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    Régions

    Tanger: La crise du budget s’enlise

    Par Ali ABJIOU | Edition N°:5423 Le 02/01/2019 | Partager
    Le délai légal épuisé pour la présentation des comptes
    Retenues à la source et dettes héritées, les boulets
    Mesures drastiques pour réduire les dépenses, la Mairie serre la ceinture
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    Tanger doit 122 millions de DH à Amendis et une centaine de millions aux deux opérateurs en charge de l’assainissement solide, des créances qui pèsent sur les caisses de la ville et qui mettent en péril la continuité du service (Ph. Adam)

    La ville de Tanger risque de ne pas avoir de budget pour cette année. Après le rejet par le ministère de l’Intérieur du projet présenté par l’équipe de Bachir Abdellaoui, maire de la ville en novembre dernier, le conseil de la capitale du Détroit a été incapable de discuter en deuxième lecture le texte du budget.

    Et pour cause, l’entrée en scène d’un groupe de citoyens mécontents contre la répartition des commerces dans le cas d’un marché de proximité (cf. L’Economiste n° 5414 du 18 décembre 2018).

    A deux reprises, le conseil de la Mairie de Tanger n’a pu mener à terme la session extraordinaire prévue, ces éléments perturbateurs ont eu le dernier mot. Selon les textes et sauf intervention exceptionnelle, ce sera à la tutelle de se prononcer sur la situation et engager un budget de fonctionnement en attendant que la situation se normalise.

    Entretemps, l’équipe actuelle à la Mairie assure s’en tenir à son budget, malgré les critiques de l’Intérieur, selon Mohamed Amahjour, vice-président du conseil de la Mairie en charge des finances. Le projet prévoyait des recettes s’élevant à 717 millions de DH, que l’Intérieur a jugé trop optimistes, d’où sa demande de revoir le projet.

    La principale pierre d’achoppement reste la provision pour les jugements et expropriations. Il s’agit d’un boulet que les finances de Tanger traînent depuis près de deux ans et qui a commencé à peser sur ses finances.

    Lors des dernières années, ce sont près de 350 millions de DH qui ont été ponctionnés directement des caisses de la ville pour exécuter ces jugements, 136 millions de DH sont actuellement jugés et en instance d’exécution. La ville doit aussi 139 millions de DH dans le cadre d’expropriations réglées à l’amiable, pour des dossiers dont certains remontent à 1975.

    La ville doit aussi de l’argent aux concessionnaires et gestionnaires délégués. Ainsi, Amendis en charge de la gestion de la distribution d’eau et d’électricité traîne une créance de 122 millions de DH, les deux opérateurs en charge de l’assainissement solide, Solamata et Sita Boughaz, une cinquantaine de millions de DH chacun, en plus d’autres créanciers. En plus, la ville a découvert dans ses comptes qu’elle était redevable à divers fournisseurs de près de 132 millions de DH.

    La mairie, selon Amahjour, assure avoir mis en place des mesures drastiques pour renflouer les caisses et pour réduire les dépenses. C’est le cas des factures de communication, de transport mais aussi les frais des élus qui ont été maintenus dans le même niveau.

    La ville a aussi transféré certaines dépenses vers les arrondissements comme les charges liées aux fontaines publiques et l’entretien des espaces verts. Les membres du bureau assurent aussi avoir frappé à toutes les portes au niveau central.

    Déjà les premiers fruits se font noter comme l’attribution d’une prime de 60 millions de DH pour payer les arriérés des crédits du Fonds d’Equipement communal et la prise en charge au niveau central d’un deuxième emprunt de 100 millions de DH au sein de ce même fonds. Mais le gap est trop important et les dépenses ne cessent de grandir avec l’extension de la ville. D’où le besoin de solutions novatrices pour dépasser cette crise.

    De notre correspondant permanent, Ali ABJIOU

     

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