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    Analyse

    Le plan Benabdallah pour l’habitat
    Lutte contre les bidonvilles, un coup d’épée dans l’eau?

    Par L'Economiste | Edition N°:4280 Le 21/05/2014 | Partager
    Destruction de 240.000 unités sur 260.000 recensées au début du programme
    Mais près de 100.000 familles supplémentaires à reloger

    A fin 2013, près de 80% des ménages recensés ont bénéficié du programme de relogement. Néanmoins, en plus des 29.161 familles concernées par des unités en cours d’études, de nouveau ménages, qui n’étaient pas recensés, demandent également à bénéficier de ce programme. Cela concerne près de 100.000 familles supplémentaires

    Source: Ministère de l’Habitat

    «SI nous n’avions pas déployé autant d’efforts, nous aurions été envahis par les bidonvilles». Nabil Benabdallah a été on ne peut plus clair en mettant l’accent sur les difficultés rencontrées dans l’achèvement du programme de lutte contre les bidonvilles. L’idée est aussi d’atténuer les accusations d’échec. Pour lui, «il est clair qu’au début du programme, des  erreurs ont été commises, notamment en termes de qualité de l’alternative proposée aux bidonvillois». Ceux-ci ont été relogés dans des habitats sociaux, sans équipements de base, sans connectivité avec la ville, créant ainsi des points noirs
    d’insécurité et de dépravation. Aujourd’hui, «toutes ces erreurs ont été rattrapées, avec un plus grand souci d’intégration», a-t-il assuré.

    Globalement, au début du programme, le département de l’Habitat avait recensé près de 260.000 baraques. Aujourd’hui, «nous avons détruit près de 240.000 unités, soit un taux de réalisation qui dépasse 80%», a affirmé le ministre. Or, plusieurs pratiques malsaines ont biaisé ce programme, notamment avec l’apparition de nouvelles familles, non recensées, voulant également bénéficier de logements ou de lots de terrain. Car, un lot de terrain de 80 m² était distribué à deux familles. Elles pouvaient charger un intermédiaire de le construire en contrepartie d’un appartement. Donc, non seulement elles bénéficiaient d’un logement à 0 DH, mais profitaient aussi de la subvention de l’Etat fixée à 40.000 DH. «Ce qui ne pouvait que créer un appel d’air», a estimé le ministre. Aujourd’hui, le nombre de familles supplémentaires voulant profiter de ce système s’élève à 100.000, fait-on savoir. D’autant plus que dans certains bidonvilles, dont le traitement n’a pu être assuré depuis quelques années, les enfants des familles recensées ont grandi, et certains se sont mariés et demandent aussi de profiter d’un logement. Ce qui fait que «dans plusieurs villes, nous avions eu besoin d’un programme complémentaire», a noté Benabdallah. A Casablanca, par exemple, «nous devons mobiliser une assiette foncière supplémentaire de 500 hectares pour répondre à ces besoin», a-t-il ajouté. Cette situation risque aussi de se détériorer avec la poursuite des flux de l’exode rural. Et le développement des pratiques malsaines, avec l’implication de certains éléments des autorités locales, complique davantage ce problème. Mais Benabdallah dit préférer «regarder la moitié pleine du verre». Pour lui, «il faut combattre les fonctionnaires corrompus,
    qui sont de mèche avec des milieux mafieux, pour profiter de la misère des populations».

    Néanmoins, «il n’y aurait pas de succès de ce programme sans un travail coordonné avec les autorités locales». D’où la nécessité d’une meilleure gouvernance de ce programme.


    M.A.M.

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