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Art & Culture Week-End: Dans le Maroc précaire, une enfance sacrifiée

Par Amine BOUSHABA | Edition N°:5861 Le 09/10/2020 | Partager
Un livre/enquête poignant
Absence de véritable politique étatique de protection de l’enfance
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C’est un livre/enquête criant de vérité. Entre analyse, témoignages de victimes et récits d’acteurs sociaux «Enfance au Maroc. Une précarité aux multiples visages», publié aux éditions «En toute lettres» dresse un bilan sévère et alarmant de la situation des enfants au Maroc.

Abandon scolaire, mariage précoce, exploitation économique, absence d’état civil, violence sexuelle… l’auteur, le journaliste d’investigation Hicham Houdaïfa, pointe du doigt l’absence de véritable politique étatique de protection de l’enfance, et rend hommage au travail de la société civile.

«Au Maroc, la responsabilité de la protection de l’enfance se perd entre plusieurs ministères: le ministère de la Solidarité, de la Femme, de la Famille et du Développement social (MSFFDS) bien sûr, mais également celui de la Jeunesse et Sports, de l’Éducation, de la Justice, de la Santé, de l’Intérieur, de l’Emploi… en plus de l’Entraide nationale. La coordination entre ces parties est, le moins que l’on puisse dire, insuffisante. Les ressources humaines dévouées à cette cause restent en deçà des attentes.»

Du quartier Lahraouiyne dans la banlieue de Casablanca à la gare routière de la métropole en passant par les villages du Haouz ou la région de Taroudant… l’auteur est allé à la rencontre d’éducateurs et d’éducatrices sociaux, de mères désemparées et d’enfants abandonnés. Il raconte la honte des parents dont les enfants ont été victimes de viol, la complexité du parcours judiciaire, le manque de soutien psychologique… Le cas de Rachida, une assistante sociale qui raconte l’histoire d’une mère incapable de rendre justice à sa petite fille violée par son propre père et qui évoque «d’autres histoires de viol d’enfants, commis par le père, le beau-père, le frère ou l’oncle, qui restent cachées, au nom de la réputation de la famille…».

Quand ce n’est pas une autre forme de «violence sexuelle institutionnalisée» par le mariage des mineures. Des fillettes de 12, 13 ans mariées à des hommes de 40 ans leurs aînés. L’enquête  aborde la multiplicité des défis de la protection de l’enfance en situation difficile. Elle parle de l’extrême fragilité des enfants adoptés sous le système de la «Kafala», qui se retrouvent à la rue suite au décès des parents adoptifs, sans parler de milliers d’enfants privés d’identité et donc privés d’existence légale: sans état civil, sans insertion à l’école ou professionnelle, sans accès à la CIN.

A.Bo

 

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