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Economie

Post-covid: Tous les hôtels ne seront pas opérationnels

Par Badra BERRISSOULE | Edition N°:5770 Le 28/05/2020 | Partager
Le tourisme domestique ne pourra pas remplir les 235 hôtels de Marrakech
Avoir un taux d’occupation de moins 20% nuirait plus à l’établissement
Les clubs de vacances gardent en revanche espoir

Après le déconfinement, il n’est pas sûr que tous les hôtels soient opérationnels à Marrakech et dans l’ensemble du royaume. En l’absence de clientèle internationale en raison de la fermeture des frontières, l’industrie du tourisme joue son va-tout sur la clientèle domestique. Le marché national, même dans le meilleur des cas, ne réussira pas à remplir 50% des 60.000 lits de Marrakech.

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Le marché national, même dans le meilleur des cas, ne réussira pas à remplir 50% des 60.000 lits de Marrakech (Ph. PxHere)

Les professionnels le savent: «Le retour à la normale ne sera pas que dans 2 ou 3 ans peut-être», indique Othmane Cherif El Alami (voir notre édition n°5736 du 8 avril 2020). La plupart des grands hôtels de Marrakech sondés par L’Economiste espèrent un démarrage d’activité début de juillet. Et si la réouverture de certains établissements avait bel et bien lieu, les hôteliers devraient enregistrer de faibles taux d’occupation (maximum de 30%), bien loin des standards habituels.

La chaîne hôtelière Accor qui gère 6 hôtels à Marrakech a annoncé pour sa part  un très faible taux d’occupation. «Il faut s’attendre  à 10% ou 20% de taux de remplissage», souligne un hôtelier de la place. Les clubs avec de bons commerciaux pourraient faire mieux avec des 40% de taux d’occupation.

Quoi qu’il en soit, cela ne permettra certainement pas de rattraper ces 3 mois de haute saison perdus pour Marrakech, ni d’encourager les établissements à rouvrir leurs portes. «Il serait inutile, en effet, de démarrer l’activité avec un taux d’occupation de 10% qui ne permettra même pas de couvrir les charges», détaille notre hôtelier, d’autant plus qu’il manque encore un élément important: la vision et l’accompagnement de l’Etat pour le 2e semestre.

Les incertitudes sont nombreuses pour le tourisme, premier secteur impacté par le Covid et dernier à s’en sortir même à la fin de l’épidémie. Ce n’est pas pour rien que ses professionnels scrutent l’évolution de la situation sanitaire et surtout les décisions qui vont être prises par le comité de veille économique du Covid-19. Il y a plusieurs semaines, la Confédération Nationale du Tourisme avait tiré la sonnette d’alarme concernant le secteur présentant des baisses de l’ordre de 6 millions de touristes à fin juin qui vont se traduire avec un total de nuitées perdues de 11,6 millions.

En chiffres d’affaires, les estimations de la CNT parlent de plus de 14 milliards de DH de pertes pour l’hôtellerie. Pour estimer ces pertes, la CNT a choisi 2019 comme base référentielle qui, rappelons le, était une année qui a enregistré 13 millions d’arrivées et des taux d’occupation assez élevés, particulièrement à Marrakech. L’année dernière, la ville a attiré plus de 3 millions d’arrivées qui ont réalisé  8,4 millions de nuitées, uniquement dans les hôtels classés.

Marrakech, dont quasiment toute l’industrie est basée sur le tourisme, reste la ville la plus pénalisée au niveau de ce secteur. Depuis le début de la pandémie,  elle a subi une double perte: des touristes individuels et ceux drainés par les nombreux événements, congrès, ou festivals.

Aujourd’hui, et à l’exception, d’une vingtaine d’établissements mis à la disposition du personnel médical, 210 hôtels sont fermés et certains ne se relèveront pas de cette crise. Des professionnels gardent, tout de même, espoir quant au tourisme domestique. Aussi,  les voyagistes de la région de Marrakech travaillent-ils aujourd’hui sur des produits et packages estivaux inédits tournés vers l’océan, à Essaouira et ses plages et vers la montagne d’Al Haouz, avec le strict respect des mesures sanitaires.

Les professionnels misent également sur les Marocains -estimés à 500.000- qui passent leurs vacances à l’étranger (en Espagne et au Portugal), mais pourront-ils leur offrir les mêmes prestations et mêmes prix? Ici encore une autre incertitude car, si le Maroc ouvre ses frontières cet été, ces touristes préféreront peut-être choisir de passer leurs vacances en Espagne, qui compte recevoir des arrivées dès juillet prochain.

Des normes sanitaires en préparation

Les incertitudes planent aussi au niveau des mesures de sécurité sanitaire. Des normes, une sorte de certification, sont en cours de préparation par le ministère du tourisme en collaboration avec la Santé et l’Intérieur. «Dès que l’architecture du projet est finalisée, il sera discuté avec les professionnels», indique Mehdi Taleb, directeur de la réglementation, du développement et de la qualité. Il apparaît clairement que les hôteliers ne sont pas vraiment impliqués dans ce processus. Certains établissements ont déjà pris les devants en se faisant accompagner par un des trois bureaux d’études –Veritas, Christal et Prevrisk. Techniquement, ces mesures devraient comprendre des contrôles de température à l’entrée des hôtels, des caméras infrarouge, des chambres désinfectées et laissées vacantes 48 heures entre deux clients, des lavages intensifs des espaces communs et l’espacement des tables d’un mètre dans les cafés, l’absence de buffet,… comme ce qui était fait ailleurs. La mise en place de ces normes demande du temps selon la nature de l’activité.

Badra BERRISSOULE

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