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    Trophée de la femme manager: «Les grands groupes doivent montrer la voie»

    Par Amin RBOUB | Edition N°:5056 Le 03/07/2017 | Partager
    Entretien exclusif avec le PDG de la SNI
    «Le plafond de verre est un phénomène universel»
    «Ce trophée devrait libérer les esprits et inspirer les jeunes»
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    Hassan Ouriagli, PDG de la SNI: «Les conformismes peuvent être dépassés et l’intégration peut se faire de façon très naturelle lorsqu’elle est portée par un management des ressources humaines clair et méritocratique» (Ph. SNI)

    - L'Economiste: Quels messages, enjeux et valeurs compte promouvoir la SNI en s'associant à l'initiative de la femme manager de l'année?
    - Hassan Ouriagli:
    En tant que fonds d’investissement à long terme, la SNI a pour vocation d’investir en priorité dans des projets d’envergure, créateurs de valeur et catalyseurs de progrès au niveau local, voire régional. Et la place de la femme dans l’entreprise est clairement un enjeu majeur au niveau de nos participations, en tant que levier de progrès. Promouvoir le leadership féminin, inspirer les jeunes générations et faire avancer la condition de la femme en entreprise sont pour nous quelques-uns des leviers qui pourront permettre de faire avancer cette importante problématique. D’où notre soutien aujourd’hui à la seconde édition du Trophée de la femme manager de l’année. Il s’agit également d’alimenter le débat à travers la mise en lumière de parcours féminins exceptionnels dans les entreprises comme dans les administrations, et de souligner la contribution déterminante de ces femmes managers dans l’évolution et la modernisation de leur pays. Nous assistons à l’émergence d’une nouvelle génération de femmes managers qui montre le véritable visage du Maroc. Celui d’un pays en mouvement et en pleine mutation. C’est l’ensemble de ces messages et de ces valeurs sociétales qui nous interpellent et motivent notre soutien à cette initiative.

    - Ne pensez-vous pas que le conformisme social et les stéréotypes du genre pénalisent encore la femme et influencent les décisions de nominations à la tête de grands groupes?
    - Bien sûr, comme dans tous les pays, le poids de la tradition est important et cela est aussi vrai au Maroc. Cela crée des habitudes et parfois même une forme d’autocensure pour les femmes elles-mêmes qui ont plus de difficultés à se projeter dans une carrière. Il est important de dépasser ce statu quo et d’engager une dynamique de mixité par l’exemple. Cela est un challenge d’autant plus porteur que des études internationales ont démontré que les entreprises offrant une meilleure intégration aux femmes étaient souvent  les plus compétitives.

    - La féminisation des instances dans les conseils d'administration de grandes entreprises reste très timide. Comment, à votre avis, optimiser la féminisation dans le processus de nomination des administrateurs?
    - En effet, le taux de féminisation des conseils d’administration reste encore trop faible au Maroc, de l’ordre de 8% pour les entreprises du top 100 qu’il s’agisse de sociétés cotées, non cotées ou entreprises publiques. On compte moins de 4% de femmes PDG et environ 13% de femmes membres des équipes de direction. Ces chiffres varient également selon les secteurs avec une présence féminine plus forte dans les secteurs des services que dans les industries traditionnelles. Au-delà de la féminisation, c’est la cooptation d’administrateurs indépendants qui reste très timide et pas seulement au Maroc. Les pays les plus avancés sur ce point le sont grâce à la mise en place de contraintes légales. Concrètement, dans notre contexte marocain aujourd’hui, il me semble que le meilleur moyen de favoriser la féminisation dans ce processus de nomination est l’identification de femmes au parcours exemplaire.

    - Les postes de dirigeants de plusieurs activités et secteurs industriels sont plus masculins que d'autres. Jusqu'où la norme sociale et le conformisme, voire les clichés, peuvent influencer la féminisation de ces postes?
    - Je partage l’avis du président d’Engie, notamment sur le fait que le plafond de verre est malheureusement un phénomène assez universel et n’est pas de fait une spécificité marocaine. Les grands groupes doivent jouer pour cela un rôle moteur. Au sein des instances dirigeantes de la SNI, nous suivons chaque année les indicateurs au sein des Comités de directions, de l’encadrement et de l’ensemble du personnel de toutes nos participations, à travers les Comités de nominations et de rémunérations. Nous avons encore des progrès à effectuer, mais cela prouve que les conformismes peuvent être dépassés et que l’intégration se fait de façon très naturelle lorsqu’elle est portée par un management des ressources humaines clair et méritocratique.

    La SNI soutient les jeunes et les femmes

    La SNI est un fonds d’investissement à long terme à vocation panafricaine, ayant pour objectif d’investir en priorité dans des projets d’envergure, créateurs de valeurs et catalyseurs de progrès au niveau local, voire régional. Leur implication en matière de RSE étant un critère primordial dans le choix de ses participations, la SNI s’est engagée sur deux grands axes d’action en soutien à deux catégories de populations essentielles au développement: les jeunes et les femmes. Elle valorise l’entrepreneuriat avec la création d’un programme phare (Injaz) dédié à la formation des jeunes générations pour stimuler leur esprit d’entreprise, et favorise la promotion du statut des femmes et notamment leur «empowerment» dans le monde de l’entreprise. C’est là toute l’essence de son engagement aux côtés du Trophée de la femme manager.

    Quotas, lois, bonnes pratiques

    Quotas, lois, bonnes pratiques- L'Economiste: Aujourd'hui, seules 3% des femmes figurent parmi les cadres supérieurs des entreprises. Seriez-vous d'avis à proposer des lois ou quotas qui imposent, qu'à compétences égales entre un homme et une femme, c'est plutôt la femme qui l'emporte?
    - Hassan Ouriagli:
    Au-delà des lois, il me semble qu’une stratégie de sensibilisation et de valorisation par des bonnes pratiques est porteuse dans notre environnement marocain. Cela suppose un engagement personnel des dirigeants, une lutte de tous les instants contre les stéréotypes et des plans d’actions de transformation. En tant que fonds d’investissement présent dans plusieurs secteurs économiques marocains, la SNI souhaite agir pour une évolution favorable des mentalités. D’où notre engagement sur cette action d’empowerment des femmes dans le monde de l’entreprise, auquel le Trophée de la femme manager de l’année veut contribuer. J’ajoute que, dans le cadre de la stratégie de sensibilisation que nous souhaitons porter, nous avons voulu initier une dynamique vertueuse en «embarquant» les entreprises marocaines en tant que partenaires dans l’organisation du Trophée de la femme manager de l’année. Nous allons ainsi solliciter les DRH des grandes sociétés en leur demandant d’identifier et d’inscrire au concours les femmes managers les plus performantes au sein de leurs organisations. La création de cette catégorie «Manager» est aussi une initiative que nous avons défendue afin de donner plus de sens à cette 2e édition du trophée. Ce nouveau prix vise en effet à récompenser une femme marocaine siégeant au Comex ou N-1 Comex, ayant le potentiel pour devenir un «leader de demain» et dont le parcours peut d’ores et déjà être source d’inspiration pour les jeunes. Nous recherchons des profils ayant exercé diverses fonctions ou connu de multiples secteurs d’activité, les parcours internationaux étant un plus. Nous allons réunir en septembre prochain plusieurs dizaines de DRH pour leur présenter les objectifs de l’événement et les modalités de candidature pour leurs collaboratrices. Ainsi, nous jetons les bases d’un «club» de gestionnaires du capital humain, sensibilisés aux enjeux de la parité et à l’échange des bonnes pratiques en la matière.

    Propos recueillis par Amin RBOUB

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