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    Economie

    Forum de l’avenir
    «Une jeunesse vulnérable dans une région volatile»

    Par L'Economiste | Edition N°:1914 Le 10/12/2004 | Partager

    . Le coût de l’immobilisme est très élevé. 10 à 15% des moins de 18 ans sont dans une situation critique. La fuite des cerveaux va s’aggraverEt si l’on demandait aux jeunes de la région comment eux ils voient leur avenir puisqu’ils sont présents en force dans cette partie du globe? L’on devine bien les réponses sombres, voire désespérées de beaucoup d’entre eux. Déjà plus de la moitié avaient émis le souhait de partir loin, pourvu qu’ils ne restent pas dans une contrée où les chances d’épanouissement ne sont pas distribuées par des processus démocratiques, où le chômage sévit particulièrement et où ces jeunes ne croient plus aux discours de leurs dirigeants (cf. L’Economiste du 12 juillet 2004, www.leconomiste.com). Le Femise (Forum euroméditerranéen des instituts économiques) l’a dit: «Le coût de la non-réforme est extrêmement élevé, des mouvements radicaux émergent et se renforcent. Un peu plus de la moitié des jeunes ont émis le souhait de quitter la région(1)”. La Banque mondiale, à travers ses études, n’en pense pas moins. Ce malaise touche aussi bien les diplômés que les non-qualifiés. . La moitié des chômeurs sont des jeunesLa moitié des jeunes quand même! Le GMO (Mena + Iran, Afghanistan, Pakistan) compte plus de 560 millions d’habitants. Ils sont plus de 130 millions à avoir moins de 18 ans dans la seule région Mena, soit près de la moitié de la population. En Afghanistan, Pakistan et Iran plus de 90 millions ont moins de 15 ans, soit 40% de la population des trois pays. Et, dit la BM, à cause des conflits, de la violence, des contre-performances économiques et l’urbanisation rapide, les enfants sont désavantagés et beaucoup vivent dans la pauvreté. De telle sorte que 10 à 15% des moins de 18 ans sont considérés comme dans une situation critique. Les standards de l’éducation, santé, et les filets de protection sociale (quand il y en a) «ne les touchent pas directement».Le chômage frappe les jeunes de manière importante. Il est particulièrement concentré parmi la jeunesse dont les taux «s’étendent de 37% du chômage total au Maroc à 73% en Syrie, avec une moyenne simple de 53% pour tous les pays pour lesquels les données sont disponibles». Le plus grand défi pour la région, explique la Banque mondiale, est le chômage qui s’étend de moins de 5% dans les économies du «Conseil de coopération du Golfe» à près de 30% dans les pays comme l’Algérie et le Yémen. En Palestine, la situation est bien pire. La région Mena «doit relever le plus grand défi de toutes les régions, qui consiste à créer des possibilités d’emploi pour les nouveaux entrants sur le marché», insiste l’institution de Bretton Woods. Une croissance moyenne de la population active entre 2000 et 2010 de 3 à 4% l’an, «deux fois plus que dans toutes les autres régions en développement», donne pour chaque année, 4 millions de nouveaux entrants sur le marché du travail. C’est la fameuse «aubaine démographique» qui fait des ressources humaines qualifiées et disponibles sur le marché de l’emploi sans que l’offre ne suive. «En l’absence d’opportunités adéquates, se dessine une crise sociale (et politique)», dit la BM.. Vieux diagnostics, nouveaux joueursPar contre, si cette population est employée «de manière productive», les experts estiment l’augmentation du PIB de la région de 2 à 2,5% par an. A l’inverse, si des emplois ne sont pas créés, ce «cadeau pourrait se transformer rapidement en un «cadeau empoisonné», avec la hausse du chômage». Et puis, la Banque mondiale, comme les autres institutions, s’inquiète des conséquences de la situation actuelle sur la migration. «Si les opportunités adéquates ne sont pas créées dans les pays, se fait jour la possibilité d’une «fuite des cerveaux» grave, qui priverait la région d’une capacité humaine, d’idées et d’énergies précieuses, nécessaires pour faire avancer le processus de développement».Voilà qui est dit et redit, car ce n’est pas la première analyse du genre sur la région, ni la première sonnette d’alarme. La prise de conscience est dans l’engagement des gouvernements et de leurs peuples. Chose que souhaite d’ailleurs Powell quand il dit: «J’espère que nous arriverons à une prise de conscience de la nécessité de réformes et d’une modernisation dans la région du Grand Moyen-Orient et Afrique du Nord». Une manière d’exprimer le réel souci des Etats-Unis de contrer les «sources» du terrorisme. Espérons que l’intervention nouvelle du G8 et des Etats-Unis insufflera assez d’énergie pour passer à l’action.


