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Perspectives agricoles: Les grandes tendances pour la décennie à venir

Par Fatim-Zahra TOHRY | Edition N°:5308 Le 05/07/2018 | Partager
Des céréales à la viande… fort appétit pour tous les produits
Les ressources en eau de plus en plus rares dans la région Mena
Les projections de l’OCDE et la FAO

Les Perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2018-2027 tablent sur un tassement de la croissance de la demande mondiale de produits agroalimentaires, accompagné de nouveaux gains de productivité dans le secteur. Les prix des principaux produits agricoles devraient par conséquent rester faibles sur les dix prochaines années.

Les experts attribuent ce ralentissement de croissance sur le front de la demande à un mouvement en ce sens dans les grandes économies émergentes, à une stagnation de la consommation d’aliments de base par habitant et à une nouvelle baisse du rythme de la croissance démographique mondiale. Voici les principaux éléments des projections par produit:

■ Céréales:

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Sa production mondiale devrait progresser de 13% d’ici 2027, tirée avant tout par l’amélioration des rendements. Sur les marchés du maïs et du blé, la Russie rejoint le devant de la scène internationale et s’est inscrite au premier rang des exportateurs de blé devant l’Union européenne en 2016. La part représentée par le Brésil, l’Argentine et la Russie sur le marché du maïs devrait augmenter et celle des Etats-Unis diminuer. La Thaïlande, l’Inde et le Viet Nam devraient rester les principaux fournisseurs de riz sur les marchés internationaux, mais le poids du Cambodge et du Myanmar dans les exportations mondiales devrait croître. Sur la période de projection, les prix devraient légèrement augmenter en valeur nominale, mais enregistrer un modeste recul en valeur réelle.

■ Sucre:

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Selon les projections, le Brésil devrait rester en tête des pays producteurs et l’Inde, la Chine et la Thaïlande afficher de belles perspectives de croissance. La production de canne à sucre et de betterave sucrière devrait progresser moins rapidement qu’au cours de la décennie précédente. La demande d’édulcorants caloriques (sucre et isoglucose) devrait augmenter à un rythme plus soutenu que celui de la plupart des produits. En Asie et en Afrique, la croissance démographique et l’urbanisation devraient entretenir la croissance de la consommation de sucre. Le Brésil continuera d’assurer quelque 45% des exportations mondiales, ce qui l’inscrit au premier rang des pays exportateurs. Le prix du sucre devrait marquer une légère hausse en valeur nominale, mais enregistrer un recul en termes réels.

■ Viande:

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Par rapport à la période de référence, la production mondiale devrait avoir augmenté de 15% en 2027. Cette production supplémentaire devrait provenir à 76% de pays en développement et la progression devrait être particulièrement marquée sur le segment de la volaille. Cependant, les consommateurs des pays en développement devraient accroître et diversifier leur consommation de viande en se tournant vers des produits plus coûteux, comme la viande bovine et ovine. La demande d’importations restera soutenue en Asie, en particulier aux Philippines et au Viet Nam. Parmi les grands importateurs, on trouve également la Chine, la Corée et l’Arabie saoudite. Les principaux pays exportateurs de viande, à savoir le Brésil et les Etats-Unis, devraient peser encore plus lourd et représenter quelque 45% des exportations à eux deux. D’ici 2027, le prix de la viande devrait progressivement augmenter en termes nominaux, mais fléchir en termes réels.

■ Produits laitiers: Il faudrait s’attendre à une progression de 22% de la production mondiale. Cette hausse provenant en particulier du Pakistan et de l’Inde. A eux deux, ces pays devraient en effet représenter 32% de la production mondiale de lait en 2027. L’essentiel de leur production supplémentaire sera consommé dans le pays même sous forme de produits laitiers frais. Sur la période de projection, la part de l’Union européenne dans les exportations mondiales de produits laitiers devrait passer de 27% à 29%. La bulle spéculative sur le beurre survenue en 2017 continuant de désenfler, les prix nominaux et réels du produit baisseront au cours de la période de projection. A l’exception des poudres de lait, le prix des produits laitiers devrait baisser en termes réels.

■ Poisson: Le surplus de production est entièrement dû à la croissance de l’aquaculture, qui persiste tout en ralentissant, tandis que les prévisions sont en légère baisse pour la pêche. Dans sa nouvelle politique, la Chine prévoit un ralentissement potentiellement net de la croissance de sa production aquacole et halieutique. Les pays asiatiques représenteront 71% de la hausse de la consommation alimentaire de poisson et la consommation de poisson par habitant augmentera sur tous les continents à l’exception de l’Afrique. Les échanges de produits halieutiques et aquacoles demeureront très animés.

                                                                        

Région Mena: Les risques à prévoir

L’agriculture de la région Mena est dominée par deux géants régionaux (l’Iran et l’Egypte), qui produisent ensemble la moitié de la valeur totale de la production agricole. Par ordre de taille, les trois producteurs suivants sont le Soudan, le Maroc et l’Algérie, qui représentent ensemble 27% de la production agricole.

Les 15 pays restants sont à l’origine de 23% de la valeur totale de la production agricole dans la région. L’une des préoccupations majeures tient au fait que l’approvisionnement de cette région en produits alimentaires de base clés dépend beaucoup, et de plus en plus, des marchés internationaux, les terres arables et les ressources en eau devenant de plus en plus rares. Les politiques menées soutiennent la production et la consommation de céréales. Ce qui a pour effet que ces produits exigeants en eau, notamment le blé, qui occupe une grande place dans la ration calorique, mobilisent 65% des superficies cultivées.

D’après les perspectives, la divergence la plus notable par rapport aux tendances passées serait une hausse de la production de viande, de lait, de maïs et d’oléagineux, associée à une plus grande consommation de protéines animales. Dans le cas du maïs et du lait, cette amélioration est un mouvement de redressement après le bien piètre bilan de la décennie écoulée.

Dans le cas de la viande, en revanche, la hausse projetée se fonde sur l’hypothèse qu’une embellie de l’environnement économique stimulera les investissements et entraînera donc une hausse de la productivité dans la région. Du point de vue nutritionnel, les régimes alimentaires de la région Mena resteront très riches en céréales et en blé en particulier.

La part de l’huile végétale et du sucre, ainsi que celles de la viande, du poisson et des produits laitiers, augmenteront lentement. En l’absence d’accentuation des conflits, la sous-alimentation devrait diminuer lentement à mesure que la consommation alimentaire moyenne progressera. Toutefois, l’évolution des régimes alimentaires devrait également faire augmenter le taux d’obésité, avec les conséquences que l’on connaît sur la santé.

 

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