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    Assises de l'Agriculture: Les associations professionnelles reviennent à la charge

    Par L'Economiste | Edition N°:814 Le 20/07/2000 | Partager

    • En plus d'une stratégie à long terme, elles réclament la satisfaction immédiate de leurs doléancesLES Assises de l'Agriculture ont démarré en trombe. Le colloque national sur l'agriculture et le développement rural, qui s'est ouvert hier à Salé, a attiré plus de 1.200 participants. Parlementaires, responsables ministériels, syndicats, associations professionnelles, banquiers... Bref, c'est la grand-messe. L'Agriculture est plus que jamais sous les feux de la rampe depuis que le cycle de la sécheresse s'est accentué.Le secteur attire la foule mais délie aussi les langues. Les exposés du Premier ministre et du plus de deux heures. Les ministre de l'Agriculture ont pris contraintes du secteur ont été largement évoquées. La volonté politique de les résoudre aussi.La stratégie de la politique agricole à long terme, présentée lors de ce colloque, est volumineuse: 46 documents. C'est la quintessence des travaux effectués par les services de Habib El Malki pour développer le secteur. Libéralisation, lutte contre la sécheresse, territorialisation... constituent les axes de la politique agricole pour les années à venir.Les organisateurs du colloque tiennent à préciser qu'il s'agit d'une stratégie «cohérente«. «Les problèmes du secteur ont été énumérés et des solutions proposées«, répètent-ils.Solutions réalisables?Les «tabous« de l'agriculture tels le financement (une question d'actualité surtout après les déboires de la CNCA) et la fiscalisation ont été passés au peigne fin dans des documents à part.Grosso modo, le diagnostic dressé de la situation agricole est complet. Plusieurs participants en conviennent. Mais la principale question est de savoir si ce travail propose des solutions réalisables.Des doutes subsistent. Les associations professionnelles, qui sont montées au créneau suite aux problèmes rencontrés au niveau des exportations, sont venues avec «leurs cahiers revendicatifs«. Elles veulent des mesures concrètes à court terme. Pour M. Mohammed Zahidi, membre de l'Association des Producteurs et Exportateurs des Primeurs du Maroc (ASPEM), la stratégie, telle que préconisée par le Ministère, a peu de chances d'aboutir. «La volonté politique de redresser l'agriculture existe. Comment voulez-vous que ce secteur sorte de son marasme alors que l'analphabétisme ou le rétrécissement des terrains y sévissent encore?«, s'interroge-t-il.Coût des intrants«Nous voulons des solutions concrètes«, martèle M. Ahmed Derrab, secrétaire général de l'Association des Producteurs des Agrumes du Maroc (ASPAM).Pour ce dernier, des décisions doivent être prises au niveau du coût des intrants jugé élevé ainsi que sur le plan de l'ouverture de nouveaux marchés aux produits marocains pour réduire la dépendance envers l'UE.L'Association des Producteurs et Exportateurs de Fruits et Légumes (APEFEL) brandit la menace d'entamer une action dans les quinze jours qui viennent si des réponses ne sont pas données, dans le court terme, à ses revendications. Il s'agit entre autres du financement des PME et du surendettement des agriculteurs. «La subvention de la tomate annoncée par le gouvernement n'a toujours pas été appliquée«, indique M. Taqui-Eddine Cher-radi, vice-président de l'Association.Il y a trois jours, l'APEFEL avait diffusé un communiqué acerbe dans lequel elle dénonce la position du Ministère de l'Agriculture vis-à-vis de l'introduction de produits phyto-sanitaires dans l'irrigation pour améliorer la productivité. Selon l'APEFEL: «Le Ministère a refusé cette doléance arguant que ces pesticides risquent d'empoisonner les agents d'irrigation eux-mêmes«.

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