    Volatilité et non-démocratie

    Quand le désespoir mène aux «pateras meurtrières», c’est qu’il n’y a plus de foi en son pays, qu’il y a sentiment d’exclusion, et pas d’environnement «propre» pour travailler. C’est souvent le genre de raisons que les jeunes invoquent quand ils ont les yeux fixés sur l’horizon… Leur avenir, leur rêve est quelque part, non pas dans un eldorado, mais dans un espace où l’arbitraire, la corruption, le tribalisme sont réduits au maximum et combattables par la loi… Ces jeunes dans la force de l’âge vivent aussi dans une région volatile parce que, dit la Banque mondiale, «la région Mena est en butte à une volatilité particulière des prix pétroliers, des conditions climatiques qui ont un fort impact sur la production agricole et les moyens d’existence de la population rurale»… Mais aussi «à des conflits et des guerres qui ont de graves conséquences». La volatilité de la région, c’est aussi l’instabilité des systèmes politiques mis en place, un problème de représentativité politique comme l’avait fortement souligné le Femise dans son rapport. Ces jeunes, principale cible du plan de réforme, rêvent de partir tandis que d’autres espèrent voir la région se relever, s’ériger sur des fondements démocratiques. . Avoir la vie devant soi en Palestine…Les chiffres de la Banque mondiale sur la jeunesse en Palestine sont éloquents. Ils mettent les instigateurs du plan de réforme du GMO au pied du mur. Comment, par exemple, la réforme fera-t-elle afin que tous les enfants puissent aller à l’école sans souci? Non, l’Autorité palestinienne n’a pas les moyens d’appliquer ce plan, à moins d’un espace de paix définitif. Les conflits dans le Moyen-Orient ne seront pas à l’ordre du jour lors de ce forum, pourtant, ils sont largement à l’origine des problèmes qui affectent la région. Dans la Cisjordanie et la bande de Gaza, le chômage est de plus de 50%. Près de la moitié de la population palestinienne (3,6 millions) a moins de 18 ans (même rapport que dans l’ensemble de la région). Le taux de chômage chez les jeunes est de l’ordre de 32,5%. Plus des deux tiers des enfants vivent aujourd’hui au-dessous du seuil de pauvreté (1 dollar par jour par personne). «Les enfants sont nettement affectés par la violence quotidienne comme les bombardements», dit la Banque mondiale. Et «environ 42,5% des décès chez les 5-19 ans sont dus aux armes à feu de l’occupation israélienne». Mais, poursuit la BM, ceux qui survivent à ces attaques font face à la destruction de leurs maisons et aux barrages les empêchant d’atteindre l’école de façon régulière. «La santé infantile palestinienne est également en grand danger. Et, explique un responsable au sein de la Banque en citant un rapport de l’Usaid, presque 21% souffrent de malnutrition chronique et jusqu’à 80% de problèmes comportementaux comme la violence, les désordres de sommeil, les difficultés émotives et cognitives, et le désespoir. Il s’agit à l’évidence de ces «sources du désespoir» que le plan veut combattre pour lutter contre le terrorisme.M. Kd---------------------------(1) Voir nos analyses dans l’édition du 12 juillet 2004, les rapports de la Banque mondiale sur la région Mena, et l’analyse du Femise (Forum euroméditerranéen des instituts scientifiques) sur le développement dans la région

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