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    Economie

    Export: Même structure de produits depuis dix ans

    Par L'Economiste | Edition N°:3676 Le 13/12/2011 | Partager
    Le déficit chronique pose le problème de la politique de change
    La croissance de l’export masque les faiblesses structurelles
    L’effort de rattrapage économique s’accélère

    Le déficit commercial descend à 19,5% du PIB en 2010 après avoir frôlé 25% en 2008

    OCCULTÉ par la Banque centrale, le débat sur la flexibilité du taux de change refait surface chaque fois que la problématique des exportations est posée. Car il y a bel et bien une réalité à laquelle il faut faire face : une balance commerciale structurellement déficitaire et un taux de couverture qui se détériore. A court terme, se posera la question de la soutenabilité du déficit commercial, qui plonge, depuis quatre ans, la balance des opérations courantes. Conjugué au déficit budgétaire, il devrait alimenter le débat sur la pertinence de la doctrine de la parité fixe adossée au dirham. «Cette détérioration n’est pas conjoncturelle, elle est liée à la nature du système productif peu diversifié. L’économie n’est pas compétitive», constate Habib El Malki, président du Centre marocain de conjoncture (CMC). Le centre organise ce mardi 13 décembre un séminaire sur «Compétitivité et dynamique à l’export: quelle stratégie d’avenir».
    L’export est caractérisé par une concentration de l’offre sur quelques pays et secteurs. «C’est un problème de cohérence d’ensemble. Il faut une nouvelle stratégie pour renforcer les exportations», note le président du CMC (voir encadré). Pour lui, il faut «industrialiser le PIB» et ne pas confondre entre plateforme industrielle et commerciale.
    Les différentes initiatives lancées au cours de ces dernières années pour de nouveaux débouchés n’ont pas encore donné de résultats palpables, et les exportations restent dominées par des produits à faible valeur ajoutée: textile habillement, agroalimentaire, phosphates et composants électroniques. Des plans sectoriels sont lancés pour augmenter les chances du pays dans ce qui est appelé les métiers mondiaux du Maroc, soit les secteurs dans lesquels il dispose d’avantages compétitifs.
    En dix ans, le commerce extérieur a connu un véritable boom. Les exportations sont passées de 78,8 milliards de dirhams en 2000 à 149,58 milliards en 2010, enregistrant ainsi une progression de 90%. Leur part dans le PIB est en évolution continue passant de 28% en 2000 à 33% en 2010 avec un pic en 2008 (37,5% du PIB), une année exceptionnelle caractérisée par la flambée du cours des phosphates.
    Les importations ont augmenté de 143% à 297,9 milliards de dirhams contre 122,5 milliards en 2000. Un niveau plus soutenu que celui des exportations. En 2010, l’import représentait 42,9% du PIB après un pic de 50,9% en 2008! «Nos importations sont constituées de produits incompressibles tels que les céréales, les biens d’équipement et les produits énergétiques», affirme Abdellatif Maâzouz, ministre du Commerce extérieur. Il rappelle au passage que toute «une stratégie commerciale est mise en place pour développer l’offre Maroc».
    Le déséquilibre chronique import/export se solde par un creusement du déficit: en dix ans il est passé de 43,7 milliards de dirhams à 148,38 milliards, ramenant ainsi le taux de couverture de 64,3% à 50,2%. Mais le record a été atteint en 2008 avec un solde négatif de 170,3 milliards de dirhams de la balance commerciale!
    La structure de nos importations n’a pas connu de profonds changements. Elle est dominée par l’achat de l’énergie, les demi-produits, les produits finis d’équipement et les biens de consommation. Les modifications se retrouvent dans la part de chaque produit dans les importations globales. Point positif, une hausse en faveur des biens d’équipement et des semi-produits. Ce qui renseigne sur l’effort de rattrapage économique qui s’est accéléré au cours de ces dernières années.
    La part de l’énergie dans l’import a progressé de 5,2 points entre 2000 et 2010. L’impact de la hausse des cours à l’international est également à prendre en compte. En 2000, les produits énergétiques représentaient 17,7% du total des importations contre 20,8% pour les biens d’équipement et 23,5% pour les produits finis de consommation. Les demi-produits représentaient 19,8% de l’ensemble des importations. En 2010, l’énergie et lubrifiants étaient à 22,9%, suivis par les produits finis d’équipement (22,3%) et les demi-produits (20,9%). Les produits finis de consommation sont toujours aussi importants mais marquent néanmoins une baisse de 4,7 points.
    Comparativement à la nature des importations, l’offre exportable se limite à quelques produits dont le plus important sont les phosphates et dérivés. D’ailleurs, le cours de ce produit a permis de redresser en valeur nos ventes à l’étranger. L’idéal pour les hauts responsables du département du Commerce extérieur serait une diversification et une hausse en qualité des produits locaux. «On peut réduire nos importations par une production locale de qualité et valorisée pour un certain nombre de produits», soutient Maâzouz.
    Comparativement à 2000, les demi-produits dominent les exportations en 2010. Ils représentent 29,1% contre 21,6%. C’est surtout l’acide phosphorique ainsi que les engrais naturels et chimiques qui prédominent alors que la part des composants électroniques a baissé par rapport à 2000 (5,4% contre 3,3% en 2010). Pour autant, cette branche a rapporté plus de 4,8 milliards de dirhams en 2010.
    Dans la structure des exportations, les produits finis de consommation demeurent importants, mais leur part recule. Ces produits qui regroupent les vêtements confectionnés, les articles de bonneterie et les chaussures s’établissent à 23,7% en 2010 contre 37,7% du total des exportations en 2000. Il faut dire aussi qu’au cours de la dernière décennie, le textile habillement a connu pas mal de «crises». Avec le plan Emergence, il tente de se réorienter vers une intégration en amont tentant ainsi de rompre avec le modèle économique basé sur le façonnage.

    Flexibilité du taux de change

    LE Centre marocain de conjoncture (CMC) propose une nouvelle stratégie à trois dimensions. La première propose d’industrialiser le PIB. Habib El Malki, président du CMC, explique qu’il ne faut pas faire du Maroc uniquement une plateforme commerciale mais également industrielle. Le site industriel de Renault à Tanger est une première évolution dans cette direction. Le plan Emergence doit être poursuivi et renforcé, renchérit le professeur El Malki.
    La deuxième dimension est d’ordre monétaire. Le président du CMC propose une plus grande flexibilité du taux de change du dirham pour favoriser les exportations marocaines.
    Pour lui, le pays dispose de marges de flexibilité importantes: une inflation maintenue à moins 2% et donc la préservation du pouvoir d’achat ainsi qu’un taux d’endettement ne dépassant pas 60% du PIB.
    La troisième dimension est d’ordre institutionnel. Les différents organismes qui opèrent dans ce secteur ont été certes fédérés par le ministère du Commerce extérieur mais les résultats se font attendre, note El Malki.

    Khadija MASMOUDI

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