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    Fès-Meknès: Gros potentiel dans la céréaliculture

    Par Youness SAAD ALAMI | Edition N°:5423 Le 02/01/2019 | Partager
    La Région veut booster la qualité et la quantité produite
    PMV, sensibilisation, accompagnement… en priorité
    Financement, commercialisation et formation aussi
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    Les agriculteurs scrutent le ciel espérant réussir une bonne campagne agricole. Notons que le volume des précipitations enregistré cette saison est de l’ordre de 245 mm, en hausse de 132% par rapport à la campagne précédente (Ph L'Economiste)

    L’Agriculture est un secteur porteur pour la région Fès-Meknès. C’est ce qui ressort d’une journée d’étude organisée dernièrement par le Conseil régional. Axée sur «la filière des céréales dans la région: production, financement et commercialisation», la rencontre était l’occasion de montrer le gros potentiel que présente la céréaliculture. L’Economiste revient sur les principaux points débattus lors de cette journée.

    ■ Plus de la moitié des terres cultivées
     Après l’olivier, l’oignon, le pommier et le cerisier, la région Fès-Meknès veut marquer son territoire dans la filière céréalière. Celle-ci occupe une superficie de 716.000 ha au titre de la campagne agricole 2018-2019, soit 53% de la superficie totale cultivable dans la région. En détails, quelque 44% de cette superficie est réservée au blé dur, 29% à l’orge et 27% au blé tendre. Selon les statistiques présentées par la direction régionale de l’agriculture de Fès-Meknès, «près de 86% des superficies cultivables se concentrent dans les préfectures et les provinces de Taounate, Taza, El Hajeb, Meknès et Sefrou». Ce n’est pas d’ailleurs fortuit si le groupe OCP déployait récemment son dispositif itinérant «Al Moutmir» dans la région. Le but étant de vulgariser les nouveautés en matière de recherche scientifique et d’innovation dans le secteur au profit du fellah. D’autant plus que l’OCP dispose d’une véritable cartographie des sols et des fertilisants capables de booster la production céréalière. A ce propos, les indices de rendement de cette filière ont connu, ces dernières années, une nette amélioration sur différents plans. Ainsi, la production a augmenté de 31%/ha, passant de 1.346.709 tonnes en 2003-2007 à 1.743.393 T au cours de la saison 2017-2018. Les indices liés à la valeur ajoutée, l’emploi, au rendement et au chiffre d’affaires se sont améliorés, eux, respectivement de 31%, 18%, 36% et 30%.

    ■ Taounate: La céréaliculture contre le cannabis
    Autrefois connues par le cannabis, les terres de Taounate et du prérif ont été reconverties dans la céréaliculture, l’olivier, la production fruitière et le caroubier. En effet, près de 45.000 plants avaient été distribués, en 2009, aux agriculteurs et aux coopératives. Le but étant de lutter contre la culture du cannabis qui empoisonnait la région de Taounate et améliorer les revenus des agriculteurs. Résultat: la province de Taounate a occupé, au titre de la saison 2017, la première place en ce qui concerne la superficie et la production des céréales avec 31%, suivie de Taza (19%), Meknès (13%), El Hajeb (11%) Ifrane (11%), Sefrou (8%), Fès (6%) et Boulemane (1%). Plus globalement, la superficie agricole utile au niveau de la région est estimée à 1.335.639 hectares, soit 15% de la superficie agricole utile nationale. La superficie totale des terres irriguées est de l’ordre de 1.251.456 hectares, soit 9% de la superficie totale des terres agricoles de la région. «Fès-Meknès occupe la deuxième place en matière de production agricole avec un écart très faible par rapport à la première position», souligne Mohand Laenser, président de la région. «Aujourd’hui, notre ambition et de devenir les premiers à l’échelle nationale. Notre région a réalisé plusieurs avancées dans ce domaine, mais nous constatons l’existence de plusieurs contraintes qui entravent le développement de cette filière, surtout pour les petits agriculteurs», poursuit le doyen des présidents de régions.

    ■ Sensibilisation permanente tout au long de la saison
    Dans le but de propulser le secteur agricole, des journées de sensibilisation sont initiées tout au long de la saison agricole. Pour Kamal Hidane, directeur régional de l’agriculture, «ces rencontres permettent aux agriculteurs de la région d’être informés sur la conduite technique des principales cultures céréalières». En fait, grâce aux mesures d’accompagnement du Plan Maroc Vert et l’appropriation de techniques de production modernes, la production a été hissée aussi bien au niveau qualitatif que quantitatif. En revanche, les céréaliculteurs dénoncent l’ouverture du marché face aux blés étrangers. Ce qui engendre un déséquilibre entre l’offre et la demande puis une baisse des prix. Surtout quand le marché local est bien approvisionné par le produit national. A ce propos, les agriculteurs de la région font état d’un énorme manque à gagner. Ainsi, ils vendent leurs produits avec des prix inférieurs. A noter que le prix de référence pour les céréales cette année est de 280 DH/quintal. «Outre la baisse des prix, la région souffre d’un manque flagrant en matière d'infrastructures de stockages (silos) et de conditionnement pour la conservation de notre produit pour les années à venir», déplore Mohamed Zirari, président de l’association régionale des producteurs des céréales.

    ■ Pluviométrie: Les agriculteurs scrutent le ciel
    Après un début de campagne agricole réussi avec des précipitations abondantes en septembre et octobre, le temps est devenu très clément durant les deux derniers mois. Ainsi, les agriculteurs scrutent le ciel espérant réussir une bonne campagne. A ce propos, le volume des précipitations enregistré cette saison est de l’ordre de 245 mm, en hausse de 132% par rapport à la campagne précédente. Toutefois, les précipitations de l’hiver seraient d’un grand apport, surtout si elles sont bien réparties dans le temps. En attendant, «il y a nécessité d’œuvrer pour relever les défis auxquels fait face le secteur au niveau de la région, notamment le renforcement de la bonne gouvernance et la formation et l’encadrement, l’amélioration de la situation des petits agriculteurs et le règlement des problèmes liés au financement et à la valorisation de la chaîne de production», conclut Laenser.

    De notre correspondant permanent, Youness SAAD ALAMI

     

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