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Affaires

«Nous nous adapterons aux exigences de l’autorité délégante«
Entretien avec Jean-Pierre Ermenault, DG de Lydec

Par L'Economiste | Edition N°:2243 Le 28/03/2006 | Partager

Révision du contrat de gestion d’eau et d’électricité, éclairage public, assainissement, investissement, implication dans l’INDH… Ce sont autant d’enjeux qui s’offrent désormais à Lydec. Jean-Pierre Ermenault, le nouveau DG dont c’est la première sortie médiatique, s’explique. - L’Economiste: Quelles ont été vos priorités depuis votre nomination? - Jean-Pierre Ermenault: Depuis mon arrivée , j’ai partagé mon temps entre les rencontres internes avec les collaborateurs de Lydec en allant sur le terrain, et les visites à nos partenaires, qu’ils soient élus ou autorités. J’ai aussi eu des échanges avec des clients et beaucoup écouté pour comprendre l’environnement dans lequel évolue notre entreprise. L’accueil a toujours été très chaleureux. Bien sûr, je suis aussi entré dans les grands dossiers que sont la révision du contrat et notre engagement dans l’INDH.- Justement, cette révision du contrat liant Lydec avec la ville de Casablanca est sur toutes les lèvres. Quels sont les changements majeurs qui seront apportés?- Lydec gère les services de l’eau, de l’assainissement et de l’électricité de notre autorité délégante, c’est-à-dire Casablanca, Mohammédia et Aïn Harrouda ainsi que ceux des communes périphériques. La gestion s’exerce dans le cadre d’un contrat de délégation de service d’une durée de trente ans. Nous devons donc en permanence nous adapter, faire face à des situations nouvelles. C’est pourquoi il est prévu des révisions périodiques. Révisions qui ont pour objectif de décider en commun des mesures qui s’imposent pour tenir compte des écarts par rapport à ce qui était prévu à l’origine et de définir de nouveaux enjeux. Ceci en respectant les grands principes du contrat, en particulier en matière de service aux clients, ainsi que d’équilibre économique. Bien entendu, nous souhaitons que le processus de révision se poursuive. Cela peut d’ailleurs être fait par étapes, en traitant successivement les sujets, en abordant d’abord les plus urgents comme celui de l’éclairage public.Bref, nous avons des priorités, des urgences, mais nous nous adapterons au souhait de notre délégant.. Préciser les ambitions pour Casablanca- Plus précisément, quels sont les points sur lesquels vous allez particulièrement vous pencher? - Il y en a trois essentiellement: l’éclairage public, les investissements et les enjeux liés à notre engagement dans l’INDH.Pour l’éclairage public, la ville nous avait demandé début 2004 de prendre en charge ce service en mettant à notre disposition le personnel communal. En deux années d’exploitation, nous avons tenu nos engagements. Nous avons amélioré de 20% le nombre de points lumineux qui fonctionnent, mais il reste encore beaucoup à faire car les installations sont vétustes. Pour cela, il faudrait lancer un programme de remise à niveau et disposer d’une organisation performante. C’est le sens de la proposition que nous venons de faire à la ville.En ce qui concerne les investissements, les canalisations d’eau, les réseaux d’assainissement, les câbles électriques sont construits pour durer des dizaines d’années. Nous avons à imaginer ce que sera ou devrait être l’agglomération de Casablanca dans 10, 20, 30 ans ou plus. Il faudrait, avec l’ensemble des parties prenantes, préciser nos ambitions pour Casablanca et définir les infrastructures à réaliser. Nous devons également et c’est, je crois, aussi l’avis exprimé par le président de l’autorité délégante, être créatif en ce qui concerne le financement des infrastructures pour l’eau potable et l’assainissement liquide. Le coût de ces infrastructures ne peut être intégralement supporté par le prix de l’eau, sauf à augmenter significativement celui-ci. Je souhaite que la révision du contrat soit l’occasion de débattre de ces enjeux. En ce qui nous concerne, nous analyserons différents scenarii et ferons des propositions. Il appartiendra ensuite aux élus de se prononcer.. Opportunité pour accélérer les actionsLe 3e enjeu à traiter dans le cadre de la révision du contrat concerne notre engagement dans l’INDH. En 2005, le Maroc a érigé l’accès aux services de base en priorité nationale avec une implication directe des plus hautes autorités du pays. Pour Lydec, c’est une opportunité pour accélérer les actions qu’elle avait déjà engagées sur le terrain. Il faut rappeler que durant nos 8 années d’activité et malgré les freins liés au fait que nous intervenions dans des zones d’habitat non autorisé, notre société a électrifié près de la totalité des bidonvilles de la périphérie, ceci au bénéfice de 30.000 foyers. Il reste 140.000 foyers à raccorder en eau et assainissement liquide en 4 ans, dont la majorité est située en zones péri-urbaine et rurale. Ce sera un véritable challenge technique et financier.- On dit que Lydec n’a pas rempli ses engagements par rapport au cahier des charges? Etes-vous d’accord avec cette idée? - C’est inexact. Je rappelle que le contrat de délégation fixe à Lydec des obligations de résultats et je crois que nous pouvons être fiers de ce qui a été fait depuis 1997. Dans la dernière enquête trimestrielle à fin décembre 2005, 93% de nos clients se sont déclarés satisfaits de la qualité des services. Ils apprécient l’amélioration de l’accueil dans les agences, la forte réduction du temps d’attente aux guichets, la réduction des délais de réponse et d’intervention, les différentes possibilités offertes pour leur faciliter les contacts avec Lydec. Pour les industriels, les promoteurs et les aménageurs, nous avons mis en place une équipe dédiée et une gamme de services adaptés.Nos clients ont vu aussi les efforts faits pour lutter contre les inondations. Les pluies intenses de cette année ont été reçues sans dégâts majeurs, puisque nous avons considérablement réduit les zones à risque. Actuellement, il y en a une dizaine contre 52 en 1997, pour la plupart nouvelles, et dues à l’urbanisation rapide et non maîtrisée par endroits.En électricité, d’importantes infrastructures ont vu le jour telles que le poste source Sidi Othmane, celui de Dar Bouazza, le bureau de conduite centralisé que les Casablancais peuvent visiter au siège de Diouri. Elles ont permis d’améliorer fortement le service. Par exemple, nous avons divisé par 3 le nombre de coupures d’électricité.- Le contrat a prévu un dispositif de contrôle. Comment s’exerce-t-il? - Le contrat prévoit un dispositif de contrôle technique et financier. Lydec présente ses budgets prévisionnels d’investissement et envoie à l’autorité délégante tous les ans un rapport annuel d’activité. Par ailleurs, il existe un comité de suivi composé d’élus représentant l’autorité délégante, de représentants du ministère de l’Intérieur et de Lydec qui ont pour mission de donner leur avis et d’émettre des recommandations sur tous les sujets majeurs du contrat. Ce comité s’est réuni 64 fois de 1997 à 2005. - Quelles sont les innovations qui seront apportées en matière de service au client? - Nous avons déjà beaucoup fait depuis notre arrivée. C’est d’ailleurs pourquoi le taux de satisfaction de nos clients s’est amélioré sensiblement. Il est passé de 50% en 1997 à 93% aujourd’hui.Mais, et c’est normal, nos clients, comme tous les clients, sont de plus en plus exigeants. Nous allons en 2006 mettre en place une organisation qui permette de mieux garantir la rapidité et la qualité de nos réponses. Et par ailleurs, nous créerons un service de médiation pour résoudre les cas difficiles.- Vous êtes un opérateur structurant dans la ville. Au-delà de vos missions contractuelles, comment concevez-vous votre rôle?- Lydec est une entreprise locale, complètement ancrée dans la région de Casablanca. Cela nous crée des devoirs: celui d’aider lorsque nous sommes à même d’apporter notre contribution. C’est par exemple ce que nous faisons aujourd’hui pour l’éclairage public; celui de contribuer à l’évolution de la Région. Nous avons un rôle de conseil dans le développement de l’urbanisation, en proposant les infrastructures les plus performantes, en termes de coût, mais également de prévention des risques. Je pense en particulier aux risques d’inondations; celui de contribuer à l’alimentation en eau et à l’accès au service d’assainissement dans les zones d’habitat informel. J’en ai déjà parlé.- Malgré ce bilan, Lydec est attaquée par certains élus… Comment le vivez-vous?- Lydec compte 3.250 collaborateurs. J’ai été frappé par leur dévouement, en particulier lorsqu’il y a eu des crises comme celle de Mohammédia en 2002 après la crue de Oued El Maleh. Ils sont fiers de leur métier et se sont énormément investis pour changer et rehausser la qualité de service de leur entreprise. Evidemment, les attaques les touchent fortement. La plupart, en fait 95% d’entre eux, travaillaient déjà pour la RAD en 1997. Les Casablancais ont pu constater qu’avec eux, avec le recrutement d’une centaine de compétences locales, en assurant le management et la formation nécessaires, nous avons fait progresser le service. C’est pourquoi je tiens à leur rendre hommage.Je voudrais également souligner l’appui et la confiance de nos actionnaires, Suez bien sûr, ainsi que nos actionnaires marocains qui détiennent aujourd’hui 49% du capital: les deux prestigieux institutionnels que sont la CDG et RMA Watanya, et les particuliers qui nous ont fait confiance lors de l’introduction en Bourse de 14% de notre capital.


