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    Economie

    Aïd-Al-Adha
    Contrôle sanitaire: Un vétérinaire pour 33.000 têtes

    Par L'Economiste | Edition N°:1678 Le 07/01/2004 | Partager

    . Absence de contrôle dans les points de vente. Les manipulations après abattage représentent un risque de contaminationSelon les statistiques les plus récentes (décembre 2003), 936 vétérinaires exercent au Maroc. 454 travaillent dans le privé, tandis que 482 sont sous la tutelle du ministère de l'Agriculture. Vu son petit nombre, la profession peine à faire face aux exigences du grand monde de l'élevage. En matière de contrôle sanitaire du cheptel et dans toutes les régions du pays, les vétérinaires privés sont chapeautés par un vétérinaire relevant de l'Agriculture. A la veille de Aïd-Al-Adha, le souci de salubrité du bétail destiné au sacrifice ressurgit. Pour le vétérinaire, c'est une préoccupation continue. Comme le consommateur final et l'éleveur, il est particulièrement intéressé par cette période où un important flux financier se fait de la ville vers la campagne. Une moyenne de 4 millions de têtes sont vendues à l'occasion de l'Aïd, représentant un chiffre d'affaires de près de 5 milliards de DH. Les fermes, où l'élevage se fait, sont l'antichambre de cette intense activité économique qui a lieu sur une courte période. Et où le contrôle du cheptel se fait régulièrement. C'est du moins ce que soutiennent les responsables à l'Ordre des vétérinaires. Dans quelles conditions et avec quelle efficacité? L'Economiste est allé à la rencontre des responsables de l'Ordre national des vétérinaires et des services du Conseil de la ville de Casablanca. Il y a un seul vétérinaire pour 33.000 têtes. La proportion se passe de tout commentaire. D'abord un premier constat, le manque de moyens. Mais «les vétérinaires travaillent selon des normes qui ne sont pas forcément celles des autres médecins. L'encadrement sanitaire du cheptel s'effectue par groupe», tente d'atténuer Abdelaziz Baraâm, chef du service vétérinaire au Conseil de la ville (l'ex-Communauté urbaine). Pour sa part, Abdelkarim Naami, président du Conseil régional du centre, affirme qu'«il n'est pas rare qu'un vétérinaire puisse vacciner 33.000 ovins en 15 jours». Le vétérinaire pratique ainsi «une médecine économique». Il se considère comme «un gestionnaire de risque» dans la mesure où il est appelé à agir dans les périodes où certaines épidémies se répandent. Les praticiens sont unanimes: «la pathologie ovine n'est pas directement transmissible à l'homme à l'exception de la rage qui représente des cas sporadiques». Le mouton reste l'espèce la plus saine. La tuberculose par exemple est très rarement décelée chez les ovins. Le risque n'est pas pour autant totalement écarté. Au jour de l'Aïd, les manipulations après abattage représentent un très gros risque de recontamination, la viande étant un bon support pour les germes. Pour minimiser les risques, de plus en plus de ménages se rendent à l'abattoir pour sacrifier le mouton. Mais la majorité le fait encore à domicile avec des moyens peu adéquats. Aujourd'hui, l'éleveur est de plus en plus conscient qu'un bon contrôle sanitaire de son cheptel est synonyme «d'économie d'argent». Les gains qu'il réalise à l'occasion de l'Aïd servent à valoriser les sous-produits de la ressource pastorale et à renflouer sa trésorerie. Il s'agit d'un objectif annuel. S'offrir les services d'un vétérinaire est vu comme un investissement sur le long terme. Le président du Conseil régional du centre, qui est en contact direct avec les éleveurs, pense que «les maladies parasitaires qui sont les plus courantes représentent un impact économique d'abord pour l'éleveur». Ce dernier, qui commence à évaluer les pâturages en termes d'unité fourragère UF (une UF correspond à 1kg d'orge), est conscient qu'«un animal parasité ne profite pas de ce qu'il mange». Une prudence qui, à l'autre bout de la chaîne, profite au consommateur final. Les écuries, ce chaînon qui se situe entre le consommateur et l'éleveur, prolifèrent à la veille de l'Aïd dans les quartiers populaires et la périphérie des centres urbains. Certains de leurs propriétaires fidélisent leur clientèle en proposant un produit sain. Mais d'autres font recours à des méthodes peu orthodoxes pour tromper la vigilance de l'acheteur. La pratique consiste à gaver les moutons de sel et gonfler leurs pattes. Le tout complété par un régime alimentaire intense. «Ces pratiques provoquent des cas de lithiase urinaire chez l'animal». C'est au niveau de l'intermédiaire que le contrôle sanitaire fait toujours défaut. «Il est pratiquement impossible d'assurer le contrôle de 4 millions de moutons dans les points de vente en une journée ou deux», souligne Ahmed Amaqdouf, président de l'Ordre national des vétérinaires. «Chaque année, une permanence de vétérinaires est assurée dans toutes les régions du pays pour assurer autant que faire se peut le maximum de couverture. Le consommateur qui rencontre une anomalie dans la carcasse de son mouton peut nous appeler pour avoir le conseil et l'assistance nécessaires», ajoute-t-il. Les permanences se font selon une rotation de 2 heures et un système de transfert des appels sur les portables des praticiens a été dernièrement mis en place. Mais si l'éleveur connaît le vétérinaire de garde, le consommateur lui n'a pas encore ce réflexe.


    Ténia échinocoque: 11.000 cas

    Le foie et les poumons peuvent représenter un risque mortel pour le consommateur. Ces parties de la carcasse du mouton peuvent comporter des kystes hydatiques. Ces derniers sont provoqués par un parasite appelé Ténia échinocoque. Les kystes sont facilement reconnaissables. Mais lorsqu'ils sont servis au chien, le danger de contamination devient imminent. Cet animal de compagnie chez lequel des oeufs de parasites se développent suite à la consommation de parties du foie ou des poumons contaminées, est capable de transmettre à l'homme la maladie des kystes hydatiques. Selon Amaqdouf, «entre Casablanca et Rabat, 11.000 cas de contamination ont été opérés de cette maladie». Au total, 7 personnes sur 100.000 sont passées au bloc opératoire à cause de ce parasite. Une opération qui coûte 30.000 DH. A l'amont, la lutte contre les chiens errants qui peuvent contaminer le cheptel s'avère d'une indispensable nécessité. Mostafa BENTAK

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