss MAGHRI

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