Tarifs: Le point noir

«Malgré tout, nous sommes contestés sur quelques points, en particulier le montant de nos investissements et les tarifs», souligne Ermenault. Sur le premier point, il y a certes un décalage par rapport aux programmes prévisionnels de 1997. «Mais ce qui devait être fait a été fait», dit-il. Des opérations essentielles ont été réalisées alors qu’elles n’étaient pas prévues tel le délestage du collecteur ouest, un investissement de 180 MDH, pour protéger des inondations le quartier El Fida. D’autres ont été retardées pour des raisons indépendantes de Lydec. «Concernant les tarifs, je voudrais d’abord rappeler qu’ils sont fixés par le contrat et donc définis par notre délégant. Et que pour 50% des foyers à Casablanca, la facture d’eau et d’assainissement est inférieure à 41 DH par mois. Bien sûr, nous sommes, comme les autorités et élus, soucieux que les tarifs soient acceptables et adaptés aux possibilités des consommateurs. Mais nous devons aussi disposer des ressources financières qui permettent d’assurer un service performant», affirme le DG.


Parcours

Ingénieur de l’Ecole spéciale des Travaux Publics, Jean-Pierre Ermenault a été successivement président de deux filiales de Lyonnaise des Eaux (Golf Espace et la Stéphanoise des Eaux) avant d’être nommé en avril 1998 directeur délégué de Lyonnaise des Eaux France en charge du Sud-Ouest. A ce titre, Ermenault était chargé de la coordination des activités des sociétés du Groupe Suez dans le Sud-Ouest avant d’intégrer la direction de Lydec, à Casablanca en octobre 2005, en remplacement de Guy Canavy. Propos recueillis par Fatima EL OUAFI

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