Entreprises

Trophée de la femme manager: Comment transcender les stéréotypes

Par Amin RBOUB | Edition N°:5056 Le 03/07/2017 | Partager
6 Marocaines dans le classement Forbes des femmes arabes les plus puissantes
SNI, Engie et Eco-Médias, partenaires de l’événement
trophee_femme_manger_056.jpg

Curieusement, la part des dirigeantes dans les grandes entreprises au Maroc est de manière générale moins bonne que sur l’ensemble du continent. A l’exception du secteur de l’industrie lourde, où l’on enregistre un taux égal à celui de la moyenne africaine, soit 9%

Pus qu’un prix, le Trophée de la femme manager est un message fort envers la communauté des affaires. Il vient consacrer la place de la femme dirigeante au sein de l’entreprise, des conseils d’administration de grands groupes, des sphères de décision et surtout dans l’imaginaire collectif.

«Je crois toujours qu’il n’y a pas de croissance économique sans un projet social, humain et inclusif, laissant toute sa place à la créativité et à l’innovation», avait résumé Gérard Mestrallet, président du conseil d’administration d’Engie, lors de la cérémonie de remise de la 1re édition du Trophée de la femme manager en 2016, à Casablanca. Aujourd’hui, au Maroc, de nombreuses portes s’ouvrent avec l’émergence d’une nouvelle génération de femmes bardées de diplômes.

Elles mènent leur carrière avec brio à l’égal des hommes les plus doués de leur génération dans des domaines aussi bien complexes que variés: finance-banques, industrie, énergie, IT, services, biotechnologies... En 2016, 12.000 femmes marocaines ont créé leur entreprise ou exercent des postes de responsabilité au sein de grands groupes nationaux ou internationaux.

Cette nouvelle génération de femmes managers montre le véritable visage d’un Maroc pluriel, moderne, sans complexe et riche en ressources humaines et en idées nouvelles. Un pays en mouvement et en pleines mutations sociétales. En témoigne le classement Forbes Moyen-Orient des femmes arabes les plus puissantes qui compte 6 Marocaines. Mais il y a un revers de la médaille! Des blocages subsistent encore face à la participation de la femme dans les sphères de décision.

Pour preuve, à peine 3% des femmes figurent parmi les cadres supérieurs des entreprises nationales. S’y ajoutent des freins d’ordre culturel et sociétal (stéréotypes, conformisme, conservatisme, machisme...). D’ailleurs, les normes sociétales influencent considérablement les décisions en faveur des hommes lors des nominations des conseils d’administration des grandes entreprises.

Plus encore, certaines activités sont encore plus masculines que d’autres (industrie, sidérurgie, BTP, immobilier...). « En effet, le taux de féminisation des conseils d’administration reste encore trop faible au Maroc, de l’ordre de 8% pour les entreprises du top 100 qu’il s’agisse de sociétés cotées, non cotées ou entreprises publiques. L’on compte moins de 4% de femmes PDG et environ 13% de femmes membres des équipes de direction.

Ces chiffres varient également selon les secteurs avec une plus forte présence féminine dans les services que dans les industries traditionnelles. Au-delà de la féminisation, c’est la cooptation d’administrateurs indépendants qui reste très timide et pas seulement au Maroc», analyse Hassan Ouriagli, PDG de la SNI. Pour faciliter l’accès des femmes aux responsabilités: «il y a un socle d’actions, une sorte de fondamentaux de la mixité.

Au premier rang de ces fondamentaux, l’engagement total au plus haut niveau de l’entreprise», soutient Mestrallet. La SNI et le groupe Engie parrainent le Trophée de la femme manager, en partenariat avec le groupe Eco-Médias (éditeur du quotidien L’Economiste).

L’année dernière (1re édition), le trophée a été remis à Amina Figuigui, DG de l’Office national des pêches (ONP). Initié en 2016, le Trophée de la femme manager de l’année vient promouvoir le leadership économique féminin, inspirer les jeunes générations et faire avancer la condition de la femme en entreprise.

Montée en puissance

Pour cette 2e édition, la SNI a décidé de s’engager en tant que co-organisateur de la manifestation aux côtés d’Engie. En septembre prochain, Gérard Mestrallet, président du conseil d’administration d’Engie, et  Hassan Ouriagli, PDG de la SNI, remettront non pas un, mais trois trophées pour mieux faire connaître des parcours exceptionnels de femmes et les accompagner dans leurs succès. L’édition 2017 récompense trois catégories de femmes: Leader pour une dirigeante d’une grande entreprise ou d’une administration publique, Manager pour une femme cadre supérieure dans une grande entreprise ou une administration publique. Et Entrepreneure pour une femme à la tête d’une entreprise qu’elle a fondée, co-fondée ou reprise au Maroc. La montée en puissance de l’événement répond aux attentes identifiées dans le cadre d’une étude préparatoire réalisée pour les organisateurs par le cabinet BCG (Boston Consulting Group). Aux côtés des grandes dirigeantes emblématiques et des créatrices d’entreprises, la catégorie Femme manager mettra en avant les femmes en devenir, celles qui ont le potentiel pour exercer, dans le futur, des postes de responsabilité.

 

  • SUIVEZ-NOUS:

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc