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    Formation professionnelle: Métiers manuels, on n’en veut pas!

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:5619 Le 22/10/2019 | Partager
    Or, ils peuvent présenter de bonnes opportunités, y compris en entrepreneuriat
    Les jeunes préfèrent les filières d’administration, com­merce et management
    L’offre de cursus est aussi déséquilibrée
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    L’administration, gestion et commerce captent une bonne part des stagiaires de la formation professionnelle. Ils accaparent près du quart des effectifs

    Commerce, gestion, adminis­tration, industrie… Voilà les secteurs où s’oriente l’essentiel des stagiaires de la formation professionnelle (voir illustra­tion). Ces domaines accaparent plus de la moitié des effectifs (55% en 2018).

    «Les jeunes trouvent qu’il est plus valorisant de travailler chez une banque, une assurance, un bureau de transit...», relève Abdeslam Benahra, vice-président de la Fédération marocaine de l’enseignement professionnel privé (Fmep). «Les métiers du BTP sont également assez prisés, notamment les mieux rémunérés, comme topographe, ou encore conducteur d’engins sur les chan­tiers», ajoute-t-il.

    D’autres spécialités ont un peu plus de mal à recruter des jeunes, malgré leur potentiel d’embauche. Le paramédical, par exemple, accueille moins de 5% des effec­tifs, alors que la demande du marché est très importante (voir article ci-contre).

    Il faut dire aussi que le système de formation public, qui compte pour plus de 80% du dispositif, s’est peu positionné dans le do­maine. Il participe pour moins de 1% dans l’offre de formation de cette spécialité. La pénurie de profils est, en effet, également  liée à l’offre de cursus, parfois en décalage avec les besoins du marché.

    «La formation professionnelle publique a commis des er­reurs d’orientation. Les implantations sont généralement tournées vers le tertiaire, car c’est facile de monter des cursus dans ce domaine, au lieu de s’inté­resser aux besoins écono­miques locaux», estime Benahra.

    C’est justement ce qu’essaieront de faire les cités des métiers et des compétences préconisées pas la nouvelle stratégie de la formation profession­nelle. Elles proposeront des spécialités répondant aux potentialités locales. «Le public s’est, en outre, peu installé dans les petites villes et dans le rural», re­grette le vice-président de la Fmep.

    D’autres métiers sont quasiment exclus pour la majorité des jeunes. Mécanique, électricité, plomberie, boucherie, horticulture… Ces filières restent mal perçues. Des écoles privées les proposent aussi, mais elles sont «à la limite de la crise», selon les profession­nels. Un grand effort de communication et de sensibilisation est nécessaire, afin d’en démontrer l’intérêt. Surtout que la techni­cité de ces professions a beaucoup évolué

     ces dernières années et nécessite de réelles compétences. Les ménages parviennent difficilement à mettre la main sur de vrais professionnels de ces métiers, et sont prêts à payer le prix fort pour s’offrir des presta­tions de qualité. Dans l’industrie, ces spé­cialités présentent des opportunités non négligeables.

    Le centre de formation par apprentis­sage d’électriciens de l’Heure Joyeuse à Mkanssa (Casablanca), par exemple, ar­rive à placer près de 80% de ses lauréats en emploi. Environ 50% sont embauchés par les sociétés où ils ont réalisé leur stage.

    «L’électricité est liée au développement du bâtiment, c’est un métier porteur. Dans cer­taines régions, les plans de développement s’étalent sur 20 ans. Dans l’industrie aussi, les opportunités sont nombreuses, grâce aux entreprises de câblage qui se sont ins­tallées au Maroc», fait remarquer Ahmed Reda Oumerri, responsable du centre. «Grâce au statut d’autoentrepreneur, de plus en plus de jeunes travaillent pour leur propre compte.

    Avec seulement 200 DH, il est possible de s’offrir des cartes de visite et de commencer à démarcher des clients», poursuit-il. Certains parviennent à décrocher des marchés de plus de 20.000 DH. Le tout est de réussir à se constituer une réputation et un réseau.

    D’autres com­mencent par travailler en free lance avec des électriciens chevronnés, briguant des contrats sur des chantiers, souvent au noir. «Il y a également ceux qui prennent de pe­tits projets au noir, mais comprennent très vite que pour gagner beaucoup d’argent, il faut se structurer, être capable de fournir un devis et une facture», ajoute Oumerri. Les parcours sont multiples. Métier manuel ou pas, chacun peut se créer sa propre chance, grâce à sa compétence et à sa capacité à gérer sa carrière.

    Compétences transversales, un enjeu de taille

    S’Intégrer dans le monde du travail et dans la culture d’entreprise, savoir communiquer, s’exprimer, négocier, savoir-être… Les compétences transversales sont essentielles pour réussir son parcours professionnel. Même les meilleurs techniciens peuvent rater des opportunités faute de soft skills. Chez les jeunes issus du système public, le déficit est patent. «Nous trouvons des difficultés avec les jeunes que nous accompagnons pour trouver un em­ploi, et qui n’ont pas été formés en soft skills. Ils peuvent, par exemple, quitter leur travail sur un coup de tête, sans raison apparente, alors qu’ils cherchaient un poste pendant longtemps», témoigne Ahmed Reda Oumerri. C’est sans doute l’un des chantiers phares à adresser dans la réforme de la formation professionnelle.

    Ahlam NAZIH

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