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Economie

Descente au fond d'une carrière

Par L'Economiste | Edition N°:742 Le 07/04/2000 | Partager

. Tirs et explosifs... l'ambiance quotidienne des ouvriers
. L'histoire de votre marbre de cuisine ou de salon


"Tout le monde à l'abri, le tir va commencer"! Slimane, environ 27 ans, les épaules carrées, le visage rond avec un petit nez, avertit ses collègues pour évacuer le champ de tir. Vêtu d'un blouson bleu et un casque de protection sur la tête, ce natif de la région de Figuig est responsable de toute la phase des explosions. Personne d'autre ne peut l'assurer, tant la manipulation des explosifs exige une expérience et un sens extrême de l'habilité. Slimane est d'ailleurs surnommé par ses collègues "bout de feu".
Ici, nous sommes en plein coeur d'une carrière des marbres.
A quelques kilomètres de la ville de Tafraoute, à 200 km au Sud d'Agadir, se trouvent plusieurs exploitations. D'ailleurs, la région est connue pour ses sites granitiques. Selon les géologues, cette ville appartient à la boutonnière de Kardous remontant à l'âge précambrien(1) .

Un seul tir, deux explosifs


"Bout de feu" répétera inlassablement le même avertissement, à tel point que son supérieur perd patience. "Lance"! lui crie l'adjoint du chef de chantier. Un lourd silence s'installe sur le site. Pas le moindre craquement de pas ou chant d'oiseaux. D'ailleurs, ces derniers semblent avoir déserté les environs de la carrière, pourtant située non loin d'un site riche en faune et flore.
Les ouvriers, une vingtaine, ont tous évacué, à une cinquantaine de mètres, l'emplacement des tirs.
Un moment s'écoule avant qu'une détonation ne vienne rompre ce silence devenu pesant. Un grand nuage de poussière se soulève. "Les explosifs ont été très bien chargés", explique le chef de chantier, fier du travail de son subordonné. Selon lui, le retentissement de l'explosion renseigne toujours sur la qualité du travail du chargeur ("Bout de feu"). Mohamed, géologue, chef de chantier et originaire du Nord, explique que les explosifs sont utilisés uniquement pour le dégagement des chutes et ne doivent en aucun cas toucher la souche rentable (exploitable). Pour cette opération, "Bout de feu" a utilisé deux catégories d'explosif. L'atlasit, petites capsules raccordées à un cordon détonateur qui constitue la deuxième catégorie. Ces cordons sont également de deux types. Techniquement, les mineurs distinguent entre les cordons à 6 mg d'explosif par mètre et ceux à 12 mg/mètre. Chacun des deux cordons est destiné à une utilisation différente. "Ainsi les 6 mg/m servent pour le carrossage des blocs et les 12 mg/m pour le débitage des tranches et l'isolation des masses forées", explique Mohamed.

Bientôt le déménagement


Sitôt l'explosion terminée, la vie dans la carrière reprend son cours. Maintenant, c'est au tour de la grue de dégager les pierres. Le vacarme est incroyable et il faut crier pour être entendu. Au fond de la carrière, à plusieurs dizaines de mètres de la surface, les ouvriers sont dominés par l'immensité de l'exploitation. Cette dernière les abritent tout au long de la journée et le soir. En effet, les vingt ouvriers vivent sur le site. Des cabanes construites en dur, autour de la carrière, servent d'habitation.
Ici, l'esprit collectif domine et la main-d'oeuvre se partage tout. Seul Mohamed, le chef de chantier, peut se permettre un logement au centre de Tafraoute. Le géologue, la trentaine, supporte tant bien que mal sa vie de solitaire. "Les divertissements sont peu nombreux".
Le chef de chantier indique que l'exploitation de la carrière est à sa phase finale. "Le travail y a démarré en 1989, l'année où a commencé la construction de la mosquée Hassan II".
Ici, les ouvriers, particulièrement ceux ayant travaillé à la carrière depuis son ouverture, sont fiers d'avoir livré du marbre à la mosquée casablancaise, explique le chef de chantier. Selon ses estimations, le travail durera encore deux ans avant la fermeture du site, et dans la région de Tafrouate, il n'en manque pas. Parallèlement à ce gisement appartenant à la société Les Grandes Marbreries du Sud dont le siège est à Agadir, la zone abrite trois autres emplacements en exploitation.
D'ailleurs, les explosions, à intervalles inégaux, rompent de temps en temps le silence qui enveloppe les immenses coteaux couverts d'amandiers et d'arganiers.

Production variable


Dans cette carrière située en pleine colline, l'extraction s'effectue par une succession de tranches et de gradins. Ici, la production mensuelle est variable. "Il y a plusieurs facteurs que nous ne maîtrisons pas". Souvent, comme il est expliqué, le site réserve des surprises. "Nous tombons parfois sur des failles contenant des gisements inexploitables.
Dans d'autres cas, c'est la météo qui nous oblige à interrompre le travail".
Cependant, d'une manière générale, la production mensuelle tourne autour de trente blocs de vingt tonnes chacun. La matière première est livrée ensuite à l'usine située à Agadir où s'effectue le sillage et le polissage... qui donneront le marbre de votre cuisine ou de votre salon.

Aniss MAGHRI

(1) Première période de l'histoire de la terre, avant le cambrien, dont les géologues évaluent la durée à quatre milliards d'années.

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