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Competences & rh

Formations aux agriculteurs: L’énorme gap!

Par L'Economiste | Edition N°:4080 Le 23/07/2013 | Partager
Un conseiller agricole pour 3.800 agriculteurs
La tutelle espère aboutir à un rapport de 1 pour 1.350 d’ici 2020
300.000 exploitants formés chaque année sur un total de 1,5 million

Une bonne partie des agriculteurs reste en décalage avec le nec plus ultra, d’ailleurs la moyenne d’âge dans le secteur est de 64 ans. Non seulement pour des raisons de sous-encadrement mais aussi par manque de moyens. Dans les céréales, la plupart du temps, le semis se fait encore à la volée

NOS agriculteurs sont-ils capables de suivre le développement de la technologie et de s’approprier les nouvelles techniques en matière agricole? Chaque année, une multitude d’innovations voient le jour dans le secteur. A l’INRA (Institut national de recherche agricole), la recherche agronomique aboutit à des résultats très concluants. L’Institut a, par exemple, pu développer à aujourd’hui près de 130 variétés de céréales (voir interview ci-contre).
Le degré de maîtrise dépend en fait des régions et des types de cultures. Mais force est de constater qu’une grande partie des agriculteurs sont en décalage avec le nec plus ultra, et d’abord pour des raisons de moyens. «Dans la culture de céréales, la plupart des agriculteurs sèment encore à la volée et non mécaniquement. Cela engendre des gaspillages énormes. Ils doivent utiliser jusqu’à 2,5 quintaux par hectare, alors qu’ils auraient pu se contenter de 1,4 quintal», précise M’barek Zemrag, président de l’Association des producteurs de céréales et de légumineuses.
Par ailleurs, la formation reste encore insuffisante. Du côté de l’Etat, elle est assurée par les conseillers agricoles relevant des Centres de mise en valeur (CMV) et des Centres de travaux, ainsi que d’organismes tels que l’INRA ou encore l’ONSSA. Les chambres d’agriculture et les associations professionnelles y participent aussi. Toutefois, les actions restent limitées. Il n’existe actuellement que 1.200 conseillers agricoles publics. Soit un conseiller pour 3.800 agriculteurs. Chaque année, près de 300.000 agriculteurs reçoivent des formations, sachant qu’il en existe environ 1,5 million dans tout le Maroc. «Nous espérons réduire ce déficit en ramenant le nombre à un conseiller pour 1.350 agriculteurs d’ici 2020», annonce Jawad Bahaji, directeur de la formation et de la recherche au ministère de l’Agriculture. 
Le département de Aziz Akhannouch mise sur le projet de loi 62-12 organisant le métier de conseiller agricole privé, adopté en Conseil de gouvernement en juin dernier. «Pour le moment, cette activité reste informelle. L’idée c’est de la réglementer afin de mieux accompagner les agriculteurs», explique Bahaji. Le ministère parie également sur la formation professionnelle. Il existe actuellement près de 52 établissements de la formation professionnelle agricole formant près de 4.000 profils par an (ouvriers qualifiés, techniciens et techniciens spécialisés), pour un budget de 150 millions de DH. En ouvrant ces établissements aux fils et filles d’agriculteurs pour des formations par apprentissage (8 mois), en collaboration avec les associations, l’on produit également près de 8.000 apprentis par an. Quelque 6.000 lauréats sortent chaque année de ces établissements.
Mais si dans la plupart des régions le manque d’encadrement est patent, certaines font figure d’exception. La région du Souss, par exemple, est sans doute la plus dynamique en matière de formation. «Toutefois, les efforts fournis par le secteur privé à ce niveau sont 10 fois supérieurs à ce que fait l’Etat», confie Mouh Mouh, agriculteur, membre de l’Association des producteurs et exportateurs de fruits et légumes (APEFEL). En effet, la région, réalisant près de 80% des exportations marocaines de produits frais, ne peut se permettre d’être à la traîne.
«Nous avons des cultures sous serre qui nécessitent un haut degré de technicité. Par ailleurs, nous devons nous conformer aux cahiers des charges de nos clients. Nous devons donc tout le temps nous mettre à niveau», explique Mouh Mouh. Hormis les associations professionnelles de la région, les grandes maisons de semences organisent également des journées de formations au profit des exploitants agricoles. Elles organisent même des voyages à l’étranger en vue de présenter leurs dernières nouveautés. Les groupes disposant de stations expérimentales aussi lancent des journées portes ouvertes et des ateliers pour les opérateurs du secteur. Ce qui fait qu’il ne se passe pas un mois sans qu’il y ait de formations, selon les professionnels. «Les autres régions, à quelques exceptions près, sont sous-encadrées. Les filières céréalières et l’arboriculture sont les filières les moins bien loties», relève Mouh. 
Hormis quelques grandes exploitations et rares régions comme le Souss et Larache (connue pour ses exportations de fraises, framboises et myrtille), les actions restent rares. Le chemin est encore long avant de voir émerger une nouvelle génération d’agriculteurs à la page de toutes les nouveautés du secteur. D’ailleurs, selon la tutelle, plus de 60% de la main d’œuvre agricole n’a suivi aucune formation professionnelle. Sa moyenne d’âge est de 64 ans.

Technicien agricole: Un métier qui rapporte

LES agriculteurs ne maîtrisant pas les dernières nouveautés en matière d’agriculture peuvent toujours se fier à des techniciens agricoles. Dans la région du Souss où les cultures sous serre nécessitent un niveau assez élevé de technicité, plus de 80% des exploitations emploient des techniciens. Les investissements y sont également élevés. Une parcelle de deux hectares pourrait nécessiter un investissement de 1,5 million de DH. Et il faut dire aussi que ça rapporte. Un hectare de tomates destinées à l’export, par exemple, peut rapporter jusqu’à 800.000 DH de chiffre d’affaires. Les agriculteurs ne peuvent donc pas courir le risque de confier leurs cultures à des amateurs. Les techniciens, généralement des bac+2, pour leur part, empochent des salaires qui feraient rêver les plus diplômés. Leurs rémunérations vont de 7.000 à 15.000 DH nets par mois. Les ingénieurs agronomes, eux, touchent jusqu’à 60.000 DH. Ils sont donc hors de prix pour les petits agriculteurs.

Ahlam NAZIH

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