×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Les bonnes pratiques écologiques: Le match Casablanca, Tunis, Le Caire

    Par L'Economiste | Edition N°:3676 Le 13/12/2011 | Partager
    Les trois villes au coude à coude
    Un léger avantage pour Casablanca
    Le transport reste le maillon faible de la chaîne

    L'Index des villes vertes en Afrique examine pour la première fois les performances environnementales de 15 villes du continent dans huit domaines: énergie et CO2, utilisation des sols, transports, déchets, eau, assainissement, qualité de l'air et politiques environnementales. D'après les résultats globaux de l'étude, aucune des villes de l’échantillon ne termine dans la catégorie «bien au-dessus de la moyenne». Le transport et les déchets sont parmi les plus gros handicaps de nos villes.

    Les pays développés tentent de réécrire les règles du jeu pour éviter de se soustraire à leurs obligations. C’est l’une des principales conclusions du Sommet sur le climat qui vient de se terminer à Durban, en Afrique du Sud (lire page 12). C’est dans ces conditions, que 15 villes de 11 pays du continent sont soumises aux tests de l’Index des villes vertes. Une enquête commanditée par Siemens et menée par Economist Intelligence Unit, un organisme de recherche indépendant. Durant deux mois, l'EIU a analysé les objectifs et réalisations de ces villes en termes de performances et de politiques environnementales. Le Cap, Durban et Johannesburg au sud, Casablanca et Tunis au nord ainsi qu'Accra à l’ouest terminent au-dessus de la moyenne sur la base de huit principaux critères d’évaluation. Les trois villes nord africaines, se livrent un match serré.


