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    Education: Pauvres budgets

    Par Ahlam NAZIH | Edition N°:4902 Le 22/11/2016 | Partager
    Zéro financement de la tutelle depuis 2011
    Les établissements grattent de modiques sommes ça et là
    Carnets scolaires, photos de classe, pièces de théâtre,…
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    Les maigres caisses des écoles publiques se tarissent rapidement. Pour changer une ampoule, réparer un robinet ou encore acheter des rideaux, certains directeurs d’établissement dépensent de leur poche. A l’école Farah 1 (sur la photo), les parents d’élèves, très impliqués, mettent eux-mêmes la main à la pâte (Ph. Jarfi)

    Les écoles publiques ne disposent pas d’un budget annuel fourni par leur ministère de tutelle. Elles possèdent, cependant, quelques sources de revenu leur assurant de bien maigres rentrées. «Les directeurs des écoles sont parfois obligés de dépenser de leur propre poche pour payer des réparations», confie le directeur de
    Farah 1, Hassan Mabrour.
    Dans son établissement, les élèves paient 22 DH par an à la rentrée. Sur ce petit montant, 11 DH vont à l’assurance scolaire. L’école ne touche que 40% du reliquat en contrepartie du carnet scolaire, soit 4,4 DH par élève et par an. Sachant qu’elle compte près de 610 élèves, ce qui lui procure un petit budget annuel d’environ 2.684 DH. Que faire avec cette somme insignifiante? Sachant que l’école prévoit de s’équiper d’une salle multifonctions avec du matériel informatique (data show, ordinateurs,…). Les parents, pour leur part, injectent chacun 30 à 50 DH par an dans les caisses de l’association des parents d’élèves, qu’ils gèrent eux-mêmes.  
    Du côté de l’école Sabaa, les choses ne sont pas bien différentes. Pour le carnet scolaire, les élèves paient 10 DH l’an. 5 DH vont à l’école (association de développement de la coopération scolaire), et la deuxième moitié à la délégation. Avec 238 élèves, cela équivaut à 1.190 DH pour Sabaa, censés financer des actions sociales (lunettes de vue pour enfants mal voyants, soins,…), culturelles, … durant l’année. L’établissement essaie, par ailleurs, de gratter des montants supplémentaires ça et là. Par exemple, sur les photos de classe (5 DH, dont 3 pour le photographe, 1 pour l’école et 1 pour la délégation) ou les représentations théâtrales (5 DH le ticket, dont 4 pour la troupe et 1 pour l’école). Les parents, quant à eux, versent 20 DH par an, soit un total de 4.760 DH.
    Durant le Plan d’urgence, chaque établissement (dans les trois niveaux) a été doté d’une association de soutien à l’école de la réussite. Ceci, dans le cadre d’un programme entre l’Education nationale et le ministère de l’Education canadien, baptisé Projet d’appui à la gestion des établissements scolaires marocains (Pagesm). Avec à la clé, un financement sur 3 ans (en 2009, 2010 et 2011) des projets des établissements, de près de 50.000 DH l’an. Une manne jusque-là inespérée, même si les besoins de certains établissements dépassaient cette cagnotte. Sauf

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    Le Maroc a beau dépenser 4,7% de son PIB (jusqu’à 7,7% entre 2010 et 2012) et près du quart du budget du gouvernement pour l’éducation, rien n’y fait. Les montants dépensés restent minimes par rapport aux besoins. Sur les plus de 47 milliards de DH alloués en 2015-16, plus de 38,8 milliards sont allés au personnel (258.733 fonctionnaires dont près de 86% sont des profs). Quelque 4,6 milliards de DH ont été consacrés au matériel et dépenses diverses et seulement 3,6 milliards aux investissements

    que les procédures administratives ont, encore une fois, tout gâché. «Pour chaque dépense, il fallait remplir 12 registres avec des terminologies comptables! Et pour les achats dépassant 500 DH, l’on devait chercher 3 devis contradictoires, procéder à des ouvertures des plis, demander des bons, céder des chèques barrés non endossables,… toute une histoire!», témoigne la directrice de Sabaa, Habiba Essawti. «Or, dans les écoles primaires, nous ne disposons pas de comptable comme les collèges et lycées. Et avec nos autres responsabilités pédagogiques et sociales, nous n’avons pas le temps pour des procédures complexes», poursuit-elle. De simples achats (rideaux, robinets,…) ou réparations (électricité, poignées de porte,…), entraînaient de lourdes formalités.
    Résultat des courses, beaucoup de directeurs ont préféré ne pas dépenser les 50.000 DH offerts. Du coup, ils n’ont pas reçu les deux autres tranches. Certains n’en ont décaissé qu’une partie. Le ministère des Finances ne leur a donc pas octroyé la totalité du budget pour les  deux échéances qui ont suivi. D’autres, en revanche, ont pris le risque de tout dépenser, sans pour autant remplir la totalité des procédures requises. Ils ont ainsi pu encaisser les mêmes sommes pendant trois ans.
    Depuis 2011, il n’y a pas eu de nouveaux versements. Les associations de soutien à l’école de la réussite se contentent de financer 30% de l’opération un million de cartables, lancée chaque année.

     

     

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