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    Economie

    La fraise détrône l’orange à l’export

    Par Abdelaziz GHOUIBI | Edition N°:4877 Le 17/10/2016 | Partager
    Environ 100.000 tonnes expédiées en 2015-2016
    Elle bénéficie d’une subvention de 500 DH/tonne pour les sorties hors UE
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    Pour s’adapter au calendrier de la demande européenne, le Maroc a misé sur la fraise à l’état congelé. Il peut ainsi se positionner durant les périodes où la production de l’UE est absente ou réduite sur le marché

    La fraise dépasse l’orange à l’export. Pas moins de 100.000 tonnes de fruits rouges ont été expédiées la campagne dernière contre moins de 50.000 pour les oranges.
    Pour les professionnels, la demande internationale se porte de plus en plus sur les fruits rouges. Elle enregistre une croissance de plus de 7% sur la dernière décennie. Et l’offre marocaine suit visiblement la tendance. Rien que pour la fraise, le volume exporté s’est apprécié d’environ 50.000 tonnes par rapport à la saison 2013-2014. L’augmentation a surtout porté sur les fraises congelées qui s’adaptent aux conditions climatiques des pays de destination et arrivent en période où la production européenne fait défaut.
    L’export des autres fruits, notamment les framboises et myrtilles, n’est pas en reste. Les exportations de ces deux fruits ont poursuivi leur croissance soutenue. Entre 2008 et 2014, les exportations de framboises ont été multipliées par 4 et celles de myrtilles par 28, pour totaliser 8.000 tonnes environ.
    La destination principale des exportations marocaines reste l’Union européenne (UE) avec 95% du volume exporté. Trois pays, l’Espagne, la France et le Royaume-Uni concentrent 90% des débouchés. Pour initier une diversification des marchés, notamment vers les Etats-Unis et la Russie, le ministre de l’Agriculture a mis en place une subvention de 500/DH/tonne pour les marchés   hors UE. Ce dernier marché enregistre en effet des fluctuations annuelles selon l’importance de la production communautaire. Or, d’importantes opportunités sont offertes par les marchés canadien, américain et russe, en particulier à l’état congelé.
    Par fruits rouges, on désigne une gamme  comme la fraise, la myrtille, la groseille, la framboise et la mûre. Cultivées dans les zones tempérées froides, ces espèces, ont connu un essor sur la dernière décennie. Parmi ces espèces, trois sont particulièrement prisées par le marché mondial: fraise, framboise et myrtille. Ces mêmes espèces s’adaptent parfaitement aux conditions climatiques du Maroc. Les fruits rouges constituent actuellement le segment le plus rentable. Pour les professionnels, l’Union européenne, qui reste le principal marché,  ne peut pas satisfaire ses besoins pendant la période hivernale et une partie de la période printanière. Ceci, bien que plusieurs pays européens soient producteurs, leurs récoltes n’arrivent sur le marché qu’à partir de la période juin-juillet. Pendant le reste de l’année, l’approvisionnement se fait notamment du Chili et du Mexique. Le Maroc peut donc aisément se positionner sur ce marché compte tenu de sa proximité géographique avec l’Europe.
    Au Maroc, la superficie des fruits rouges  s’étend sur 4.162 ha dont 85% pour la fraise. Le reste est partagé entre la myrtille (10%) et la framboise (5%). Pour le moment, la production s’élève en moyenne à plus de 150.000 tonnes, mais reste dominée à hauteur de 97% par la fraise. Aujourd’hui, la superficie dédiée à la fraise tend à se stabiliser à hauteur de 3.500 ha alors que celle des autres espèces connaît une croissance soutenue.  
    Au total, le chiffre d’affaires réalisé par les fruits rouges s’élève à 1,5 milliard de DH dont près de 90% à l’export. L’activité génère aussi 3 millions de journées de travail sur une période de 9 mois, de septembre à mai. La quasi-totalité des exportations des fruits rouges sont certifiées Eurepgap et la majorité des stations de conditionnement et des unités de surgélation sont certifiées HACCP. L’attractivité pour cette filière au Maroc a généré une vague de délocalisation d’entreprises européennes qui a notamment contribué à son développement et à l’adoption des techniques les plus innovantes en matière de conduite des cultures: irrigation couplée aux fertilisants et protection basée sur la lutte intégrée associant les insectes contre les ravageurs.

    L’Espagne, premier exportateur de fraise

    L’Espagne produit près de 50% de la fraise en Europe. Sur les trois dernières années, le pays a produit en moyenne 315.000 tonnes dont 80% ont été exportés. Pour satisfaire sa clientèle, l’Espagne importe du Maroc, notamment la fraise congelée. La superficie et le rendement de la fraise y ont connu un grand développement sur les trois dernières décennies. De 2.000 ha, la superficie est passée à 7.000 et les rendements avoisinent actuellement les 38 tonnes à l’hectare. L’essentiel de la culture de fraise est dominée par des entreprises intégrées: production, conditionnement et congélation. Mais l’extension de cette culture est désormais freinée par la dégradation des sols et la gestion des déchets plastiques.

     

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