    Énergie et CO2. Casablanca est classée «au-dessus de la moyenne» selon l’Index environnemental de Siemens dont les résultats ont été dévoilés le 2 décembre dernier à Durban en Afrique du Sud (Cf. L’Economiste du 5 décembre 2011). Tunis, «au-dessous de la moyenne» et Le Caire, figure «dans la moyenne».
    Pour ce critère (sur 8 principaux), à Casablanca 99 % des logements ont accès à l’électricité. C’est l’un des scores les plus élevés de l’Index, bien supérieur à la moyenne des 15 villes de l’échantillon (voir L’Economiste du 5 décembre 2011), qui s’établit à 84%. Pour autant, la consommation électrique y reste relativement faible dans la métropole marocaine: 5 gigajoules par habitant, à comparer aux 6,4 gigajoules de la moyenne pour l’Index.
    Les émissions de CO2 provenant de la consommation électrique sont, elles aussi inférieures à la moyenne, 405 kg par habitant contre 984 kg pour la moyenne. Si l’on met de côté les quatre villes en Afrique du Sud, qui font considérablement grimper la moyenne, on se rend toutefois compte que Casablanca dégage l’un des plus gros volumes d’émission de CO2 sur le continent. Il faut en effet savoir que plus de la moitié de l’électricité consommée par la ville est produite au moyen du charbon et que seuls 8% de celle-ci provient de sources renouvelables.
    Utilisation des sols. Sur ce critère, Casablanca dame le pion également à ses consœurs de la région. Elle s’en sort avec la mention de «au-dessus de la moyenne», là où Tunis et Le Caire sont classés «dans la moyenne». En dépit de la persistance, Casablanca possède le plus faible pourcentage de population vivant dans des logements informels parmi toutes les villes enquêtées. Ses 15 % estimés étant considérablement inférieurs à la moyenne (38%). Contrairement à ce que l’on pourrait croire, les politiques en matière d’utilisation des sols sont également solides, en particulier celles qui concernent la protection des espaces verts. Selon les estimations, la région métropolitaine de Casablanca compte 55 m² d’espaces verts par personne, contre 74 m² en moyenne dans les villes de l’Index. Parmi les initiatives vertes, il y a la stratégie de développement adoptée par le gouvernement qui vise d’ici 2030 à réhabiliter le centre-ville, à rééquilibrer les niveaux de vie des régions orientales et occidentales du Grand Casablanca et à améliorer les conditions de vie dans les logements informels, notamment en y installant de nouveaux parcs.
    Transports. Casablanca est «dans la moyenne», Le Caire et Tunis, «au-dessus de la moyenne». Le réseau de transport public de Casablanca mesure 1,4 km par kilomètre carré. C’est inférieur à la moyenne de l’Index (2,7 km). Les liaisons se concentrent dans le centre-ville et le nombre d’interconnexions avec les régions périphériques est faible. Ce qui signifie que les navetteurs provenant des banlieues doivent souvent effectuer des trajets à la fois longs et compliqués. En termes de politiques, l’Index n’y est pas allé avec le dos de la cuillère: «la ville n’a fait que peu d’efforts pour réduire les embouteillages et n’a prévu aucune voie de circulation réservée aux bus afin d’encourager le public à prendre les transports en commun». Sans conteste, le transport reste un des plus gros points noirs de la capitale économique du Royaume.
    Déchets. Sur ce critère, c’est Tunis qui arrive sur le haut du podium: «au-dessus de la moyenne». Sans surprise, Le Caire est «au-dessous» et Casablanca «dans la moyenne». Selon les estimations, Casablanca génère 474 kg de déchets par habitant, contre 408 kg en moyenne pour l’Index. Les politiques de recyclage de Casablanca sont relativement peu développées par rapport à celles des 14 autres villes en compétition. «De manière générale, la collecte des déchets s’est améliorée ces cinq dernières années, mais la qualité du service continue à varier énormément d’un quartier à l’autre, les responsabilités étant partagées entre trois prestataires privés qui déversent les déchets sur un seul et même site». A noter que «Casablanca s’en sort mieux pour ce qui est de la collecte et de l’élimination des déchets spéciaux car elle dispose d’installations spécifiquement dédiées aux déchets médicaux, chimiques et de construction». La ville est toutefois pénalisée pour son manque de points de collecte sur site des matériaux recyclables et pour le faible nombre de produits acceptés.
    Eau. Tunis et Le Caire sont dans la moyenne. Casablanca est bien meilleure, puisqu’elle est classée «au-dessus de la moyenne». Un bémol cependant. «Bien que, d’après les estimations, tous les résidents aient accès à l’eau potable, leur consommation, à 89 litres par habitant et par jour, ne représente que la moitié de la moyenne de l’Index qui est de 187 litres». L’efficacité du réseau de distribution d’eau de la ville se situe à peu près dans la moyenne. Les fuites sont estimées à 28% du volume émis contre 30% en moyenne pour l’Index. Les politiques mises en œuvre dans ce domaine sont aussi relativement solides. Casablanca est l’une des seules villes de l’Index à disposer d’un code visant à réduire la pression exercée sur ses ressources en eau et à les consommer plus efficacement. Elle possède également des normes de qualité de l’eau, ce qui est relativement rare parmi les villes étudiées. Parmi les initiatives vertes, la rénovation du réseau de distribution d’eau qui a permis à plusieurs quartiers de bénéficier d’un meilleur accès à l’eau potable. Il y aura aussi l’installation de compteurs devant permettre de réduire les fuites du réseau en assurant une meilleure surveillance des volumes d’eau consommés.
    Assainissement. Avec Tunis, Casablanca est «au-dessus de la moyenne». Le Caire, «dans la moyenne». Selon les estimations, comme pour l’accès à l’eau potable, 99 % de la population ont accès à l’assainissement. La moyenne de l’Index est 84%. Dans ce domaine également, Casablanca dispose d’un code d’assainissement ainsi que de normes minimales en matière de traitement des eaux usées, normes faisant l’objet d’une surveillance régulière. Plusieurs défis subsistent toutefois, «certaines des plus grandes usines du pays, établies à Mohammedia, ont en effet fréquemment tendance à déverser leurs déchets et leurs eaux usées directement dans la mer». Par ailleurs, l’incapacité à drainer efficacement les eaux de pluie durant les périodes de fortes précipitations continue à constituer un handicap pour la ville. Parmi les initiatives vertes, le lancement d’un programme destiné à améliorer le réseau de collecte des eaux usées pour mettre un terme aux déversements des déchets dans la mer à Mohammedia et à transférer les eaux usées de Bouskoura Ouled Saleh vers une station d’épuration. Ce programme prévoit la réhabilitation et l’extension du réseau d’égouts et des installations de collecte des eaux usées, la rénovation des stations d’épuration des eaux usées et la construction d’un effluent de crue pour le fleuve Oued El Maleh.
    Qualité de l’air. Là aussi surprise. Casablanca, malgré une importante pollution atmosphérique, comme Tunis, est «au-dessus de la moyenne». Le Caire, qui est au bord de l’asphyxie contre toute attente également, se classe «dans la moyenne». Mais selon les enquêteurs, «les politiques de Casablanca en matière de qualité de l’air sont comparativement rigoureuses». La métropole dispose d’un code visant à l’améliorer et des contrôles sont régulièrement organisés à divers endroits de la ville. Elles mesurent également les concentrations en une large palette de polluants atmosphériques. «Ces politiques sont toutefois bien nécessaires, car la qualité de l’air de la ville est altéée par les embouteillages et par la pollution qu’engendrent les vastes complexes industriels installés dans le Grand Casablanca, à commencer par la raffinerie Samir». Au rang des initiatives vertes, en 2009, après plusieurs reports et négociations, la conversion de la raffinerie a été effective. Elle utilise désormais du diesel à faible teneur en soufre et fabrique des produits pétroliers conformes aux normes internationales. Cette conversion a permis de faire passer la teneur en soufre du pétrole de près de 10.000 parties par million (ppm) à 50 ppm.
    Politique environnementale. Sur ce dernier critère les trois villes se tiennent au coude à coude, «dans la moyenne». Selon l’Index, Casablanca affiche des performances relativement satisfaisantes en matière de gestion environnementale et possède même un service spécialement chargé des questions liées à celle-ci. Malheureusement, relèvent les enquêteurs, «la ville n’a récemment publié qu’un nombre assez faible de données concernant ses performances et ses progrès dans le domaine. Elle pourrait faire plus pour impliquer les citoyens dans les affaires environnementales».

    Bachir THIAM

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc