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    Analyse

    Le plan Benabdallah pour l’habitat
    «Nous n’avons pas encore résorbé le déficit en logements»

    Par L'Economiste | Edition N°:4280 Le 21/05/2014 | Partager
    Il s’élève à 642.000 unités à fin 2013
    Logements à 140.000 DH, encore des mécanismes à régler
    Appel à adopter la loi sur la régionalisation lors de cette session

    Pour Nabil Benabdallah, «sans la loi sur la régionalisation, nous ne pouvons pas parler des autres textes électoraux. C’est un processus qui doit commencer. Nous continuons de jouer notre rôle, en nous assurant que des ponts soient jetés, avec les syndicats et l’opposition»

    - L’Economiste: Le secteur de l’habitat connaît un tassement. Le déficit est résorbé?
    - Nabil Benabdallah: Pas du tout. Il y a dix ans, le déficit en logements était estimé à 1,2 million d’unités. Actuellement, nous préparont une étude sur le secteur, qui va réactualiser ce chiffre. Elle va s’intéresser aussi aux types de logements que nous avons au Maroc, comment ils sont répartis, et quelles sont les attentes des populations par type d’habitat. Lorsque nous avons commencé notre expérience gouvernementale, nous étions à 840.000 unités en déficit. Aujourd’hui, nous sommes à 642.000. Il s’agit du déficit global. Nous y incluons aussi les familles déshéritées qui n’ont pas les moyens d’accéder au logement.

    - Qu’en est-il des logements à 140.000 DH?
    - C’est un produit qui est censé nous aider à résoudre le problème des bidonvilles et de l’habitat menaçant ruine. C’est-à-dire que, lorsque nous montons des programmes avec certains promoteurs immobiliers, qui obtiennent des dérogations, nous leur imposons, dans un esprit de solidarité nationale, de participer à travers un certain nombre d’appartements d’une valeur de 140.000 DH. La loi prévoit de les ouvrir à la vente aux personnes qui ne disposent pas d’un logement, et à ceux qui ont un revenu inférieur à 5.000 DH. Maintenant, les professionnels assurent qu’ils ne dégagent aucun profit, ils subissent même une légère perte. C’est pour cela que nous intervenons à travers le fonds de solidarité habitat, qui met une subvention de 40.000 DH au profit de ces familles, issues des bidonvilles, ou des habitats menaçant ruine. Celles ci doivent contribuer à hauteur de 80.000 à 100.000 DH. C’est là où nous rencontrons des problèmes, même si le Fogarim est dans une situation tout à fait soutenable. Mais c’est surtout les cessations de paiement qui posent problème.

    - Pourtant, ce produit n’a pas permis de résoudre le problème des bidonvilles…
    - Il n’y a pas que les bidonvilles. Nous avons aussi d’autres priorités, comme les habitats menaçant ruine, et les populations qui vivent dans des logements partagés entre 5 familles. Nous avons recensé 43.000 logements en situation précaire à différents stades. Pour résoudre cette problématique, nous avons besoin aujourd’hui de 10 milliards de DH, sachant que le fonds de solidarité habitat dispose seulement de 2,5 milliards par an.

    - Le gouvernement semble traîner en matière de préparation des lois relatives aux élections, prévues l’année prochaine. Qu’en pensez-vous?
    - C’est une contrainte sur laquelle nous allons attirer l’attention, en disant qu’il ne s’agit pas de préparer les choses dans la précipitation. Nous souhaitons que les discussions relatives à la loi sur la régionalisation commencent lors de cette session. La prochaine session étant réservée à la loi de finances. Et l’année prochaine nous devons organiser les élections. Nous avons supporté tous une interprétation de la Constitution, selon laquelle les élections peuvent être reportées à 2015, mais pas au-delà. Cela nécessite que le projet de loi sur la régionalisation soit adopté. Je sais que ce texte pose problème, surtout en termes de découpage et des attributions au niveau local. C’est pour cela que nous ne voulons pas faire de surenchères ni de démagogie. C’est une responsabilité nationale. Sans ce texte, nous ne pouvons pas parler des autres lois électorales. C’est un processus qui doit commencer. Nous continuons de jouer notre rôle, en nous assurant que des ponts soient jetés, avec les syndicats et l’opposition.

    - Mais le chef du gouvernement ne semble pas prêt à discuter avec l’opposition!
    - Il est vrai qu’il y a une crispation, à laquelle nous avions été soumis nous-mêmes. Mais nous avons évité d’insulter l’avenir et d’entrer dans des polémiques stériles. Il y a une sorte de sentiment chez le chef du gouvernement de l’existence d’une attitude de refus, de tension permanente exercée par les partis de l’opposition à l’égard de l’expérience du PJD. Quelle que soit la justesse de ce constat, nous passons notre temps à relativiser. Et le chef du gouvernement doit avoir la capacité à supporter plus que les autres. Je lui dis aussi qu’il doit être responsable pour deux.

    36 milliards de DH pour la mise à niveau urbaine

    NABIL Benabdallah a souligné que le fonds de solidarité habitat a connu des problèmes à son démarrage. Car, «nous avons connu des demandes de plus en plus élevées», a-t-il noté. Beaucoup d’argent a été dépensé, selon lui, dans la mise à niveau urbaine ou la restructuration des quartiers. Le montant investi s’élève à près de 36 milliards de DH sur 10 ans. Parallèlement, le ministre de l’Habitat considère que le programme de lutte contre les bidonvilles est aussi prioritaire. D’où «un accord signé avec le ministère des Finances, pour que 65% du fonds de solidarité habitat soient réservés à la lutte contre l’habitat insalubre».

    Propos recueillis par Mohamed Ali MRABI

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